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decoGouvion Saint-Cyr version fr

Laurent, Maréchal en 1812 et Comte d'Empire
Pair de France en 1815, Marquis en 1816.
(Toul 1764-Hyères 1830)

portrait

Gouvion Saint-Cyr, dont les qualités militaires sont indéniables ; il n'a pas perdu une seule bataille et se distingue parmi les Maréchaux napoléoniens pour sa fermeté et son indépendance de caractère.

Gouvion, fils d'un tanneur, n'a que trois ans quand sa mère quitte le domicile. Après un voyage de deux ans en Italie, il devient maître de dessin, à Toul puis à Paris. En 1792, il décide de s'engager dans l'armée républicaine. C'est là qu'il ajoute Saint-Cyr à son nom, pour se distinguer de ses cousins. Il se bat dans l'armée de la Moselle. Il est intelligent, instruit, capable, il a un excellent coup d'œil ; Gouvion Saint-Cyr gravit rapidement les échelons militaires. Le 16 juin 1794, il est déjà Général de Division, un record de rapidité. Il commande une division à l'armée de Rhin-et-Moselle et se distingue au siège de Mayence.

En 1798, il reçoit le commandement provisoire de l'armée de Rome, qui envahit les États pontificaux et crée la République romaine. Gouvion ramène la discipline dans le rang des officiers, qui viennent de destituer Masséna. Il est rappelé le 26 juillet 1798. Il sert dans L'armée d'Italie et participe, sous Joubert, à la Bataille de Novi, le 15 août 1799. Après la bataille, il parvient à faire la jonction avec le reste de L'armée.

Quand Masséna vient remplacer Joubert, tué à Novi, Gouvion obtient d'être affecté à l'armée d'Italie et bat les armées autrichiennes. Pour ses exploits en Italie, Bonaparte lui décerne le brevet de premier lieutenant de l'armée et un sabre d'honneur. Affecté à l'armée d'Allemagne sous Moreau, il s'empare de Fribourg et participe à la bataille d'Hohenlinden, le 3 décembre 1800.

En 1801, il est chargé de seconder Lucien Bonaparte en Espagne. Deux ans plus tard, il est Lieutenant de l'armée d'occupation à Naples, sous Murat. Toutefois, il se révèle un peu trop indépendant sur le plan politique au goût de ses supérieurs. En 1804, il ne sera pas fait Maréchal, mais devient Colonel-Général des cuirassiers. En 1805, il sert dans l'armée qui doit soumettre le royaume de Naples, dont Joseph est le nouveau Roi.

Il commande un corps d'armée durant la campagne de Pologne de 1807 ; il est nommé gouverneur de Varsovie. En 1808, il prend le commandement du VIIème corps, avec carte blanche pour opérer en Catalogne. Gouvion Saint-Cyr aligne victoire sur victoire. Malgré le manque d'artillerie et de munitions, il parvient à prendre le fort de Roses le 4 décembre 1808 et Barcelone. Il reçoit alors des ordres qu'il estime irréalisables, apprend son remplacement et quitte son poste prématurément. Cette nouvelle marque d'indépendance lui vaut les arrêts et une nouvelle quarantaine. Il est quelque peu disgracié en cette année 1809.

En 1811, Napoléon le rappelle au Conseil d'État et lui confie le commandement du VIème corps de la Grande Armée. Gouvion Saint-Cyr remporte des batailles ; il défait notamment Wittgenstein à Polotsk, le 18 août 1812 et reçoit le bâton de Maréchal avec le titre de Comte. En effet au début du mois d'août, Gouvion Saint-Cyr a reçu l'ordre de se porter vers Polotsk avec les restes du VIème corps et cela pour soutenir le IIème corps commandé par le Maréchal Oudinot. Le général Marbot un perspicace et lucide témoignage, en effet " le Maréchal Oudinot...l'eût reçu avec plus de satisfaction s'il n'eût craint le contrôle de celui qui le conduisait. En effet Saint-Cyr était un des militaires les plus capables de l'Europe!...Il avait commandé avec succès une des ailes de l'armée du Rhin lorsque Oudinot était à peine colonel ou général de brigade. "

L'air est saturé de ressentiment. Le 16 août 1812, les Russes attaquent et Gouvion Saint-Cyr, polis et glacé comme le marbre de Carrare, se borne à observer Oudinot et à lui servir du " Monseigneur le maréchal!... " tout au long de la journée. Oudinot est blessé par un coup de biscaïen à l'épaule ; difficile de dire qui est le plus soulagé ; Oudinot, l'armée, ou Gouvion Saint-Cyr lui-même(blessé plus légèrement). Le Général Berthezène commente l'événement dans ses Souvenirs militaires(Paris 1865), en effet Oudinot venait de " déposer avec honneur, le fardeau dont il était accablé...L'armée dut aussi se féliciter de cet événement. Elle allait éprouver combien est grande la distance qui sépare le soldat du capitaine. " Le 18 octobre 1812, il battra à nouveau Wittgenstein à la deuxième bataille de Polotsk, malgré une infériorité numérique criante. Selon Gouvion Saint-Cyr à la mi-octobre, les effectifs sont les suivants ; IIème corps entre 15 000 et 16 000 hommes et le VIème corps entre 2 200 et 2 500 hommes soit un total maximum de 18 500 hommes face aux 50 000 russes de Wittgenstein.

En mars 1813, malade, il rentre à Paris. Commandant un corps d'armée, il participe à la bataille de Dresde (26-27 août 1813). Napoléon lui confie la défense de la ville, mais à court de munitions et de vivres, il capitule le 11 novembre 1813. Il est prisonnier jusqu'en juin 1814.

Quand il revient en France, Louis XVIII est sur le trône et l'a nommé Pair de France. Au retour de Napoléon de l'île d'Elbe, Gouvion, à Orléans, fait porter la cocarde blanche à ses hommes.

Il suivit Louis XVIII à Gand et fut chargé par la suite à plusieurs reprises du ministère de la Guerre entre 1815 et 1821 ; il contribua à rallier à la monarchie beaucoup d'officiers de Napoléon. Il fit voter l'importante loi militaire du 10 mars 1818 pour la réorganisation de l'armée ; elle règle les modalités de la conscription et de l'avancement (obtention des grades à l'ancienneté, ne permettant plus aux nobles d'entrer directement comme officiers dans l'armée). Mais il dut faire face à l'hostilité des ultras, qui l'écartèrent définitivement en 1821. Louis XVIII l'avait fait Marquis en 1816.

Il a écrit plusieurs ouvrages d'histoire militaire sur les campagnes de la Révolution et de l'Empire ; publié de son vivant un Journal des opérations en Catalogne(1808-1809) et des Mémoires sur les campagnes des armées du Rhin et de Rhin-et-Moselle de 1792 jusqu'à la paix de Campo-Formio. Les Mémoires pour servir à l'histoire militaire sous le Directoire, le Consulat et l'Empire (4 volumes) ont paru peu après sa mort(en 1831).

Sa descendance :
De son épouse et cousine Anne Gouvion (1775-1844), le Maréchal eut un seul enfant, après vingt ans de mariage, Laurent-François, mort en 1904 seulement, à 89 ans, qui épousa une Montalivet et dont le fils aîné, Laurent-Camille est entré par alliance dans la famille Murat (branche collatérale). Bien que père d'un unique fils, Gouvion Saint-Cyr a une nombreuse descendance très brillamment apparentée et comptant beaucoup d'officiers.

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