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deco Campagne de France (Janvier - Avril 1814)

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Cette campagne a eu pour théâtre la Champagne, et particulièrement la première des sept crêtes concentriques du bassin parisien, celle qui sépare le terrain tertiaire du terrain crétacé, et court de Fontainebleau à la Fère, par Montereau, Sézanne, Vertus, Epernay, Reims, Berry-au-Bac et Laon.

Trois armées ennemies franchissent le Rhin au début de 1814, marchant sur Paris : 1° l’armée de Bohème - Schwarzenberg - forte de 160 000 hommes, par Bâle et Langres, se dirige vers la vallée de la Seine ; 2° celle de Silésie - Blücher - forte de 60 000 hommes, par Mayence et Nancy, se dirige vers la vallée de l’Aube ; 3° celle du nord - Bernadotte - forte de 100 000 hommes, à travers les Pays-Bas, gagne la vallée de l’Oise. Les vallées intermédiaires de l’Aube et de l’Aisne, seront également utilisées pour relier l’une à l’autre les trois colonnes d’invasion.

En même temps, 80 000 Autrichiens, violant la neutralité de la Suisse - Bubna et Bellegarde - menacent Lyon, que défend Augereau, et 160 000 Anglo-Espagnols - Wellington - franchissent les Pyrénées, poussant devant eux Soult à l’ouest et Suchet à l’est.

Napoléon n’avait guère que 70 000 hommes à opposer aux trois armées convergeant sur Paris. Mais l’armée du nord, s’attardant au siège des places de Belgique, et étant arrêtée dans sa marche par Maison, l’Empereur n’a d’abord affaire qu’à Blücher et Schwarzenberg : il va opposer à l’un Macdonald, Mortier et Marmont sur la Marne, à l’autre Victor et Oudinot sur la Seine ; quant à lui, longeant les crêtes du bassin parisien, il se portera rapidement avec la garde et Ney d’une vallée à l’autre.

Contre Blücher et Schwarzenberg : Ce plan réussit d’abord. Napoléon bat Blücher à Saint-Dizier et à Brienne -27-29 janvier. Il est vaincu, il est vrai, à la Rothière -1er février - par les Autrichiens et les Prussiens réunis, 32 000 hommes contre 100 000 ; mais il se replie sur Troyes et laisse ses adversaires se séparer.

Contre Blücher : Bientôt, en effet, Blücher a repris la vallée de la Marne. Son armée était divisée en quatre corps échelonnés de Chalons à la Ferté-sous-Jouarre, York en avant, vers Château-Thierry, pressant le corps très affaibli de Macdonald, Sacken près de Montmirail, Olsouwief à Champaubert, Blücher à Etoges. De Nogent-sur-Seine, Napoléon fond, par Sézanne, sur la ligne prussienne, avec Marmont, Mortier, Ney. Il la coupe en deux, en mettant en déroute le corps d’Olsouwief à Champaubert - 10 février - culbute Saken le 11 à Montmirail, York le 12 à Château-Thierry, revient sur ses pas et bat encore à Vauchamps le 14, Blücher qui accourait au secours de ses lieutenants. L’armée de Silésie était, en cinq jours, entièrement désorganisée.

Contre Schwarzenberg : Mais Schwarzenberg, au même moment, poussant devant lui, le long de la Seine, Victor et Oudinot, hors d’état de l’arrêter, avait dépassé Montereau, et même atteint Fontainebleau. Napoléon revient de la Marne sur la Seine, par Meaux, Guignes, Mormans où il bat quelques corps isolés, s’empare du pont de Montereau par un brillant combat - 18 février - sans réussir cependant, à couper de leur retraite 15 000 Wurtembergeois qui reviennent, en toute hâte, de Fontainebleau par la rive gauche. Mais, au moins, il a rejeté, en désordre, le gros des forces autrichiennes sur Troyes et Chaumont ; et, en les poursuivant, il bat encore à méry un corps prussien venu de la Marne au secours des Autrichiens.

La poursuite de Blücher : Aussitôt il se lance de nouveau dans la direction de la Marne. Cette fois, Blücher ne l’attend pas : il se replie sur l’Aisne. L’Empereur l’y poursuit ; il va l’écraser sous les murs de Soissons. Mais, au moment de l’atteindre, il apprend que, quelques heures auparavant, Soissons avait capitulé. Blücher était sauvé : c’est la péripétie la plus dramatique de la campagne - 4 mars.

Contre l’armée du nord : Car l’armée du nord, devant laquelle Maison opérait une belle et lente retraite, entrait enfin en scène : c’était devant son avant-garde, sous Bülow et Wintzingerode, que Soissons avait capitulé. Dès lors, Napoléon ne pouvait plus que retarder le dénouement. En vain, il passe l’Aisne à Berry-du-Bac, et déloge encore Blücher de Craonne - 7 mars. Il ne peut forcer, par deux jours de sanglants combats - 9-10 mars - la position de Laon défendue par 100 000 Prussiens et Russes. Il s’en console par un brillant coup de main sur Saint-Priest et les Russes - Reims.

Contre tous les alliés : Mais les trois armées alliées sont maintenant en contact, de la Seine à l’Oise. En quelque endroit que Napoléon porte ses coups, il trouvera l’ennemi en forces. On se bat inutilement le 20 mars, autour d’Arcis-sur-Aube, 20 000 contre 90 000. Les coalisés forment comme un rempart qui s’avance en se resserrant dans la direction de Paris.

Et, pendant que Napoléon, établi à Saint-Dizier, caresse l’espoir chimérique de couper l’ennemi de ses communications avec l’Allemagne, appelle à lui ses corps dispersés, rêve de soulever les populations de la Champagne, de la Lorraine, de faire une guerre révolutionnaire, Marmont et Mortier sont arrêtés à la Fère-Champenoise - 25 mars - se replient sur Paris où rien n’a été organisé pour la résistance et livrent, au nord de la ville, une bataille héroïque - 30 000 hommes contre 170 000 - qui ne sauve et ne pouvait sauver que l’honneur - 30 mars.

Le dénouement : le 31 mars, les souverains alliés entrent dans Paris. Augereau avait capitulé à Lyon le 19 mars ; dès le 12, Bordeaux avait reçu les Anglais et proclamé les Bourbons. Soult, replié sur Toulouse, allait livrer, le 10 avril, une bataille sanglante et indécise, la dernière de la campagne.

Chronologie de la campagne de 1814.

JANVIER

  • 1er janvier
    • Apostrophe de Napoléon contre les députés du Corps législatif.
  • 5 janvier
    • Napoléon confie à Augereau le commandement d’une armée destinée à remonter de Lyon sur le flanc des Coalisés.
  • 9 janvier
    • Partout les Maréchaux reculent. Victor vient d’abandonner la ligne des Vosges.
  • 11 janvier
    • Murat s’allie à l’Autriche.
  • 14 janvier
    • Ney évacue Nancy devant Blücher.
  • 19 janvier
    • Les Coalisés entrent dans Dijon.
  • 23 janvier
    • Napoléon confie la régence à Marie-Louise. Il présente son fils aux officiers de la Garde Nationale qui lui jurent fidélité. Sans le savoir, Napoléon venait d’embrasser pour la dernière fois son épouse et son fils.
  • 24 janvier
    • Napoléon nomme son frère Joseph lieutenant général de l’Empire.
    • Castlereagh rejoint les alliés à Langres. Ils s’accordent pour ramener la France dans ses limites de l’Ancien Régime.
  • 25 janvier
    • Départ de Napoléon pour l’armée.
  • 27 janvier
    • Victoire de Saint Dizier sur les avant gardes de Blücher.
  • 29 janvier
    • Victoire de Brienne sur Blücher.
FEVRIER.
  • 1er février
    • Défaite de La Rothière
  • 2 février
    • Conseils des Alliés à Brienne : Castlereagh et Metternich ne tiennent pas à entrer à Paris avant d’avoir achevé de battre Napoléon. L’armée se sépare pour des raisons de ravitaillement. Blücher marchera sur Châlon et Schwarzenberg sur Troyes.
  • 3 février
    • Ouverture du Congrès de Chatillon entre Caulaincourt (France), Stadion (Autriche), Razoumovski  (Russie), Hardenberg et Castlereagh (Grande Bretagne). Les alliés veulent faire entrer la France dans les limites de 1789.
    • Caulaincourt n’ose négocier sans l’accord de Napoléon.
  • 9 février
    • Le Congrès est interrompu faute de réponse française.
  • 10 février
    • Victoire de Champaubert. Le corps d’Olsuviev est anéanti.
  • 11 février
    • Victoire de Montmirail. Le corps de Sacken subit le même sort.
  • 14 février
    • Victoire de Vauchamps sur Blûcher.
    • Napoléon voudrait donner le coup de grâce mais Oudinot et Victor font une retraite précipitée face à l’offensive  timide de Schwarzenberg.
  • 15 février
    • Napoléon se dirige à marche forcée contre l’armée de Bohème qui s’approche dangereusement de Paris.
    • Wellington emporte la ligne de la Nive.
  • 18 février
    • Victoire de Montereau sur Schwarzenberg.
  • 22 février
    • Conseil de guerre alliés. L’inquiétude y règne.
  • 24 février
    • Napoléon rentre dans Troyes.
  • 26 février
    • Après un nouveau conseil allié tendu, Blücher décide de foncer sur Paris pendant que Schwarzenberg repasse l’Aube.
  • 27 février
    • Wellington bat Soult à Orthez.
MARS
  • 3 mars
    • Capitulation de Soissons.
  • 4 mars
    • Blücher passe l’Aine à Soissons. Napoléon l’apprend et décide de le poursuivre sur Laon.
  • 6 mars
    • Blücher se porte sur Craonne pour déjouer le plan de Napoléon.
    • Macdonald et Oudinot font retraite sur Nogent sur Troyes face à l’armée de Bohème.
  • 7 mars
    • Difficile victoire de Craonne sur Blücher.
  • 8 mars
    • Traité de Chaumont signé entre les 4 alliés sous la pression de Castlereagh. Ce traité préfigure la Sainte Alliance.
  • 9-10 mars
    • Défaite de Laon.
  • 12 mars
    • Capitulation de Bordeaux face à Beresford.
  • 13 mars
    • Victoire de Reims face à Saint Priest.
  • 18 mars
    • Défaite d’Augereau face à Bubna.
  • 19 mars
    • Fin du Congrès de Chatillon. Les alliés rejettent le contre projet proposé par Caulaincourt (retour aux frontières naturelles et participation de la France au congrès organisant la nouvelle Europe).
  • 20 mars
    • Première journée de la bataille d’Arcis sur Aube. Napoléon et ses 17 000 hommes se heurtent à toute l’armée de Bohème soit près de 100 000 hommes. Il doit faire donner la garde pour rétablir la situation.
    • Augereau est battu à Limonest.
  • 21 mars
    • 2e journée de la bataille d’Arcis sur Aube. Napoléon et son armée de 28 000 hommes repassent l’Aube. Schwarzenberg ne peut poursuivre.
  • 23 mars
    • Napoléon arrive à Saint Dizier.
  • 24 mars
    • Conseil de guerre des Alliés à Sommepuis. Après avoir intercepté une dépêche indiquant le plan de Napoléon, ils décident non sans mal de marcher sur Paris.
  • 25 mars
    • Défaite de Marmont et Mortier face à Schwarzenberg.
  • 26 mars
    • Napoléon bat Winzingerode.
    • Maison reprend Gand.
  • 27 mars
    • Napoléon apprend la marche du gros des forces coalisées sur Paris. Malgré cela, il décide de poursuivre son plan.
  • 28 mars
    • Suite aux dépêches alarmantes qu’il reçoit de sa capitale, Napoléon décide de rejoindre Paris.
  • 29 mars
    • Les Alliés sont aux portes de Paris.
    • L’impératrice quitte la ville.
  • 30 mars
    • Bataille de Paris : les Alliés ne progressent que difficilement dans les faubourgs.
  • 31 mars
    • Entrée des Alliés dans Paris.
AVRIL
  • 1er avril
    • Nomination d’un gouvernement provisoire
  • 2  et 3 avril
    • Votes de la déchéance de Napoléon Bonaparte par le Sénat puis le Corps législatif.
  • 4 avril
    • Abdication de Napoléon en faveur de son fils.
  • 5 avril
    • Défection de Marmont.
  • 6 avril
    • Abdication sans condition.

 

 

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