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deco18ème siècle, le grand siècle

deco Guerre de Sept Ans

Le renversement des alliances est le rapprochement des deux adversaires séculaires, la France et l'Autriche mais qui illustre parfaitement ce phénomène européen qui touchera en fait toutes les nations entre 1748 et 1756. En effet, la Prusse se rapproche de l'Angleterre et la Russie tout d'abord de l'Angleterre puis de l'Autriche.

Le 29 août 1756, Fréderic II envahit la Saxe entrainant, par le système des alliances, toute l'Europe dans la guerre. La coalition contre cet agresseur est formidable, 100000 français, 90000 Russes et une armée suédoise viennent au secours de l'Autriche. Fréderic attends de l'aide de l'Angleterre mais il est vite déçu, les Anglais sont défaits aux Pays-Bas par les Français , doivent signer la capitulation de Closterseven et se retirer au-delà de l'Elbe. la situation de Frédéric est désespérée mais après chaque revers ( Jaegersdorf, Kunesdorf, il perds même Berlin...) il a retourné la situation par des victoires éclatantes comme Rosbach ou le massacre de Leuthen ( le général autrichien Daun y perds 50000 hommes). " La victoire de Leuthen est une des plus complètes qui est jamais été remportées, elle suffirait à elle seule à immortaliser Frédéric II " Napoléon.

En 1760, il a complètement redressé la situation, a battu séparément toutes les armées Russes et Autrichiennes qui se sont présentées en face de lui. Mais si le pays est sauvé, il est exsangue et quand une armée de 60000 français marche vers la Saxe, Frédéric voit son avenir s'assombrir. " Je ne vois pas ce qui pourrait éloigner ou conjurer notre perte " Fréderic II.

Le miracle arrive en 1761, la mort de Elisabeth de Russie amène sur le trône tout d'abord Pierre III puis Catherine qui effectuent une totale politique de retournement en signant la paix avec la Prusse. Frédéric est sauvé et l'Angleterre, dans les colonies, l'emporte un peu partout sur la France.

En 1763, la paix est signée en la France et l'Angleterre qui lui ôte la plus grande partie de son empire d'Amérique du Nord. Frédéric garde la Silésie, restitue les Etats de Saxe, et devient le héros de l'Allemagne.

Hormis l'Angleterre, toutes les grandes Nations sortent affaiblies de ce conflit, notamment la France qui n'a plus de véritable empire colonial, elle se vengera quelques années plus tard en participant à la guerre d'indépendance Américaine.

deco Les principales forces en présence
    La France
L'armée française compte environ 160000 hommes, certains régiments sont aguerris, avec des officiers de qualité. Le problème de l'armée française est un commandement défectueux, encore plus sensible durant la guerre de sept ans (1756-1763). Maurice de Saxe mort en 1750, on n'arrive pas à trouver un remplaçant de haut de gamme. Certains généraux s'illustrent, comme le Duc de Richelieu ou le marquis de Contadès mais ils semblent posséder plus d'aptitudes d'excellents exécutants que de véritables dons de commandement à grande échelle. De toutes manières, les décisions militaires se prennent loin du champs de bataille, à Versailles, par un Conseil du Roi et le secrétaire d'état à la Guerre. Durant la guerre de sept ans, le roi ne se montrera jamais aux armées.

Le fantassin français, en général bien équipé, est aidé dans sa tache par de nombreux régiments suisses, allemands ou irlandais. Bon mercenaires, mais ne pouvant être utilisé en raison d'un accord commun, contre des nations en employant, ils s'illustreront à de nombreuses batailles. Le régiment le plus célèbre est peut-être le régiment suisse de Kramer qui pacifiera la Louisiane. Avec les années, la qualité des régiments se dégrade, on remplace hâtivement les unités d'infanterie épuisées par des régiments de bleus qui seront envoyé au feu sans grande formation.

La cavalerie est de qualité, on peut la classer en deux catégories ; la cavalerie lourde composée de la Maison du Roi et des cuirassiers, et la cavalerie légère dans laquelle on place également les dragons. Là également, la préséance place dans des rôles absurdes certains régiments inutilisables ( et très chers) comme les chevau-légers, trop polyvalents pour être vraiment efficaces. Plus utiles seront les troupes légères de hussards et de uhlans qui resteront cependant mal vus par le haut-commandement. A total, c'est une cavalerie disparate, avec le meilleur, comme la création du Royal –Carabinier et le pire comme le manque cruel de cavalerie d'impact .

La plus grande réussite est sans aucun doute l'emploi des troupes légères, comme les chasseurs de Fisher ou les Arquebusiers de Grassin, qui utilisant la méthode de ''la petite guerre'' se révéleront redoutablement efficace.

Coté terrain, l'armée française est très loin de l'innovation. Peu rapide à manœuvrer, avec peu de coordination entre les généraux de cavalerie et ceux de l'infanterie et très ( trop) classique dans la construction de ses unités. Il faudra attendre la fin de la guerre de sept ans pour voir former définitivement des bataillons de grenadiers autonomes et l'utilisation de l'artillerie restera très basique.

    La Prusse
Là, on est aux antipodes de la conception française de l'armée. La construction de l'armée prussienne se fait au début du 18ième Siècle, sous Frédéric 1ier et surtout Frédéric-Guillaume, dit le ''roi-sergent''. Frédéric II, se ''contentant'' de consolider la cavalerie à l'issue de la première guerre de Silésie ( 1740-1742).

En 1738, l'infanterie de Frédéric II est composée d'une armée de métier importante mais paradoxalement sans aucune expérience. D'aucun disait que les armées prussiennes décamperaient au premier coup de feu.

« Vous troupes sont belles, Sire, mais les nôtres ont senti la poudre » Botta, ambassadeur d'Autriche en s'adressant à Frédéric II en 1740.

L'Autriche a tort, composée de soldats ayant pratiqué l'exercice durant des années, patriotes ( Frederic-Guillaume ayant créé le service militaire, 1/3 au moins des fantassins doivent être de nationalité prussienne) et dirigés par des officiers subalternes possédant un enthousiasme proche du fanatisme teutonique, l'armée prussienne est redoutable, possédant une cadence de tir nettement supérieure aux autres et manœuvrant les yeux fermée ; elle sidère le reste du monde.

Le soldat prussien a l'armement le plus sophistiqué, avec le mousquet avec baguette en fer et à couvre-platine.

La cavalerie, médiocre en 1740 deviendra 20 ans plus tard l'égale de la glorieuse cavalerie autrichienne, Frédéric introduit même l'artillerie à cheval.

Mais le plus gros avantage de l'armée du roi de Prusse est Frédéric lui-même, monarque et général, il est omniprésent sur le terrain et il y excelle, décideur et exécutant, il ne perds pas de temps en longue tergiversations et arrive à analyser chacune de ses erreurs pour la rectifier et ne plus la commettre. Honteux de sa conduite qu'il jugera comme lâche en 1740 à Mollwitz, il fera preuve par la suite d'une bravoure et d'un sang froid étonnant, à l'exemple de son armée. Frédéric n'a pas peur de la bataille, à l'époque ou les hommes sont chers, ou l'on utilise plus la tactique de la guerre de mouvement et de position en évitant la confrontation, Frédéric n'hésite pas. Sur 80000 hommes engagés au début de la guerre de sept ans, il n'en rentrera que 30000 au pays.

    L'Angleterre
Contrairement aux idées reçues qui font penser que Frédéric le Grand est le premier responsable de la Guerre de 7 ans, on ne peut négliger le rôle qu'a tenu la politique du roi George et du Duc de Newcastle dans le déclenchement du conflit. Durant les quelques années de paix entre la France et l'Angleterre, les escarmouches de toutes sortes ne se sont guère arrêtées sur toute la chaîne des postes français du Canada à la Louisiane qui encerclent et étouffent les colonies anglaises d'Amérique. Hors, malgré une nette infériorité numérique, les Français s'en sortent toujours vainqueur.

La seule solution que trouve les Communes Anglaises est de marquer encore plus la supériorité maritime britannique en occupant sur le continent la France par un conflit coûteux qui l'empêcherait de porter secours ou subsides à ses colonies, hors seule une guerre ouverte peut amener cette situation.

En juillet 1755, assuré de la neutralité de l'Espagne qui par peur de mettre en péril ses colonies, fait assurément un acte de lâcheté sans précédent, la flotte de l'amiral Boscawen attaque sans succès un convoi Français. Au bout d'un an de tergiversations et de nombreuses récidives anglaises, Louis XV déclare la guerre à l'Angleterre.

La faiblesse de la Grande-Bretagne est sa possession du Hanovre qu'elle se contentera uniquement de défendre, mais les opérations militaires sur le continent seront un échec total et la capitulation de Kloster Zeven en 1757 donnera tout le Hanovre aux Français. Son effort principal se portera ensuite dans les colonies.

En fait, la qualité de l'armée n'est pas en cause, c'est la politique gouvernementale faible à défendre sa possession ancestrale qui entraîne ce fiasco. Car aux colonies, les ''lobsters'' montrent qu'ils ont des tripes et qu'ils sont expérimentés.

En peloton, l'Anglais est redoutable, adepte du feu à volonté à chargement rapide, il perds peu de temps entre les salves et son efficacité est mortel. Le seul défaut de cette tactique est la panique engendrée après quelques salves par les régiments peu expérimentés qui amènent parfois des déboires.

En 1755, à la reprise de la guerre, les anglais ressentent le besoin d'équiper des régiments adaptés aux colonies, ce sera la création des régiments d'infanterie légère et des dragons légers.

Le reste est très classique, l'Angleterre ne doit finalement sa victoire sur la France au Canada et à Pondichéry que sur sa méthode de submersion. En Nouvelle-France, les québécois ne luttant qu'à 1 contre 10.

    L'Autriche
En signant un traité d'alliance avec la France, Marie-Thérèse ( la bigote, comme l'appelle Frédéric II) espère décourager les impétuosités prussiennes. Acte important de signification, ce ne sera pas néanmoins le seul acte d'intimidation.

Accablé par la médiocrité des résultats Autrichiens durant les guerres de Silésie, l'état-major autrichien a mis au travail ses 120000 hommes. En résulta, c'est une armée métamorphosée qui se mettra en face des étendards à l'aigle noir. Le plus grand progrès vient de l'infanterie, elle manœuvre mieux, a meilleurs moral, croît et aime sa Reine, et rêve de revanche sur le Brandebourgeois.

L'Etat-major est de qualité, possède de bonnes connaissances tactiques, surtout Daun. Mais comme pour la France, les décisions militaires viennent d'un organisme chargé de délivrer les autorisations de livrer bataille ( sic !), le Hofkriegsrath. Une autre erreur aura été de confier un corps d'armée au timoré Charles de Lorraine. A cause de ces défauts de commandement, les généraux autrichiens n'arrivent pas à prendre un avantage définitif sur les armées prussiennes après leurs premiers succès et cela laissera au vieux Fritz le temps de se ressaisir.

La grande fierté de l'armée Autrichienne est la qualité de ses troupes légères, hussards, pandours et croates. Elles poseront tellement de problèmes à Frédéric II que ce dernier dans son livre d'instruction consacrera un chapitre entier sur ce sujet.

    La Russie
Jamais on aura vu une armée moderne faire preuve d'une unité semblable. L'armée russe est la Russie, les nobles sont l'encadrement et les paysans les soldats. On se bat pour Dieu, la Tsarine et le pays. Avant chaque bataille l'armée entière se confesse et communie, elle reste très ''familiale'', à la mode cosaque, on amène tout le monde à la guerre et derrière l'armée se traîne des milliers de chariots.

C'est le problème de cette armée, sa lenteur, mais dés que le contact est établi, le soldat russe est un fanatique, et il est sans pitié. Frédéric II en a peur, ses défaites contre ces ''sauvages'', lui donneront raison.

L'Etat-major est de qualité, Apraxine, Totleben sont d'excellents meneurs d'hommes et totalement dévoués à leur cause. Mais le meilleur sera sans conteste le vieux renard Soltykof , chef de l'armée, qui mènera les 90000 hommes de l'armée russes à la manière d'un rouleau compresseur.

A la mort d'Elizabeth en 1762, l'arrivée au trône des ''pro-allemands'' Pierre III et Catherine II qui met fin à l'intervention russe dans le conflit sauve sans nul doute la Prusse de l'anéantissement.

Malgré tout très classique malgré un parc d'artillerie très impressionnnat, l'originalité de l'armée russe vient du cosaque, qu'il soit du Don, de la Volga ou d'Ukraine, ils est indisciplinés, très fiers de son particularisme, susceptible jusqu'à l'absurde.

Difficilement contrôlables pour aller jusqu'à se soulever contre Catherine II, les Cosaques écument les champs de batailles de la guerre de 7 ans, semant la terreur dans les populations.

deco Quelques remarques et notes historiques par Jean Merrette

Tout d'abord il faut spécifier que la Nouvelle-France c'est vaste et contrairement à ce que les gens croient, il ne s'agit pas du Québec actuel. La Nouvelle-France ce sont toutes les possessions coloniales Françaises en dehors de l'hexagone. C'est-à-dire, les Antilles, les postes en Inde, la colonie de l'Acadie, de la Louisiane, de Louisbourg et enfin du Canada (vallée du St-Laurent et un peu plus) comme tu le sais peut-être. L'attaque Anglaise c'est développée sur plusieurs front. Attaque des forts comme Carillon 1758 (aujourd'hui aux USA), attaque sur Louisbourg, siège de Québec, bataille des plaines 1759, bataille de Ste-Foy 1760 et bien d'autres avant.
 
Les Anglais n'ont rien ménagé dans leurs efforts pour déloger les français d'Amérique. Une flotte de 141 navires (se remettre dans le contexte de l'époque) un siège de deux mois et un bombardement de plus de 15 000 obus,boulets et bombes de mortiers on été tiré sur la ville (ça ne vous rappelle pas le Débarquement et les bombardement de villes de la deuxième guerre mondiale ou même de derniers raids aériens modernes?). Bref des moyens extraordinaires et radicaux comme brûler les habitations sur les deux rives du fleuve entre Kamouraska et Trois-Rivières, en plein mois de septembre aux portes de l'hiver! Pour quelqu'un d'ici, l'hiver c'est dur et long sans habitation!.
 
Deuxième remarque, on ne peut pas dire que les Québécois se battaient à 1 contre 10! Pourquoi? Parce-qu'un Québécois à cette époque c'est un habitant de la ville de Québec. Le Québécois moderne n'apparaît que vers les années 1960. Il y a trois nations (et je simplifie, car la nation Amérindienne se divise en plusieurs nations différentes, Objibwe, Hurons, Montagnais, Abénakis etc..) qui occupe le territoire: les Amérindiens, les Français et les Canadiens. Le peuple canadien qui vivait ici et qui est encore présent, a vu son nom changer avec le temps pour devenir des Québécois. Conception toute britannique de l'après conquête. Après que la France eu cédé le Canada aux Anglais, ils ont formé la Province of Québec qui sera connu sous le nom de Bas-Canada puis à nouveau sous le nom de Province de Québec. Les habitants de cette province aux yeux des Anglais du nouveau Canada seront toujours considéré comme des canadiens et spécifiquement jusqu'aux années 1960 comme Canadiens-Français. Le castor, l'érable et le nom même de Canadien leur sera peu à peu enlevé pour créer un nouveau pays pour les anglophones, Anglais et nouveau venus grossissant la population du Dominion of Canada.
 
À l'époque de la guerre de sept-ans, il y a ici des Canadiens, descendants francophone des premiers colons français du XVIIe siècle et seuls vrais habitants de la colonie qui servent dans les milices. Il y a également toutes les nations amérindiennes alliés des Français et frères bien aimés du Roy de France. Il y a toutes les troupes coloniales des Compagnies-Franche de la Marine qui y sont depuis 1683 en permanence et composées de soldats Français. Il y a ensuite, les 8 bataillons des troupes de terre envoyés par la France pour défendre la Colonie de 1755 à 1760. Des bataillons des Régiment de Guyenne, Béarn, Languedoc, La Reine, Royal-Roussillon, La Sarre et deux bataillons du Régiment de Berry. Sans compter les marins des vaisseaux Français, les hommes du Royal Artillerie, bref beaucoup de monde de plusieurs Nations.
 
Environs 2000 Amérindiens seront présent pour la bataille de Québec. Pour les Canadiens, 5 455 miliciens de Montréal, 1 100 de Trois-Rivières, 4 800 de Québec et le corps de cavalerie de 200 hommes. Pour les Français 2 100 marins et soldats d'infanterie de marine, cinq des huits bataillons de l'armée de terre env. 2 500 hommes, 60 artilleurs du Corps royal d'artillerie, 50 canonniers-bombardiers et env. 1 000 hommes sur les 2 100 que compte les Compagnies Franches de la Marine au Canada.
 
Pas loins de 18 200 hommes pour la bataille de Québec, vous pouvez refaire le calcul j'arrondis et plus de 20 000 hommes pour la défense de la colonie.
 
Il vous reste qu'à dénombrer les Anglais pour avoir une idée.Environ 10 000 hommes et 13 000 marins pour la Bataille de Québec. Par contre sur le continent notre présence est très inférieure et plus proche du 10 contre 1!
 
En espérant vous avoir aidé à mieux comprendre cette terrible tragédie que la perte de l'Amérique Française ( du moins dans mon coeur ) et en vous donnant le goût de jouer de belles campagnes en jeu de stratégie,
 
Mes meilleures salutations.
 
Jean Merrette
 
N.B: Mais chiffres sont donnés rapidement un livre dans une main et un autre dans la seconde, veuillez S.V.P. faire une meilleure comptabilisation avec des sources fiables sur la question (ex: QUÉBEC 1759, ORDER OF BATTLE SERIES, Osprey-Military)

 

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