Gérard |
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François, baron
(Rome, 1770 - Paris, 1837)
L'un des grands artistes officiels depuis le Directoire jusqu'à Louis-Philippe. Elève de David. Chevalier de la Légion d'Honneur (Bonaparte), baron (Louis XVIII), premier peintre de Joséphine, puis du Roi.
François Gérard, fils de l'intendant du Cardinal de Bernis, ambassadeur de France près le Saint-Siège, passe les premières années de sa vie à Rome. La famille rentre en France en 1780. Grâce à la protection de M. de Breteuil, ministre de la Maison du Roi au service duquel se trouve alors son père, François Gérard est admis à la Pension du Roi, petit établissement fondé par M. de Marigny pour recevoir douze jeunes artistes.
Il passe ensuite dans les ateliers du sculpteur Pajou et du peintre Brenet, avant d'entrer en 1786 dans celui de David. En 1789, il obtient un second Prix de Rome avec Joseph se faisant reconnaître par ses frères (Angers), tandis que Girodet reçoit le premier Prix. En avril 1791, il repart en Italie avec sa mère et ses frères et y reste jusqu'en 1793.
A son retour à Paris, il obtient un logement et un atelier au Louvre. Sur intervention de David, il échappe à l'enrôlement dans l'armée. C'est au Salon de 1795 qu'il se fait remarquer avec son Bélisaire, peint en à peine dix-huit jours. Il connaît des jours difficiles et survit grâce à la commande de dessins que David lui a obtenue pour les éditions de Virgile et Racine des Frères Didot.
Gérard commence à se faire un nom comme portraitiste avec le Portrait d'Isabey, peintre en 1796 (Louvre) ou celui de La comtesse Regnault de Saint-Jean d'Angély, fort admiré au Salon de 1799 (Louvre).
L'immense succès que rencontre en 1798 son Psyché et l'Amour assoit la renommée de l'artiste qui obtient dès 1800 des commandes de Bonaparte, portraits officiels et décors d'Ossian pour le château de Malmaison. Accaparé par les innombrables portraits de la famille impériale et des grands dignitaires de l'Empire, Gérard ne trouve guère le temps de se consacrer à d'autres genres picturaux. C'est ainsi que la version originale du Napoléon 1er en costume de Sacre fut commandée à Gérard en 1805 pour l'hôtel du ministre des Relations extérieures. L'artiste a su rendre la dignité et la majesté impériales. On lui demanda d'en exécuter de nombreuses répliques pour orner les appartements d'honneurs des résidences diplomatiques et consulaires à l'étranger. En 1809, un certain nombre d'entre elles furent données en présent aux princes grands dignitaires de l'Empire.
En 1810, il expose cependant la Bataille d'Austerlitz (Versailles). En 1814, il se rallie aux Bourbons et, protégé de Talleyrand, entre au service de Louis XVIII. Il expose au Salon un Portrait en pied du roi Louis XVIII (Versailles) et obtient la commande de l'Entrée d'Henri IV à Paris (Versailles), toile monumentale qui est présentée au Salon de 1817. Pour Auguste de Prusse, il peint en 1819 une Corinne au cap Misène (Lyon) et en fait une répétition pour Mme du Cayla, favorite de Louis XVIII (Salon de 1822). En 1824, il expose Daphnis et Chloé (Louvre) et entreprend en 1827 l'éxécution du Sacre de Charles X, vaste composition qu'il achève en 1829 (Versailles).
Couvert d'honneurs, faisant partie de la plupart des Académies d'Europe, il jouit alors d'une immense réputation. Chevalier de la Légion d'Honneur dès 1802, premier peintre de l'impératrice Joséphine en 1806, professeur à l'école des Beaux-Arts en 1811, membre de l'Institut l'année suivante, il est nommé premier peintre du Roi en 1817 et baron en 1819.
Le baron Gérard poursuit ses activités sous la Monarchie de Juillet. En 1831, il peint le roi Louis-Philippe. Il livre en 1832 des allégories colossales pour la galerie historique de Versailles : le Courage guerrier, la Clémence, la Constance. En 1836, il termine enfin la décoration des quatre pendentifs de la coupole du Panthéon qu'on lui a commandée en 1820.
Aidé dans ses travaux par de nombreux collaborateurs, Gérard laisse finalement derrière lui une œuvre abondante qui compte une trentaine de tableaux à sujets historiques, d'innombrables portraits à mi-corps ou en buste et quatre-vingt- sept portraits en pied. L'influence de David, manifeste dans sa peinture historique, est tempérée toutefois dans ses portraits par une certaine langueur sensuelle propre à l'artiste, l'un des plus brillants portraitistes de sa génération.
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