Bernadotte |
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Jean Baptiste Jules Maréchal (1804),
Roi de Suède et de Norvége (1818-1844)
(1763 - 1844)
Auteur: Alexandra Dalbin
Le seul cas de réussite indépendante dans l'entourage proche de l'Empereur. Bernadotte, que l'on surnommait Sergent Belle-Jambe, est l'unique maréchal qui traverse la Révolution et l'Empire pour finir sur un trône !
Ce fils d'avocat s'enrôle dans l'armée royale en 1780. C'est la Révolution et la guerre avec l'Autriche qui lui permettent de devenir officier. Kléber le nomme général de brigade. En 1797, Bernadotte quitte l'Armée du Rhin pour apporter son soutien à Bonaparte en Italie.
Après la paix de Campoformio, Bonaparte lui donne un commandement subalterne. Le Directoire lui confie une brève mission d'ambassadeur à Vienne puis le nomme ministre de la Guerre de juillet à septembre 1799. Bernadotte réorganise l'armée, alors mal en point, mais les Directeurs finissent par l'écarter.
Son antipathie pour Bonaparte devient manifeste. Il refuse de s'engager franchement dans le coup d'Etat du 18-Brumaire, ce qui lui vaut une réputation de néo-jacobin. Devenu commandant de l'Armée de l'Ouest, son nom est mêlé à la conspiration des "pots de beurre" (dans lesquels circulaient des billets anti-bonapartistes). De plus, il épouse Désirée Clary, autrefois fiancée à Bonaparte, maintenant belle-sœur de Joseph.
Il devient maréchal en 1804 et prince de Ponte-Corvo deux ans plus tard, bien qu'il reste discret dans les grandes batailles, comme à Austerlitz par exemple (2 décembre 1805). Lors de la double bataille d'Auerstadt et d'Iéna, le 14 octobre 1806, Bernadotte, qui a pour mission de soutenir le corps de Davout aux prises avec le gros de l'armée prussienne, attend la soirée pour bouger ! Napoléon ne semble pas lui en tenir rigueur.
En revanche, quand il s'agit de poursuivre les restes de l'armée prussienne, il chausse les bottes de sept lieues pour parcourir toute la Prusse du sud au nord. Après avoir forcé les Prussiens de Blücher à capituler en rase campagne, il traite les officiers de la division suédoise faite prisonnière à Lübeck avec politesse et respect. Ce comportement, exemplaire aux yeux de la Diète de Stockholm, ainsi que le désir de la Suède de se rapprocher de la France pour contrer la Russie, ont une conséquence inattendue : le 21 août 1810, les Etats généraux d'Œretro choisissent ce maréchal français comme prince héréditaire de Suède. Napoléon ne s'y opposera pas, ne serait-ce que parce qu'un maréchal français sur le trône de Gustave-Adolphe est un des plus jolis tours joués à l'Angleterre.
Pour le moment, il combat encore sous les ordres de Napoléon. C'est pendant la campagne de Pologne, en 1807, qu'il montre sa meilleure maîtrise du commandement. Il se replie de brillante manière face aux armées russes de Benningsen, permettant à Napoléon d'engager la manœuvre d'Eylau (8 février 1807).
En revanche, son corps ne participe ni à cette dernière bataille, ni à celle de Friedland (14 juin 1807). Bernadotte est finalement destitué par l'Empereur pour la conduite du corps saxon dont il a le commandement lors de la bataille de Wagram (5-6 juillet 1809). Son corps ne parvient pas à prendre les lignes prussiennes et se replie en déroute lors de la première journée de la bataille (5 juillet). Le lendemain, alors que les forces sous le commandement de Napoléon sont victorieuses, il lance une proclamation élogieuse à ses troupes, qui s'étaient débandées la veille.
Bernadotte, appelé auprès du trône suédois, le 21 août 1810, chéri par Charles XIII, se révèle un vrai Suédois. Il abjure le catholicisme et prend à cœur les affaires de son futur royaume. Les intérêts de sa nouvelle patrie se heurtent à ceux de la France. Si Bernadotte cède d'abord aux injonctions de Napoléon et déclare la guerre à l'Angleterre, il revient sur sa décision dès 1812 et signe une alliance avec le tsar, Alexandre 1er. En 1813, la Suède entre dans la coalition contre la France. Bernadotte apporte une armée de 30 000 hommes et sa connaissance des tactiques napoléoniennes. Son armée bat Oudinot à Gross-Beeren (23 août 1813) et Ney à Dennewitz (6 septembre 1813). A Leipzig (16-19 octobre 1813), il se montre encore une fois bon manœuvrier, mais évite de croiser directement le fer avec son rival.
Lors de la campagne de France, en 1814, Bernadotte commande l'Armée du Nord. Il envahit son ancienne patrie en passant par la Hollande et la Belgique. Sans être déterminant, son rôle a été très important dans la déroute de l'armée française.
Certains parlent de lui comme du futur roi de France. Ce ne sera pas le cas mais il obtient la Norvège, le 14 janvier 1814, en récompense de ses services.
Le 5 février 1818, il succède à Charles XIII, sous le nom de Charles XIV, roi de Suède et de Norvège. Il est l'ancêtre de nombreux monarques qui règnent aujourd'hui encore en Suède en Norvège, mais aussi au Luxembourg, en Belgique et au Danemark. Beau parcours pour l'ancien sergent républicain Belle-Jambe, dont on dit qu'il portait sur la poitrine le tatouage "Mort aux rois" !
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