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deco Austerlitz (2 décembre 1805)

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La plus célèbre des victoires de Napoléon.

L’armée austro-russe, sous Kutusof et les deux Empereurs, enhardie par un léger succès remporté à Wischau sur un avant-poste français, se décide à abandonner Olmütz et à venir offrir la bataille à l’armée française.

Celle-ci, forte de 68 000 hommes, est établie en avant de Brünn à Vienne et de Brünn à Olmütz, derrière le ruisseau du Goldbach, le long duquel s’étendent les étangs de Kobelnitz, de Sololnitz, de Satschan et de Moenitz. L’armée austro-russe, forte de 90 000 hommes, a son quartier général à Austerlitz. Napoléon qui avait deviné que les alliés chercheraient à déborder notre droite pour nous couper du Danube et nous rejeter sur la Bohème, les laisse (1er décembre) occuper le plateau de Pratzen qui s’élevait entre les deux armées.

Son plan, annoncé et presque imposé par lui à l’ennemi, peut se résumer ainsi : « Pendant que, à notre gauche et surtout à notre droite, acculée au fond d’un vallon où l’ennemi s’avance et s’enfonce, on résistera, une formidable attaque sur le plateau élevé du centre, où l’armée alliée, en se prolongeant vers sa gauche, nous présente un front affaibli, l’envahira. Les deux ailes ennemies se trouveront soudainement séparées par ce coup de guerre. Dès lors, l’une, attaquée en face et débordée par notre victoire sur le centre, devra céder ; tandis que l’autre, trop avancée, tournée, dominée par cette même victoire centrale, et cernée entre des lacs, dans ce coupe-gorge où elle s’est aventurée, y sera écrasée ou prise. » (Général Comte de Ségur). Mémoires.

La répartition de ses forces fut faite en conséquence. A gauche, Lannes et Murat, établis autour de Bosenitz et appuyés au mamelon du Santon fortifié et garni d’artillerie, doivent contenir Bagration et la cavalerie de Lichtenstein. A droite, Legrand avec 7 000 hommes à peine, le long du Goldbach, de Kobelnitz à Telnitz, arrêtera l’offensive de la gauche russe ; il sera renforcé dans la matinée du 2 décembre par les troupes (8 000 hommes) de Davout, venant de Gross Raigern.

Au centre, l’Empereur constitue une masse offensive puissante : Soult, établi derrière le Goldbach, entre le Santon de Kobelnitz, aura pour objectif le plateau de Pratzen ; derrière lui se tient Bernadotte, et les grenadiers d’Oudinot et la Gatrde, près de Schlapanitz, forment la réserve. C’étaient plus de 50 000 hommes que l’Empereur tient groupés dans sa main pour les jeter dans la bataille. A l’extrême droite, Davout attend le moment de se porter sur le Goldbach et sur les lacs, et frapper, au moment voulu, le coup décisif.

La bataille commence le 2 décembre de grand matin sur notre droite. Buxhoewden, qui commandait sur notre droite. Buxhoewden, qui commandait l’aile gauche des Russes, descend, par Augezd, du plateau de Pratzen ; il parvient à franchir le Goldbach et à s’emparer, après de violents combats, de Telnitz et de Sokolnitz occupés par les troupes de Legrand. Heureusement Davout accourt de Gross-Raigern avec la division Friant ; il reprend Sokolnitz et réussit à contenir, sans pouvoir les refouler, les masses ennemies sans cesse accrues par des renforts descendant du plateau de Pratzen. C’est précisément ce que désirait l’Empereur.

A notre gauche, Bagration cherche à nous déborder. Lannes, appuyé par l’artillerie du Santon, repousse toutes les attaques, et bientôt, soutenu par la cavalerie de Murat, il prend à son tour l’offensive. Malgré les charges de la cavalerie de Lichtenstein, Lannes finit par refouler ses adversaires sur la route d’Olmütz.

Au centre, Napoléon, voyant le plateau de Pratzen presque dégarni, la gauche des ennemis engagée à fond avec Davout, leur droite repoussée, lance Soult à l’attaque du plateau. Les deux divisions Vandamme et Saint-Hilaire, soutenues par Bernadotte, gravissent les pentes, sans répondre au feu des Russes, s’emparent des hauteurs, s’y déploient et rejettent les ennemis sur les pentes opposées.

Kutusof voit le danger. Il faut reconquérir le plateau à tout prix. Un vigoureux retour offensif fut exécuté par la réserve russe (10 0 00 hommes de la garde impériale), soutenue par toutes les troupes disponibles ; mais Napoléon qui avait prévu cette résistance, appelle de son côté sa réserve (25 000 hommes) qui rompt l’ennemi et le chasse de ses positions ; la cavalerie de Bessières et de Rapp dans ses charges superbes, poussent jusqu’à Austerlitz et achèvent de couper en deux les forces ennemies.

Laissant Bernadotte à la garde du plateau, Napoléon fait exécuter rapidement au coprs de Soult une conversion à droite qui, par Augezd, l’amène sur les derrières des colonnes de Buxhoewden maintenues de front par Davout. Ces colonnes, assaillies de tous côtés, tourbillonnent sur elles-mêmes ; elles essayent de s’enfuir sur les étangs glacés. Alors notre artillerie dirige son tir sur la glace qui s’effondre, engloutissant hommes, chevaux et canons.

La bataille est terminée ; de toute l’armée ennemie, le corps de Bagration seul était à peu près intact. Les alliés avaient perdu 20 000 morts ou blessés, autant de prisonniers et 200 pièces de canon ; nous avions 8 000 hommes tués ou blessés.

 

 

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