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deco Campagne de Russie 1812.

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La campagne de Russie, où sombra la fortune de Napoléon, eut pour cause des griefs réciproques et multiples. L’attitude de la Russie pendant la cinquième coalition irrita Napoléon ; l’affaire du mariage aigrit les rapports personnels des deux souverains ; la confiscation du grand-duché d’Oldenbourg sur le beau-frère d’Alexandre parut à celui-ci une provocation ; ce qui amena la rupture, ce furent les complications du blocus continental et de la question polonaise. Les préparatifs commencèrent en 1811 des deux parts. Pendant que Napoléon entraînait tous les princes vassaux où vaincus dans sa querelle, le Tsar terminait deux guerres pendantes avec la Suède et la Turquie (traité de Saint-Pétersbourg et de Bucarest, 1812) et rendait ainsi toutes ses forces disponibles.

La campagne commence le 24 juin 1812. Napoléon a mis 640 000 hommes en mouvement pour cette lutte colossale. 200 000 hommes forment le centre et franchiront le Niémen à Kowno - la Garde, Murat, Davout, Oudinot, Ney - à gauche vers Tilsitt, Macdonald au corps duquel sont joints 20 000 Prussiens ; à droite, Eugène avec des Italiens et des Bavarois ; plus à droite, à Grodno, Jérôme, roi de Wesphalie, avec des Polonais, des Westphaliens, des Saxons ; à l’extrême droite, 30 000 Autrichiens partis de Gallicie, sous Schwartzenberg, vers Brezesc ; l’arrière garde sous Victor est entre l’Oder et la Vistule ; la réserve, sous Augereau, entre l’Elbe et l’Oder. Un des graves inconvénients de cette distribution, c’était la faiblesse des ailes, formées presque exclusivement d’étrangers. Les Russes n’ont guère alors plus de 220 000 hommes en ligne, formant deux armées qui gardent les deux voies par lesquelles on pénètre dans le cœur de la Russie. A Wilma se trouve Barclay de Tolly avec 160 000 hommes, couvrant la route de Witepsk et Moscou ; entre Minsk et Bobruisk, Bagration avec 60 000 hommes couvre la route de Mohilew, Smolensk et Moscou.

- Marche en avant - le 24 juin, la grande armée passe le Niémen, le 28 nos troupes occupent Wilna que l’ennemi nous abandonne.

L’Empereur a coupé en deux tronçons l’armée russe. Son premier projet est de déborder et de couper de leurs lignes de retraite Barclay et Bagration. Il se charge du premier : Barclay s’était d’abord replié sur la Dwina, mais devinant le projet de l’ennemi, il remonte la Dwina ; à Ostrowno (26 juillet), Murat n’atteint que son arrière-garde. A Witepsk, il fait mine d’accepter la bataille ; mais se dérobe après une simple escarmouche (28), il court vert Smolensk, pour rejoindre Bagration.

Bagration avait échappé de même à Davout et Jérôme chargés de l’envelopper - démêlés de Davout et de Jérôme : Celui-ci abandonne son commandement - Bagration franchit la Bérézina à Bobruisk ; arrêté par Davout à Mohilew (23 juillet), il va passer le fleuve plus bas à Starai-Bychow, et, de là, gagne Smolensk. Les deux armées russes sont réunies malgré nous.

Napoléon veut alors tenter contre Bagration et Barclay ce qu’il n’a pu faire contre chacun d’eux, les déborder, les tourner, les arrêter sur la route de Moscou, dans l’espace compris entre la Dwina et le Dniepr, « les portes de la Russie ». THIERS - En conséquence, il atteint le Dniepr, le franchit à Orcha, rallie Davout vers Krasnoé et, le 16 août, arrive par la rive gauche devant Smolensk ; s’il s’empare de la ville, son plan réussit. Mais un corps russe la défend toute la journée du 17 et l’évacue la nuit après y avoir mis le feu. Quand les Français peuvent y entrer, l’armée russe a eu le temps d’assurer sa retraite.

Il reste à l’Empereur un dernier espoir. Ney, lancé à la poursuite des Russes, les attaquera en queue ; Junot, les gagnants de vitesse par la rive gauche et franchissant le Dniepr en face de leur avant-garde, les arrêtera en tête. Mais Junot, indécis, malade, exécute mal l’opération ; et à Valoutina les furieuses attaques de Ney - mort de Gudin - et de Murat ne font que retarder d’un jour la retraite qu’on voulait rendre impossible (20 août).

« Le sort en est jeté », Napoléon ira chercher la paix à Moscou. L’armée vaincue entraîne l’armée victorieuse en dévastant le pays. Cependant, elle tente un suprême effort pour sauver la ville sainte : c’est la bataille de la Moscova ou de Borodino (7 septembre).

- Retraite - sur l’entrée des Français à Moscou, le 14 septembre, l’incendie, la funeste irrésolution de l’Empereur, lire THIERS.

Napoléon quitte Moscou le 19 octobre. Il veut d’abord suivre une nouvelle route et gagner Smolensk par Kalouga. Mais Eugène est arrêté à Malo Jaroslawetz par toute l’armée de Kutusof-1- (25 octobre). L’Empereur comprend que de ce côté il lui faudra disputer sa retraite par un combat de chaque jour. Il se détourne au nord et reprend la route déjà suivie et dévastée de Mojaïsk. Là, Kutusof n’est plus en tête, mais en queue, harcelant par ses cosaques - Platof - nos troupes épuisées ; de Wiasma à Smolensk, c’est un combat de chaque jour. Davout est à l’arrière-garde. Le 6 novembre la neige commence à tomber.

A Smolensk (8 novembre), Ney prend le commandement de l’arrière-garde. Napoléon a divisé son armée en quatre corps qui se suivent à une journée de distance. Kutusof s’est de nouveau porté en avant. A Krasnoé, il essaye, en trois journées, d’arrêter successivement Eugène, Davout, Ney ; ce dernier ne parvient à rejoindre l’armée, avec les débris de son corps, qu’en passant la nuit le Dniepr et en faisant un immense détour sur l’autre rive en pays perdu (18-21 novembre).

L’armée passe le Dniepr à Orcha. On connaît alors toute l’horreur de la situation. Serrées de près par Kutusof, nos troupes vont se heurter sur la Bérézina à deux autres armées russes.

La campagne de Russie, qui nous a coûté 300 000 hommes, s’achève par une immense déroute à travers la Lithanie, la Prusse, le Brandebourg, la Saxe.

  • -1- L’opinion publique irritée de ces continuelles retraites, conseillées par Barclay de Tolly, un Allemand avait obligé le Tzar à donner le commandement en chef à Kutusof, un vrai Russe, disposé à la résistance.
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