Ney |
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Michel, duc d'Elchingen, prince de la Moskowa,
Maréchal de France à 35 ans (1804).
(Sarrelouis (Lorraine), 1769 - Paris, 1815)

Auteur: Jean-Louis Enjolras - Cercle Histoire et Figurines
" Ney est le plus brave des hommes, là se bornent toutes ses facultés " Napoléon.
Décoré da la Légion d'honneur et de l'Ordre du Christ du Portugal.
Le seul maréchal exécuté en 1815 par Louis XVIII. A Waterloo, il charge les Alliés avec furie après avoir promis à Louis XVIII de ramener Napoléon "dans une cage de fer". Napoléon dira "Ney est le plus brave des hommes, là se bornent toutes ses facultés". Ney, d'origine très modeste son père est maître-tonnelier abandonne un paisible travail de bureau ;petit clerc chez un notaire depuis l'âge de 13 ans.
Il s'engage à 19 ans au régiment Colonel de hussard à Metz le 6 décembre 1788 où Kellerman est officier supérieur. Sous la Révolution, il combat aux frontières où il est remarqué par Kléber en 1794. En effet pourvu de son Brevet de sous-lieutenant(1792),il gagne ses épaulettes de Capitaine en 1794. Puis, c'est avec l'armée de Sambre et Meuse qu'il obtient ses galons d'adjudant général chef d'escadron le 31 juillet 1794 après s'être distingué personnellement prés de Louvain capturant notamment un général autrichien. Il est promu adjudant général, chef de brigade le 15 octobre 1794. Il se distingua particulièrement dans la campagne d'Allemagne de 1796, enleva Würzburg et Pforzheim, devint général de brigade le 1er août 1796 à 27 ans, ceinturé de soie bleue.
Ses hommes lui ont donné des surnoms : "l'Infatigable ou l'Infatt " " le Rougeaud " " Michel le Rouge " " le Lion rouge " à cause de sa tignasse. Le bougre est rustique partageant la vie de ses soldats qui l'adoraient. Les charges du corps de hussards qu'il commande en 1797 contribuent aux victoires de Neuwied et de Dierdoff. Quand la guerre reprend en 1798, Ney se rend fameux par un curieux fait d'armes : il s'empare de Mannheim par la ruse, avec seulement 150 hommes ; la ville capitule le 2 mars 1799.
Il est promu général de division le 28 mars 1799 suite à un échange de lettres glaciales avec Bernadotte. Après de nouveaux exploits dans l'armée du Danube, il est investi du commandement provisoire de l'armée du Rhin. Il sert sous les ordres de Lecourbe(qui découvre sa susceptibilité épidermique servie par une plume sans équivoque) quand il apprend le coup d'état du 18-Brumaire. Républicain convaincu, il ne s'en réjouit pas mais fait néanmoins acte d'adhésion au Consulat. En 1800, sous le commandement de Moreau, il fait à nouveau parler de lui pour sa participation à la bataille d'Hohenlinden, le 3 décembre. Son attaque foudroyante fait 10000 prisonniers,87 bouches à feu tombées entre ses mains, le centre de l'armée autrichienne est anéanti. Moreau comblé, étreint Ney sur le front des troupes qui les ovationnent. Le Premier Consul s'intéresse alors de près à ce général, c'est un tournant de sa carrière. Il le marie à une amie d'Hortense de Beauharnais et le nomme ambassadeur en Suisse en 1802 ; il rallie les cantons suisses à l'Acte de médiation. En 1803, il lui confie le VIème corps d'armée du camp de Boulogne. L'année suivante, il le fait maréchal, il a 35 ans.
Ney n'a pas son pareil pour mener les attaques. Il fait cependant un pauvre stratège et l'Empereur aura toujours soin de le diriger de près. En 1805, Ney se lance en campagne à la tête du VIème corps. A Elchingen (14 octobre 1805), il refoule les Autrichiens vers Ulm(Mack capitule), victoire qui lui vaudra en 1808 le titre ducal. Il marche ensuite sur le Tyrol d'où il chasse l'archiduc Charles. En 1806, il participe à la campagne de Prusse. Présent à Jena, le 14 octobre, il emmène ses divisions à l'assaut des lignes prussiennes. Mais, emporté par son élan, il se retrouve encerclé. Lannes le tire de ce mauvais pas. Le lendemain, Ney prend Erfurt et quelques jours plus tard entame le siège de Magdeburg, siège qui va durer moins de 24 heures.
Il est partout ; à Eylau (8 février 1807) où il arrive en retard sur le champ de bataille, mais contraint les Russes à se replier, à Guttstadt, où il combat 70 000 hommes avec seulement 14 000 soldats, à Friedland le 14 juin 1807, où il attaque l'aile gauche de l'armée ennemie et la jette dans l'Alle. Le maréchal jouit maintenant d'une immense réputation et de l'adoration de ses soldats. De 1808 à 1811, Ney sert en Espagne et au Portugal. Après plusieurs succès, il entame le siège de Villa-Franca. Quand l'armée de Masséna effectue sa retraite, poursuivie par Wellington, il mène les combats d'arrière-gardes, avec les 6 000 hommes qui restent de son corps. Il supporte mal d'être placé hiérarchiquement sous Masséna, de recevoir des instructions d'autres que l'Empereur. Les querelles sont fréquentes. Ney renâcle tant que Napoléon finit par le destituer en mars 1811.
Renvoyé en France, il est chargé de préparer un des corps d'armée(le III Corps) qui va envahir la Russie. Cette campagne sera la plus glorieuse du maréchal. Il bat les Russes à Ostrovno le 25 et 26 juillet 1812. Il participe activement à la prise de Smolensk, où il reçoit une balle dans le cou. Lors de la bataille de Borodino (7 septembre 1812), son attaque de la grande redoute est décisive. Il obtient le titre de prince de la Moskowa et le surnom, par Napoléon, de "Brave des braves". Lors de la retraite, il fait des prodiges. Chargé de l'arrière-garde, harcelé par les ennemis, il parvient miraculeusement à rejoindre Napoléon avant le passage de la Bérézina. Pour sauver 3 000 hommes du désastre, il n'a pas compté les efforts et les sacrifices. Il est l'un des derniers Français à quitter le sol russe.
Les deux années suivantes, Ney est placé à des postes clefs, présent à Lützen (2 mai 1813), à Bautzen (20-21 mai 1813), à Dennewitz (6 septembre 1813), où il est battu par Bernadotte, à Leipzig enfin où il est blessé (16-19 octobre 1813). Après la défaite, il juge que l'ambition de Napoléon est la cause principale du désastre. En avril 1814, il est l'un de ceux qui demandent à l'Empereur d'abdiquer, l'un de ceux qui apportent au tsar la première abdication. Au retour du Roi, Ney lui adresse son allégeance. Louis XVIII lui fait bon accueil et le nomme commandant de la Garde royale et Pair de France. Ney entame une vie de courtisan mais, blessé par la froideur que l'on affecte pour ses origines roturières, finit par se retirer dans ses terres.
Quand la nouvelle du retour de Napoléon atteint Paris, il offre au Roi de ramener l'Empereur "dans une cage de fer". En route, il découvre une France bonapartiste. Quand il rencontre Napoléon, Ney est à nouveau acquis à sa cause. Il prend part à la campagne de Belgique de juin 1815, aux côtés de son ancien maître. A Quatre-Bras (16 juin 1815), ses attaques manquent de vigueur. A Mont Saint-Jean (18 juin), ses charges sont mal organisées, dirigées aux mauvais endroits. Bientôt, Ney semble chercher la mort. Après la défaite, il se présente à la Chambre des Pairs pour tenter de se justifier. Malgré le passeport fourni par Fouché, il refuse de fuir. Réfugié dans un village, il laisse exposé le sabre turc que lui a offert l'Empereur pour son mariage. C'est ainsi qu'il est remarqué et arrêté, le 3 août 1815. Le jury chargé de le juger, composé de maréchaux dont une bonne part a agi comme lui, se déclare incompétent. La Chambre des pairs prend l'affaire en main et décrète la peine capitale (parmi les votants, Chateaubriand).
Quand on le réveille dans sa cellule pour lui lire la sentence, Ney a compris. Il interrompt la longue énumération de ses titres. "Passez. Dites Michel Ney et bientôt un peu de poussières". Le 7 décembre, au lieu de l'exécuter sur la plaine de Grenelle, comme c'est la coutume, on l'emmène sur l'avenue de l'Observatoire, pour éviter les mouvements de foule. Ney refuse le bandeau, tonne "Soldats, droit au cœur !" et tombe, fusillé. La monarchie a fait un exemple. Quatre ans plus tard, elle absoudra les autres maréchaux.
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