Campagne de Belgique
Plan
Contraint à engager une dernière lutte contre l’Europe, Napoléon, secondé par Davout, ministre de la Guerre, a pu, en quelques semaines, porter l’armée active à 200 000 hommes, et former une armée auxiliaire de 222 000. Mais la défense des frontières de l’Est et des Pyrénées, la surveillance de la Vendée, la garde des places fortes ne lui laissent que 124 000 hommes, pour prendre l’offensive en Belgique, où Wellington avec 93 000 hommes autour de Bruxelles, et Blücher avec 117 000 hommes autour de Namur, forment l’avant-garde de la Coalition. La concentration des forces françaises se fait vers la Sambre, avec une promptitude et une précision remarquables (Soult, chef d’état-major général) ; le 15 juin au matin, l’ennemi ignore encore la présence de cette dernière « Grande-Armée », au moment où celle-ci force la Sambre et enlève Charleroi(1). Le corps de Ziethen doit, après un vif engagement à Gilly, abandonner la position de Fleurus.
Le plan de l’Empereur est d’une simplicité puissante. Il s’est jeté entre les Prussiens et les Anglais Il va lancer sa droite (Grouchy commandant la cavalerie, les corps de Gérard et de Vandamme) contre Blücher, sa gauche (Ney, ayant sous ses ordres Reille et Drouet d’Erlon), contre les Anglais ; lui-même avec Lobau et la garde aidera Grouchy à détruire l’armée prussienne ; il se portera ensuite contre les Anglais pour rendre l’action de Ney décisive. Le plan sera suivi dans ses grandes lignes ; mais des défaillances nombreuses dans la direction et l’exécution rendront les succès incomplets et le dénouement désastreux.
OPERATIONS DE LA DROITE : CONTRE LES PRUSSIENS .
La bataille contre les Prussiens (16 juin) ne commence qu’à 3 heures de l’après-midi. Elle est furieuse dans le village de Saint-Amande (Vandamme), et sur le ruisseau de Ligny (Gérard). Napoléon attend vainement l’intervention de Ney auquel il a ordonné de se porter sur les derrières de l’ennemi, ou au moins celle de Drouet d’Erlon (ordre et contre-ordre, marche et retraite) ; le soir seulement il lance sa garde sur les Prussiens, qui se retirent décimés, mais en bon ordre (Blücher blessé). Par suite, le 17, l’Empereur attache Grouchy (avec Gérard et Vandamme) à la poursuite de cette armée vaincue, mais non détruite. Du temps fut perdu, des ordres peu précis donnés, une faute commise, dont les responsabilités sont difficiles à établir. A Gembloux, le 17, à Walhain, le 18, Grouchy perdit la trace de Blücher, qu’il croyait en retraite sur Liège et qui, par Wavre, cherchait à prendre contact avec Wellington.
OPERATIONS DE LA GAUCHE : CONTRE LES ANGLAIS
Chargé, dès le 15, d’occuper les Quatre-Bras, pour empêcher Wellington de s’y établir, Ney a agi mollement et attendu le lendemain. Le 16, il s’y trouve en présence du gros des forces anglaises que Wellington y a jetées en toute hâte. Toute la journée, Reille les attaque désespérément ; Ney ne peut répondre à l’appel de Napoléon. Le corps de Drouet d’Erlon déjà en marche vers Ligny est rappelé aux Quatre-Bras, et reste immobile entre deux batailles. Le soir les Anglais sont encore maîtres de la position. Ils ne se retirèrent que le 17, à l’arrivée de Napoléon, sous un violent orage, et après un court engagement à Genappe. Le soir, l’Empereur s’arrêtait sur les hauteurs de la Belle Alliance, Wellington sur le Mont Saint-Jean.
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