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L'Autriche sera pendant
toute la période napoléonienne l'adversaire le plus
acharné de la France, et malgré des défaites
réitérées menant à de brèves
périodes de paix et même à une alliance matrimoniale,
elle sera présente lors de l'invasion de 1814, et seule
la brusque et inattendue défaite de Waterloo lui évitera
de participer à une nouvelle campagne contre la France.
L'armée autrichienne subira au cours des dix ans qui nous
intéressent des réorganisations successives que
nous allons essayer de détailler.
L'infanterie regroupe trois types de troupes, les regiments de
ligne, de Jägers et de Grenz. Ces trois types d'infanterie
forment l'essentiel de la force de manoeuvre de l'armée
autrichienne. Nous pourrions citer d'autres .formations telles
"le cordon militaire frontalier" et les "troupes d'insurrection
hongroise", mais leur emploi hors des frontières et lors
des campagnes contre d' autres puissances occidentales ne
s' est à notre connaissance jamais produit. Il semble
donc inutile d' alourdir le présent exposé.
L' infanterie autrichienne manœuvre lentement, et dans des formations héritées du siècle précédent. Sa principale formation de combat est la ligne, et elle combat ainsi tant pour la défense que pour l'attaque. C' est l'une des rares infanteries à encore charger dans cette formation. Le bataillon autrichien peut aussi manoeuvrer en colonne, mais de compagnie uniquement. La colonne de division est inconnue dans les manuels autrichiens. Cette formation est redoutable lorsqu' elle percute une formation ennemie, mais sa vulnérabilité aux tirs, particulièrement d'artillerie en rend l'usage des plus délicats. Le carré creux est connu et utilisé, mais la lenteur en manoeuvre de la troupe lui fait souvent préférer le carré plein. La manoeuvre en ordre dispersé n' est pas le fort de l'armée autrichienne, et la théorie et la mise en application de ce type de combat n'intéresse que fort peu les généraux impériaux. Seules les troupes issues du Tyrol et des régions frontières montreront quelque dextérité à ce jeu.
Globalement, l'infanterie autrichienne est une bonne infanterie, mais elle est trop lente, trop lourde à manoeuvrer à l'heure où la guerre de mouvement est en plein essor.
La cavalerie autrichienne comprend cinq types de troupes dont un seul de vraie cavalerie lourde: les cuirassiers. Les dragons font nominalement partie de la cavalerie lourde, mais en fait sont des cavaliers moyens, de ligne. La cavalerie légère est représentée par les chevau-légers et les dragons légers, les uhlans, et les hussards.
Les régiments de cavalerie lourde et de ligne sont à 4 escadrons, et ceux de cavalerie légère à 6 escadrons. Certains régiments de hussards en 1813-14 ont été portés à 7 ou 8 escadrons par L'adjonction d' escadrons de volontaires. L' escadron est formé de 2 compagnies de 100 hommes chaque sans compter les officiers etc..
La cavalerie autrichienne est une bonne cavalerie qui peut en remontrer à beaucoup. Elle manoeuvre bien, et bien employée peut se montrer extrêmement redoutable. Malheureusement, les doctrines tactiques des Etats-majors la confinent bien souvent dans un rôle étriqué qui ne lui permet pas de montrer sa valeur.
En 1805, l'artillerie autrichienne de campagne était dispersée parmi les régiments d' infanterie à raison de six pièces de 3 ou 6 livres par batterie.
En 1807, une réorganisation est entreprise qui mène à l'existence de régiments d' artillerie à 8 compagnies de 4 batteries de 8 pièces. L' artillerie légère est équipée de pièces de 3 ou 6 livres, et l'artillerie de "position" de pièces de 6 ou 12 livres ou d' obusiers.
Chaque régiment d'artillerie est composé de 7 compagnies à pieds, et 1 compagnie à cheval plus une compagnie d' artificiers manipulant les lance roquettes Congrève d'origine anglaise, introduits dès 1808.
L'artillerie autrichienne n' est pas la meilleure que l'on puisse trouver sur les champs de bataille européens, mais après les réformes de 1806, elle commencera à donner bien du souci à ses adversaires.
L'armée autrichienne est une armée tout à fait splendide à reproduire en figurines, mais difficile à jouer sur table.
Elle est à déconseiller au débutant, à moins qu' il n'ait un moral à toute épreuve et qu' il n' accepte les revers avec philosophie. Par contre, le joueur confirmé pourra prendre plaisir à relever le challenge de tenter de battre les autres nationalités. Il faut pour cela savoir tirer la substantifique moelle des qualités de cette armée mal aimée.
Ses atouts: Une infanterie nombreuse, car peu chère en termes de budget jeu, eu égard à ses pauvres qualités manoeuvrières. Une bonne cavalerie constituée de gros régiments. Une artillerie quoiqu' on en ait dit, nombreuse.
Ses défauts: La lenteur, encore la lenteur, toujours la lenteur.
Une fois le plan de bataille établi, il est quasi impensable de s'en écarter! Le manque de troupes légères de qualité se fait sentir, malgré la bonne tenue des jägers et des Grenz. L'artillerie n' est pas d' un très haut niveau d' efficacité, et il n'y a pas de véritables troupes de Garde, malgré la présence des bataillons de grenadiers qui sont souvent, et abusivement, considérés comme tels. Et pour le jeu en campagne il faut savoir que l,'Etat-major autrichien ayant fait preuve maintes fois de son inefficacité, cela se traduit par... une lenteur d' escargot. mais cela ne peut décourager un aspirant maître wargamer !
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Les régiments de ligne
Dans l'armée autrichienne, on distingue les régiments allemands, c' est à dire dont le recrutement se fait dans les provinces de langue allemande, et les régiments hongrois recrutés dans les provinces orientales et méridionales de l'Empire. Des particularités vestimentaires permettent de reconnaître les uns des autres.
En 1805, le régiment d' infanterie est à 5 bataillons de guerre plus une division (deux compagnies) de dépôt. Quatre bataillons de mousquetaires, et un de grenadiers. Chaque bataillon est à 4 compagnies. Chaque régiment dispose d'une artillerie régimentaire comprenant six pièces de 3 livres.
Entre 1806 et 1809, le régiment en temps de paix est composé de deux bataillons de guerre à 6 compagnies plus un bataillon de dépôt à 4 compagnies. En temps de guerre, il est porté à 3 bataillons de guerre à 6 compagnies et une division de dépôt. Les 2 compagnies de grenadiers de tous les régiments sont, en temps de guerre, regroupées en 19 bataillons à 6 compagnies plus 2 bataillons à 4 compagnies. L' artillerie régimentaire est supprimée.
Entre 1810 et 1815, la perte ou le gain de certains territoires impose la réduction ou l' augmentation du nombre des régiments, et par conséquent du nombre de bataillons de grenadiers. Hormis cela, l'organisation du régiment ne varie pas jusqu' en 1813. A cette date, chaque régiment se voit adjoindre 2 bataillons de milice (Landwehr) à 6 compagnies. Le premier de ces bataillons suit le régiment, même en campagne, tandis que le second reste à l' intérieur des frontières pour des taches de garnison et de sécurité sur les lignes de communication. La compagnie de fusiliers a un effectif variable selon la région de recrutement et l'époque:
Compagnie de guerre allemande:
1805-1806: temps de paix 150 hommes, temps de guerre 201 hommes.
1806-1815: temps de paix 186 hommes, temps de guerre 218 hommes. |
Compagnie de dépôt allemande:
1805-1806: paix 150, guerre 215.
1806-1815: paix 186, guerre 440. |
Compagnie de guerre hongroise
1805-1806: paix 150, guerre 201.
1806-1815: paix 206, guerre 238. |
Compagnie de dépôt hongroise
1805-1806: paix 150, guerre 215.
1806-1815: paix 206, guerre 208. |
Compagnie de grenadiers
1805-1806: paix 159, guerre 201.
1806-1815: paix 136, guerre 145. |
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L'on voit donc qu' un bataillon hongrois en 1806/1815 comptait théoriquement jusqu' à 1428 hommes en temps de guerre.
Historique
et uniformes des régiments |
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du régiment pour accéder à l'historique
et à l'uniforme |
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Les Grenadiers
Organisation 1804
A partir de 1802, les Régiments sont , en temps de paix, à 2 bataillons de campagne, le Leib et l'Obrist Bataillon, à 6 compagnies. S'y ajoutent un bataillon de dépôt (dépôt Bataillon) à 4 compagnies et 2 compagnies de Grenadiers. Exception, les 5ème, 6ème et 64ème IR ne possèdent pas de Grenadiers. Les Grenadiers en temps de guerre sont rassemblés, selon les circonstances, en bataillons de 6, ou plus rarement 4 compagnies. Le bataillon de Grenadier prend le nom de l'officier commandant et est incorporé à des Brigades ou Divisions de réserve.
Organisation 1805
Les Grenadiers sont regroupés en un bataillon distinct à 4 compagnies, et restent attachés au régiment.
Organisation de 1806 à 1809
Les grenadiers sont, en temps de guerre rassemblés en 19 bataillons à 6 compagnies et 2 bataillons à 4 compagnies. Les 5éme, 6éme et 64émé IR en sont toujours dépourvus. Les bataillons de Grenadiers ne sont pas numérotés, mais portent le nom du Major ou Lieutenant Colonel qui en a le commandement. Les Grenadiers forment avec la cavalerie lourde la réserve. Cette réserve est scindée en Corps constitués de divisions elles même formées de brigades homogènes (infanterie ou cavalerie). La brigade de Grenadiers contient 4 à 5 bataillons.
Organisation de 1810 à 1815
Suite à la perte de territoires imposée par le traité de paix qui clôt la campagne de 1809, Les 13ème, 23ème, 38ème, 43ème, 45ème, 46ème, 50ème et 55ème Régiments d'infanterie sont dissous. Le nombre de bataillons de grenadiers est donc réduit de 21 à 19, soit 15 à 6 compagnies et 4 à 4 compagnies.. Les Grenadiers sont toujours groupés en brigades à 4 bataillons et font partie de divisions au sein des corps de réserve.
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Les Jägers (chasseurs)
A l'instar des autres armées européennes, l'Autriche a développé un corps de troupes légères, mais sans en avoir vraiment compris toute l' utilité. Les chasseurs sont des troupes de volontaires recrutés uniquement dans le Tyrol.
En 1805, il existe un seul régiment de jägers à 4 bataillons de guerre et une division de dépôt. Les bataillons sont à 4 compagnies de 160 hommes en temps de guerre.
En 1808, le régiment est dissous, et sont créés après quelques tâtonnements 9 bataillons de jägers. Les bataillons sont à 6 compagnies, de 166 hommes en temps de guerre.
En 1813, trois nouveaux bataillons sont formés sur le même modèle.
Dénomination du régiment
En 1801 est créé à Innsbrück le Tyroler Feld-Jäger-Regiment, qui très curieusement est classé parmi les régiments de ligne avec le n°64. Son Colonel -Propriétaire est, à partir de 1802, le FML Marquis J.G. Chasteler de Courcelles. Ce régiment sera dissous en 1808.
Recrutement
Les Jäger sont à l' origine tous volontaires issus du Tyrol et du Vorarlberg, mais avec l' accroissement du nombre de bataillons et la dissolution du IR 64, le recrutement se fera dans les districts «allemands» du pays.
Organisation 1804
Le IR 64 est organisé comme les autres régiments de ligne, à ceci près qu' il ne comporte pas de grenadiers, que les compagnies sont plus réduites (160 hommes en temps de guerre), et qu' il ne dispose pas (mais ceci reste à confirmer) d' artillerie organique.
Organisation 1805
En 1805 le Régiment est à 3 bataillons qui sont, au gré des besoins, distribués à différentes divisions.
Organisation de 1808 à 1815
En 1808, le IR 64 est dissous, et 9 bataillons de chasseurs sont créés. 3 nouveaux bataillons sont créés en 1813. (cf. tableau)
Bataillons de Jäger 1808/1815 |
N° |
Date de création |
Commandant |
district de recrutement |
Garnisons |
1 |
1808 |
1808 Oberstleutnant. C . Lutz
1813 Major F. von Plisnier
1814 Major J. von Penz |
Bohême |
1809 Brüx
1814 Jablunka
1815 Salsbourg |
2 |
1808 |
1808 Major Freiherr C. Schneider von Arno
1813 Major Freiherr J. Reicht |
Bohême |
1809 Freistadt
1810 Kloster Schlegel
1811 Mauthausen
1812 Linz
1815 Freistadt |
3 |
1808 |
1808 Major Barone D. Cavalcado |
Bohême |
1808 Tetschen
1809 Efferding
1812 Wels
1814 Kirchberg a.d. Mosel
1815 Efferding |
4 |
1808 |
1808 Oberstleutnant. Conte M. Piombazzi
1812 Oberstleutnant. Chevalier C. von Becke |
Bohême |
1809 Gmunden
1811 Busk
1812 Neutitschein
1815 Plan |
5 |
1808 |
1808 Major Freiherr G. von Suden
1812 Major Graf F. Hartopp
1812 Major Graf J. Sickingen-Hohenburg |
Moravie |
1808 Butschowitz
1809 Tepl
1810 Plan
1811Wieliczka
1815 Tetschen |
6 |
1808 |
1808 Oberstleutnant E. Zaborsky de Zabora
1813 Major Freiherr L. von Mareschall |
Moravie |
1808 Mährisch-Neustadt
1810 Aussig
1811 Kalsching
1812 Gabel
1815 Nachod |
7 |
1808 |
1808 Oberst J. von Steffanini
1809 Major Freiherr L. von Steinmetz
1810 Oberst J. von Steffanini
1812 Oberst Freiherr C. Veyder von Malberg
1814 Major W. Weikersreutter
1815 Major D. von Saintenoy |
Salsbourg, Haute et Basse Autriche |
1809 Mistelsbach
1809 Lietzen
1810 Leoben
1811 Krems
1814 Chiavenna
1815 Leoben |
8 |
1808 |
1808 Oberstleutnant H. Mumb
1813 Major H. Fletté von Flettenfeld |
Autriche intérieure |
1808 Wels
1810 St Veit
1812 Leoben
1815 Masseveaux |
9 |
1808 |
1808 Oberst Freiherr C. Göldlin von Tieffenau
1814 (par intérim)Hauptmann E. de Gobiery
1815 Major Freiherr F. Werdt von Teuffen |
Autriche intérieure |
1808 St Veit
1809 Villach
1810 Cilli
1814 Trevise
1815 Gorizia |
10 |
1813 |
1813 Major Cavaliere V. Casassa di Valmonte |
Autriche intérieure |
1814 Cremone
1815 Roanne |
11 |
1813 |
1813 Major Freiherr F. von Ensch |
Autriche intérieure, Salsbourg, Haute et Basse Autriche |
1814 Lombardie
1815 Alsace |
12 |
1813 |
1813 Major Freiherr E. Beelen de Bertholff |
Galicie et Moravie |
1815 Mährisch-Schönberg |
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Les Grenz (infanterie de frontière nationale)
Il s' agit de troupes originaires des provinces frontalières avec l'Empire Ottoman (Croatie, Slavonie, Banat, Vojvodine, Siebenbürgen), et initialement destinées à défendre ces Frontières. Leur efficacité est telle qu' elles sont bientôt intégrées à 1'armée régulière comme troupes légères.
En 1805 on compte 17 régiments de Grenz à 3 bataillons de guerre (2 pour les régiments de Siebenbürgen), chaque bataillon étant à 4 compagnies. L' artillerie régimentaire est de 6 pièces de 3 livres.
A partir de 1806, l'on revient à L'organisation qui prévalait entre 1802 et 1804: 2 bataillons de paix à 6 compagnies, et en cas de guerre, un troisième bataillon de réserve est formé. L'artillerie régimentaire est à 4 pièces. Les compagnies de guerre sont à 226 hommes dont 20 tireurs d'élite (respectivement 200 et 16 pour les Siebenbürgen). il est à noter, pour 1'anecdote, que les régiments de Grenz étaient accompagnés par 50 à 300 "Serezaner", musulmans servant entre autres de police militaire!
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