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Joseph Fesch, oncle de Napoléon, cardinal
(Ajaccio, 1763 - Rome, 1839)
Il n'est pas toujours simple d'être l'oncle de l'Empereur et cardinal choisi pour négocier avec le Pape.
Joseph Fesch, demi-frère de Lætitia la mère de Napoléon, obtient à 16 ans une bourse du gouvernement français pour poursuivre ses études religieuses au séminaire d'Aix. En 1785, il retourne en Corse. Il devient prêtre. En 1790, il prête serment à la Constitution civile du clergé.
Nommé archidiacre en 1793, il doit quitter Ajaccio avec Lætitia Bonaparte et les autres membres de la famille Bonaparte opposés aux Paolistes. Tous ses avoirs sont saisis. Bonaparte lui obtient un poste de garde-magasin dans l'Armée des Alpes. En 1795, Fesch accompagne son neveu en Italie, en qualité de commissaire des Guerres ; il s'occupe des marchés de fournitures de l'armée d'Italie et développe son goût pour les œuvres d'art.
En 1801, Fesch prend part avec Joseph à la négociation du Concordat. Il sera envoyé à Rome avec Chateaubriand. L'année suivante, Bonaparte le nomme archevêque de Lyon le 15 août 1802. Il devient cardinal en 1803. L'année suivante, il négocie la venue du pape à Paris pour le couronnement de l'Empereur. Il est comblé d'honneurs : sénateur, comte, grand aumônier…
Mais en 1808, les relations entre le pape Pie VII et Napoléon se détériorent. Le Pape refuse de dissoudre le mariage contracté par Jérôme aux Etats-Unis et permet le commerce avec l'Angleterre dans ses Etats. Le cardinal Fesch, bien qu'il tente de concilier les deux hommes, désapprouve l'attitude autoritaire de son neveu.
En novembre 1809, à Paris, une commission ecclésiastique, présidée par le cardinal Fesch, se contente d'enjoindre au pape Pie VII de céder aux exigences de Napoléon. En juin 1811, un nouveau concile, à nouveau présidé par le cardinal Fesch, se déclare incompétent pour conférer l'investiture canonique aux évêques, autre point de litige entre le souverain pontife et Napoléon. Ce dernier parvient à les circonvenir en les prenant individuellement (les plus rétifs sont arrêtés) mais son oncle Fesch refuse de signer la lettre de soumission. Il refuse même l'archevêché de Paris, ce qui lui vaut de se voir retirer son titre de grand aumônier. Enfin, Napoléon intercepte une lettre que le cardinal a adressé au pape Pie VII en chemin pour sa prison de Fontainebleau, lettre de compassion que l'Empereur n'apprécie guère. Le cardinal se retire dans son diocèse. En 1814, après l'abdication de Napoléon, Fesch regagne Rome, où il peut compter sur l'appui du pape.
Pendant les Cent-Jours, le cardinal Fesch, venu à Paris, est nommé Pair de France. Après l'abdication de l'Empereur, il se fixe définitivement à Rome. En 1816, frappé de la loi de bannissement qui s'applique aux membres de la famille Bonaparte, il refuse de démissionner de son archevêché de Lyon. Il mène une vie pieuse et se consacre à ses collections. Il envoie de temps à autre un aumônier à son neveu exilé à Sainte-Hélène.
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