| par Emmanuel Desanois et Jean-Louis Enjolras
Bref historique :
Après la traité de Luneville, Napoléon, notre Empereur baigné de culture romaine comme de nombreux de ses contemporains, voit en cette italie géographique un vastes champs d’humaines expériences. Il n’y aura pas d’inutile Marignan(1515). C’est dans cette lignée que les Républiques Ligurienne et Cisalpine se patinent à notre botte, à défaut de celle des Autrichiens.
Puis vint le Sacre, car Napoléon se scin lui-même la couronne, cela ne relève pas du détail. Alors que le Pape l’avait déposé sur la tête de Charlemagne. C’est là toute la différence.
Enfin il propose à Joseph d’être à la tête de cette italie francisante ou plutôt de cette francie d’outre-Alpes italianisante. La question demeure. Quoi qu’il en soit Joseph refuse ? Fin politique ou indicible idiot ? Il ne m’appartient pas de le juger.
Napoléon prends les choses en mains, d’ailleurs il ne les lâche jamais vraiment. Il se couronne Roi d’Italie le 26 mai 1805 en la cathédrale de Milan. Il est scint de la couronne de fer des Roi Lombards, prononçant ces mots « Dio mi l’ha dato ; guai à chi la tocca! » ( « God hath given it to me ; woe to him that touches it! »). Le 7 juin 1805, il nomme Eugène de Beauharnais(Napoléon l’adoptera en 1807), Vice-Roi d’Italie. Les strates de la République vont servir de base d’achoppement au grand Empire Français.
Mais à servir la Bête, elle sait être reconnaissante et voir très vite qui la sert et la dessert. Le Royaume d’Italie servira sa cause et la nôtre honorablement jusqu’en 1814. Bien entendu le Royaume s’agrandit ; l’Autriche cède une partie de la Vénétie puis l’Istrie et la Dalmatie après Austerlitz (2déc1805). En 1808 la frontière du Royaume s’étends au Sud après le dépeçage des États du Pape. Désormais à Saint-Pierre de Rome le temporel s’amenuise.
L’ordre Impérial succède à l’anarchie, à la pré-balkanisation. Toute oeuvre doit posséder une solide structure et un artiste inspiré par son seul talent. Ainsi le Royaume d’Italie bénéficie de notre administration, de notre système judiciaire. Bien entendu il souffre du Blocus Continental ; son commerce en est ralentie.
Les prémices de la liberté n’ont pas de prix ; certes Napoléon et avant lui Bonaparte en 1796-1797, est un libérateur zélé qui met le pays en coupe réglé. Mais l’idée demeura mûrissant dans les arrières salles d’auberges.
L’Armée du Royaume d’Italie servira fidèlement Napoléon. Nous sommes entre méditerranéen, c’est la même chaleur qui transpire de nos pores. Malgré la Campagne de 1812, ces braves italiens se joignent encore à nous durant l’éprouvante Campagne d’Allemagne en 1813.
Pour ce Royaume d’Italie, tout se joue en 1814. L’ennemi est en notre seing, il foule notre terre comme nous avons foulé la sienne. Nul secours ne peut venir de l’Empire où Napoléon se débat comme un beau diable au milieu de l’arène.
Qu’importe Eugène de Beauharnais se révèle dans l’adversité. La traîtrise des Bavarois permets au Autrichiens de traverser le Tyrol et d’emprunter la vallée de l’Adige. Eugène et ses sujets se défendent pied à pied non seulement contre les Autrichiens mais aussi contre les Napolitains de Murat qui vient de trahir à son tour son maître. Il écoute trop sa délicieuse Caroline. Ce sont deux fronts qu’ils doivent tenir.
Les Autrichiens reprendront le contrôle du pays à l’issue de la Campagne de 1814.
La Garde Royale
- Grenadiers(Granatieri) : 1 bataillon formé en 1805, à 5 compagnies de 100 hommes. Il devient en 1813 un régiment à 2 bataillons, qui sera dissous en 1814.
- Chasseurs(Cacciatori) : 1 bataillon formé en 1805, à 5 compagnie de 100 hommes. Renommé en 1813 Carabiniers. Dissous début 1813 au retour de Russie.
- Vélites(Veliti) : 1 régiment à 2 bataillons, équivalent de la Moyenne Garde Française.1er bataillon de Granatieri,2ème bataillon de Cacciatori (ou Carabiniers à partir de 1810).
- Conscrits(Coscritti) : « Jeune Garde » italienne crée à partir d’octobre 1810, d’abord à 2 bataillons puis à 4. Ils reprennent en 1813 le nom de Chasseurs(Cacciatori).
- La Garde comprends en outre 1 régiment de dragons à 2 escadrons et 1 régiment de gardes d’honneur à 4 compagnies(une 5ème est crée en 1806).
L’Armée en 1806
En 1806, l’armée italienne comprends :
- 6 régiments d’infanterie de ligne(2 bataillons).(n°1,2,3,4,5,6).
- 3 régiments d’infanterie légère(2 bataillons).(n°1,2,3,).
- 1 régiment dalmate à 4 bataillons, reprenant la tradition des troupes slaves(esclavons de Venise). Il est aussi nommé Légion dalmate.
- 2 régiments de dragons : les dragons de la Reine(Dragoni Regina) ex-1er régiment de hussards et les dragons Napoléon(Dragoni Napoléone) ex-2ème régiment de hussards.
- 1 régiment de chasseurs à cheval : le 1er régiment de chasseurs dit « Real Italiano ».
- 1 régiment d’artillerie à pied.(13 batteries).
- 1 régiment d’artillerie à cheval.(6 batteries).
- 1 bataillon de sapeurs du génie.
L’organisation de toutes ces unités correspond exactement à l’organisation française de l’époque.
En 1808, l’infanterie suit les modifications françaises : régiments à 3 bataillons de 6 compagnies, et un bataillon de dépôt. A la même date, une division italienne est envoyé en Espagne, où elle servira principalement en Catalogne. Elle sera rejointe plus tard par une seconde division. Pour la cavalerie, c’est la formation du 2ème régiment de chasseurs à cheval dit « Principe Reale ».
L’Armée en 1809.
Elle comprends, outre les unités précédemment citées :
- le 7ème régiment de ligne
- 1 bataillon de chasseurs d’Istrie, d’origine dalmate(qui sera absorbé en 1810 par le 3ème léger).
- 1 régiment colonial à 2 bataillons(chaque bataillon comprenant 6 compagnies du centre et pas de compagnies d’élite).
- 1 régiment de la Garde de Venise à 1 bataillon ; un second bataillon viendra s’ajouter en 1810 ; la Garde de Venise comprends aussi une compagnie d’artillerie.
En 1809, il y a en Espagne 4 régiments de ligne, 2 régiments d’infanterie légère, 2 régiments de chasseurs à cheval et un régiment de dragons. Quand à l’armée du Vice-Roi pour la campagne de 1809, elle comprendra, à coté des troupes françaises d’Italie, 2 divisions italiennes et la division de la Garde.
Russie 1812 et la fin
Les nouvelles unités formés entre 1809 et 1812 sont :
- le 4ème régiment d’infanterie légère
- le 3ème régiment de chasseurs à cheval(1810)
- le 4ème régiment de chasseurs à cheval(1811).
En outre les régiments d’infanterie sont maintenant presque tous à 4 bataillons de guerre et 1 bataillon de dépôt.
En Russie le IVème Corps, commandé par le Prince Eugène, comprends une division d’infanterie italienne et la Garde. De plus, le XIème Corps comprends une autre division d’infanterie italienne.
Après la retraite, en 1813, les régiments d’infanterie de ligne n° 8 à 11 sont formés. Le IVème Corps de l’armée d’Allemagne comprend une division italienne avec 4 régiments de ligne(1 bataillon chacun), 1 régiment de léger à 2 bataillons et le bataillon de la Garde de Milan nouvellement formé avec 6 compagnies de fusiliers. Le reste de l’armée combat les Autrichiens en Italie sous le commandement du Prince Eugène, avec le concours des troupes françaises stationnées sur place.
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