Bautzen(20 au 21 mai 1813)
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La bataille de Bautzen (20 et 21 mai 1813) a lieu durant la campagne d’Allemagne de 1813.
Après leur défaite à Lützen, les alliés abandonnent la ligne de l’Elbe pour se retirer derrière la Sprée. Cette retraite permet à Napoléon d’entrer à Dresde le 9 mai. Après avoir détaché Ney avec 60 000 hommes sur Torgau, pour menacer Berlin, il se porte avec le reste de ses forces contre l’ennemi qui, près de Bautzen, s’est retranché dans une formidable position où Frédéric II avait déjà lutté avec avantage. Cette position présente deux lignes de défenses distinctes : la première la Sprée, la seconde derrière le Bloeser-Wasser : toutes deux appuient leur gauche aux ramifications des Monts des Géants et leur droite à des marécages.
L’Empereur, après avoir reconnu en personne les positions ennemies - 19 mai - se décide à livrer une bataille en deux jours pour enlever cette double ligne de défenses. Il envoie à Ney, arrivé à Torgau, l’ordre de se rabattre rapidement sur la Sprée, vers Klix. Le 20 mai, vers midi, l’attaque commence. Oudinot, à notre droite, franchit la Sprée à Sinkwitz pour attirer l’attention des alliés sur leur gauche ; mais c’est au centre que se livre la vraie bataille : Macdonald et Marmont franchissent la Sprée, s’emparent de Bautzen et, le soir, la ligne de la Sprée nous appartient. Ney arrive en ce moment à Klix et pourra prendre part à la lutte du lendemain.
Pendant la nuit, les alliés prennent position sur leur deuxième ligne de défense : leur gauche, sous Miloradowitch, s’étend du Drohm-Berg au Bloeser-Wasser ; leur centre, sous Wittgenstein, derrière ce ruisseau, sur les hauteurs formidablement retranchées de Baschütz ; leur droite, formée par les Prussiens de Blücher, sur une série de mamelons autour de Krechwitz et de Preititz. A leur extrême droite, Barclay est détaché vers le moulin à vent à gauche de Gleine. Le 21, à 6 heures du matin, Oudinot prend l’offensive contre la gauche des ennemis, afin d’attirer de ce côté leurs réserves, tandis que dans la pensée de l’Empereur l’action décisive doit se porter contre leur droite. Miloradovitch, malgré une résistance acharnée, est obligé de céder.
A ce moment, Ney débouche de Klix, culbute le corps de Barclay, et s’empare de Preititz, sur les derrières de Blücher, qui au même instant est attaqué de front par le corps de Bertrand. Le corps de Blücher peut être anéanti.
Malheureusement Ney, le brave des braves, a un moment d’hésitation : sans nouvelles de ce qui se passe sur le front, il n’ose s’aventurer au milieu de l’armée ennemie. En vain son chef d’état-major, Jomini, lui montre la nécessité de donner tête baissée sur le plateau qui s’étend de Würschen à Hochkirch pour couper aux alliés leur route de retraite. Il craint d’être coupé à son tour, arrête son mouvement offensif, abandonne même Preititz, et permet ainsi à Blücher, qui a compris le danger, de reculer derrière le Bloeser-Wasser. Napoléon, voyant les deux ailes ébranlées et le centre ennemi dégarni, ordonne une attaque générale sur tout le front, et emporte les positions des alliés. Ceux-ci battent en retraite en bon ordre jusqu’à l’Oder, nous disputant chaque ruisseau, chaque ravin. Ils avaient perdu 15 000 hommes et les Français 10 000. Les hésitations de Ney les avaient sauvés d’une destruction complète.
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