Campagne d'égypte et de syrie (1798-1801)
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I - De France en Egypte
« L’aile gauche de l’armée d’Angleterre » est formée à Toulon, Genes, Ajaccio, Civita-Vecchia. Elle se compose de 10 000 marins et de 35 0000 hommes, montés sur 500 embarcations, dont 15 vaisseaux de ligne et 15 frégates. Au brillant état-major militaire de Bonaparte, à bord de l’Orient, sont joints des savants, des artistes, des imprimeurs, etc.. qui donnent à cette entreprise son caractère original.
L’expédition, partie de Toulon le 19 mai 1798, rallie les petits corps expéditionnaires et prend Malte sans coup férir (10 juin). Le 1er juillet on débarque à Alexandrie. Le combat s’engage dans les rues, Kléber est blessé ; la ville capitule.
II - Conquête de l’Egypte - Les Pyramides, Aboukir.
1) On se dirige sur le Caire, la flottille par le Nil, l’armée par le désert de Damanhour. Elles se joignent, au bout de quatre pénibles journées, à Ramanieh, où l’on rencontre les premiers Mamelucks. - 10 juillet. Le 13, dans un vif engagement à Chébréiss contre Mourad-Bey, l’armée française se forme pour la première fois en carrés.
Le 21 juillet, bataille des Pyramides. Mourad-Bey a placé son infanterie et son artillerie sur la rive gauche du Nil, à Embabeh, derrière des retranchements improvisés. Les Mamelucks se déploient, au nombre de 15 000, vers les Pyramides.
Bonaparte partage son armée en 5 divisions qui doivent former 5 carrés : à droite, vers le désert, les divisions Desaix et Régnier ; au centre, la division Dugua, avec Bonaparte ; à gauche, le long du Nil, les divisions Menou et Bon. Ces deux dernières divisions doivent, en évitant le canon d’Embabeh, spérer les Mamelucks du camp retranché pendant que la droite et le centre doivent les attaquer de front et les jeter dans le Nil. Mourad-Bey, s’apercevant du danger, se hâte d’attaquer la division Desaix, à peine formée en carré ; mais il est arrêté ar un feu terrible de mousqueterie. Repoussé, il se jette sur le carré de Reynier ; mais accueilli par le même feu il revient sur ses pas : il trouve sur ses derrières la division Dugua que Bonaparte avait portée vers le Nil. A cette vue, le désordre se met parmi les Mamelucks ; ils fuient en tous sens, les uns vers Embabeh, les autres vers les Pyramides. Après ce premier succès, Bonaparte fait attaquer Embabeh par les divisions Menou et Bon qui, après un grand carnage s’en emparent, et jettent dans le Nil la plupart des défenseurs. La victoire est complète ; elle nous a à peine coûté une centaine de morts et de blessés. Le corps d’Ibrahim-Bey, qui formait la réserve sur la rive droite, se retire vers Belbeïs, sur la route de Syrie, après avoir mis le feu aux barques dans lesquelles étaient entassées toutes les richesses de l’armée vaincue.
2) Le Caire fut le prix de cette brillante victoire. Mais au moment où Bonaparte procédait à l’organisation du pays, créait l’Institut d’Egypte, il apprit la destruction de la flotte.
Nelson, chargé de surveiller « l’aile gauche de l’armée d’Angleterre » s’était lancé trop tard à sa poursuite, était arrivé devant Malte après elle, puis l’avait dépassée sans l’apercevoir, avait touché à Alexandrie avant elle, s’était lancé dans la direction du Bosphore, avec l’espoir de l’y rencontrer, et, revenant sur Alexandrie l’avait enfin trouvée embossée devant Aboukir. Il fit audacieusement passé la moitié de son escadre entre la côte et nos vaisseaux qui furent ainsi pris entre deux feux (1er août). Après quinze heures d’un combat acharné, Brueys, quatre fois blessé, était tué et notre flotte anéantie, sauf deux vaisseaux de ligne et deux frégates, formant notre droite, avec lesquels Villeneuve gagna le large.
3) Bonaparte était prisonnier dans sa conquête. Il acheva de soumettre l’Egypte. Kléber, laissé à Alexandrie, réduisait le Delta ; Desaix remontait le Nil à la poursuite de Mourad-Bey, le battait à Sédiman (10 octobre) et visitant la Haute-Egypte en conquérant et en explorateur.
III - Campagne de Syrie
L’Angleterre cependant avait décidé la Turqui à nous déclarer la guerre. Deux armées turques se dirigèrent vers l’Egypte. L’une devait être transportée de Rhodes à Aboukir, sous la protection d’une flotte anglaise ; l’autre, gagner l’Egypte par l’Asie Mineure et la Syrie, Bonaparte profité de l’hiver pour aller à la rencontre de celle-ci, avec 12 000 hommes environ. - Régnier, Lannes, Kléber, Bon, Junot, la cavalerie de Murat et un régiment de dromadaires. - Desaix - le Sultan juste gardait l’Egypte.
El-Arisch, Gaza, Jaffa furent enlevés au pas de course (17 février - 3 mars 1799). Mais Saint-Jean d’Acre, défendu par Achmet-Pacha, surnommé Djezzar, c’est à dire l’égorgeur, fortifié par l’émigré Phélippeaux, protége par l’escadre anglaise de Sydney-Smith, arrêta les Français du 20 mars au 10 mai. Pendant ce temps, 25 000 Turcs franchissaient le Jourdain au pont d’Iacoub. Junot n’ayant que 500 hommes, recule devant eux, après leur avoir livré un brillant combat à Nazareth (8 avril) et se replie sur Kléber en avant du village de Fouli, au pied de mont Thabor.
Le 16 avril, Kléber se décide à attaquer l’armée turque, dont l’infanterie &15 000 hommes) se déploie dans la plaine. Kléber avait à peine 3 000 fantassins formés en carrés. C’est en vain que toute la cavalerie ennemie s’élance sur nos carrés ; nos soldats la reçoivent à bout protant par un feu terrible ; bientôt ils eurent formé autour d’eux un rempart d’hommes et de chevaux à l’abri duquel ils purent résister 6 heures. Heureusement Bonaparte débouche du mont Thabor avec la division Bon qu’il partage en 2 carrés qui s’avancent de manière à former un triangle équilatéral avec la division Kléber , mettant ainsi l’ennemi au milieu d’eux. Bientôt un feu épouvantable, partant des 3 extrémités de ce triangle, assaillit la cavalerie turque, la fit tourbillonner sur elle-même et fuir en désordre dans toutes les directions. Alors la division Kléber enlève à la baïonnette le village de Fouli, et fait un immense carnage de l’ennemi.
Bonaparte revient devant Saint-Jean-d’Acre, mais, après deux nouveaux assauts infructueux, il faut renoncer à prendre la ville. L’armée, réduite à 9 000 hommes, bat en retraite, traînant la peste après elle (mai-juin).
A peine rentré en Egypte, Bonaparte se porte sur Aboukir, rallie Marmont, et, à Aboukir, jette littéralement à la mer la seconde armée turque, forte de 18 000 hommes (25 juillet).
C’est alors qu’à la lecture des nouvelles de France, il se décide à s’embarquer (22 août), laissant à Kléber le commandement de l’armée.
IV - Fin de l’expédition
Kléber, devant le sentiment général peu favorable à l’occupation, entre en pourpalers avec Sydney-Smith pour l’évacuation ; mais l’amiral Keith refuse de reconnaître la convention d’El-Arisch. Kléber, indigné, rompt tous les pourparlers : avec 15 000 hommes, il marche contre le Grand-Vizir dont les 80 000 hommes furent battus et dispersés à Héliopolis (20 mars), écrase une insurrection au Caire, et se trouve plus que jamais le maître du pays. Malheureusement, il est assassiné le 14 juin par un fanatique.
L’incapable Menou, qui lui succède, est battu à Canope par l’Anglais Abbercromby (21 mars 1801) ; son lieutenant Belliard capitule au Caire (25 juin) ; lui même capitule à Alexandrie, à la condition que les troupes seraient rapatriées (31 août 1801).
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