Campan |
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Jeanne-Louise-Henriette née Genet.
(Paris, 1752 - Mantes, 1822)
Le mentor de l'éducation des jeunes filles du Consulat et de l'Empire.
Fille d'un commis lettré, Henriette bénéficie très jeune d'une éducation exceptionnelle. Son père est son premier maître, secondé bientôt par d'illustres professeurs. La jeune fille est si brillante qu'elle obtient la place de lectrice auprès des filles du roi Louis XV. Elle sympathise avec la dauphine Marie-Antoinette qui la prend comme femme de chambre. Pendant vingt ans, Henriette sera proche de la reine, qui lui fait épouser le fils de son secrétaire, M. Campan.
Quand la reine est emprisonnée, Mme Campan tient à partager sa geôle. "Faveur" qui lui est refusée. Elle se retire à Coubertin et échappe à la guillotine par les événements du 9-Thermidor. Elle n'a cependant plus de ressources. Son mari est malade et il faut faire vivre sa mère et ses nièces orphelines.
Mme Campan décide alors de fonder une pension à Saint-Germain. Elle rédige elle-même une centaine de prospectus qu'elle envoie à ses relations. Un an plus tard, son institution compte déjà une soixantaine de jeunes filles. Un jour, elle y accueille une jeune fille dont les parents allaient faire beaucoup pour son succès : Hortense de Beauharnais.
Bonaparte, quand il décide d'établir une institution pour les filles des soldats morts sur les champs de bataille, songe naturellement à elle. Mme Campan est chargée de la direction de la maison d'éducation d'Ecouen, la pension de la Légion d'Honneur (qui a survécu jusqu'à nos jours). Les jeunes filles y reçoivent une éducation sévère et religieuse. Les miroirs sont bannis, on y apprend la broderie et la couture, quelques rudiments d'histoire et de géographie, très sommaires.
Napoléon, qui vient parfois visiter à l'improviste la pension, s'entend avec Mme Campan sur le but de cette éducation : il faut créér des mères. Mme Campan publie d'ailleurs en ce sens un ouvrage sur l'éducation qui fera autorité jusque sous le second Empire.
A la Restauration, le pouvoir royal oublie le dévouement de Mme Campan envers Louis XVI et Marie-Antoinette pour ne retenir que sa position éminente sous l'Empire ; l'institution est supprimée et Mme Campan se réfugie à Mantes. Elle y meurt d'un cancer en 1822. Elle a laissé des Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette. Sa Correspondance avec la reine Hortense est publiée en 1835.
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