Campagne des Pyrénées 1793-1795
L’Espagne, qui d’abord avait observé envers la Révolution une neutralité prudente, se laissa, après la mort de Louis XVI, entraîner dans la 1ère coalition ; elle espérait pouvoir réoccuper ses anciennes provinces.
Le 7 mars 1793, la Convention lui déclara la guerre qui eut pour théâtre les Pyrénées Orientales et les Pyrénées Occidentales. L’attaque principale se porta sur les premières, parce que de ce côté l’Espagne avait une base plus solide en places fortes et qu’elle comptait sur le soulèvement des royalistes du Midi.
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I. PYRENEES ORIENTALES
1. En 17893 - Deux vallées principales, celle du Tech et celle de la Têt, séparées par les Aspres et débouchant toutes deux vers Perpignan, forment les deux premières lignes de défense de la France. Elles étaient faiblement gardées, car l’armée de Perpignan, sous les ordres de Servan, ne comptait guère que 8 000 hommes dont 6 000 gardaient les places ou les forts, en sorte qu’il restait à peine 2 000 hommes pour tenir la campagne et garder la frontière de Mont-Louis à la Méditerranée.
Le général espagnol, Ricardos, dont le quartier général était à Figueras, instruit de notre faiblesse, résolut de prendre une offensive hardie.
A la tête de 24 000 hommes, il franchit rapidement le col de Portell - 15 avril - masque les forts Bellegarde et les Bains et s’avance jusqu’à Céret en battant les différents détachements envoyés pour l’arrêter. Malgré ses succès, il n’ose se porter sur Perpignan, laissant ainsi aux Français le temps de se reconnaître.
Le général Servan, envoyé aux Pyrénées Occidentales, est remplacé par le général de Flers qui, ralliant les débris des troupes françaises, s’établit en avant de Perpignan dans une position dite le Mas d’Eu.
Le 19 mai, Ricardos avec 18 000 hommes attaque le camp français. Malgré notre infériorité, 6 500 hommes, le combat fut des plus opiniâtres, et les Espagnols se retiraient déjà sur le Boulou, quand une panique inexplicable entraîne nos soldats en désordre vers Perpignan. La garnison effrayée ferme les portes et tire sur les fuyards qu’elle prend pour des Espagnols. Heureusement, Ricardos n’apprend que le lendemain cette déroute qui lui aurait peut-être permis de forcer les portes des forts Bellegarde et les Bains qu’il n’avait fait que masquer ; il s’en empare vers la fin de juin, et se porte rapidement sur le camp que les Français avaient établi sous Perpignan.
Il l’attaque le 17 juillet avec 22 000 hommes. Les Français bien inférieurs en nombre (12 000 hommes), mais commandés par l’intrépide de Flers et le brave général Dagobert, les culbutent et les forcent à se replier sur le Mas d’Eu. Après ce succès, Dagobert avec 3 000 hommes est envoyé en Cerdagne d’où il chasse les Espagnols. Ricardos, pour prendre sa revanche, résolut de traverser la Têt, fort au-dessus de Perpignan, de manière à tourner cette ville par le nord (Rivesaltes, Peyrestortes, Vernet) et à forcer notre armée à l’abandonner. Sans se préoccuper de Dagobert qui pouvait menacer sa gauche, il s’empare de Villefranche (sur la Têt), mais échoue dans son attaque sur Perpignan.
Rappelé de la Cerdagne et nommé général en chef, le brave Dagobert essaye de prendre l’offensive contre les Espagnols retranchés au camp du Mas d’Eu ; mais il est repoussé au sanglant combat de Trouillas (22 septembre), et notre armée, refoulée de nouveau sur Perpignan, est exposée à perdre l’importante ligne de la Têt.
Mais Ricardos, après son succès, apprenant que l’armée française venait d’être renforcée de 15 000 hommes, rétrograde vers le Tech pour s’établir au camp du Boulou. Malgré les renforts, l’armée française est en pleine désorganisation ; au général Dagobert succède le général Turreau, à celui-ci le général Dappet. Ricardos profita de ces circonstances pour nous battre à Céret, à Villalongue. Il s’empare en outre de Collioure, de Port-Vendres, de Saint-Elme et prit enfin ses quartiers d’hiver sur les bords du Tech, au camp de Boulou.
Les Français campent autour de Perpignan et sur les rives de la Têt.
2. En 1794 - Après les défaites de 1793, le Comité du Salut Public dirigea sur les Pyrénées Orientales la moitié de l’armée de Toulou sous les ordres de Dugommier, qui rétablit la discipline et eut bientôt sous la main une armée de 35 000 hommes aguerris.
Il résolut d’attaquer dans leur camp de Boulon les Espagnols commandés, depuis la mort de l’habile Ricardos, par le compte de la Union, excellent soldat, mais chef médiocre.
L’attaque eut lieu le 1er mai 1794 ; portant son lieutenant Pérignon sur les derrières des Espagnols pour leur couper la grande route de Bellegarde au col de Perthus, il les attaque de front, les repousse en désordre sur la route étroite et difficile qui passe par le col de Portell.
Après ce succès, il s’empare de Collioure, de Port-Vendres, de Saint-Elme, de Bellegarde et projette de porter la guerre sur le territoire espagnol. La Union avait eu le temps de se retrancher sur la Montagne Noire, dans une position formidable protégée par 97 redoutes armées de 250 bouches à feu.
Le 17 novembre, Dugommier attaque les lignes ennemies ; tué dès le commencement de l’action, il est remplacé par son lieutenant Pérignon qui, le 20, met les Espagnols en pleine déroute.
3. En 1795 - La marche victorieuse des Français et la mort de la Union déterminent la retraite précipitée des Espagnols sur Girone. Figueras, assiégé, capitule le 25 novembre, et Rosas, le 3 février 1795.
La Catalogne est ouverte à l’invasion.
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II. PYRENEES OCCIDENTALES
1. En 1793 - Après une première rencontre sur la Bidassoa, où les Français éprouvèrent un échec, les deux armées se tinrent sur la défensive en se contentant de se retrancher des deux côtés.
2. En 1794 - Mais les Français prennent l’offensive dans la campagne de 1794.
Moncey, placé sous les ordres de Müller, s’empare de Fontarabie (31 juillet), Saint-Sébastien (4 août), Tolosa (9 août) et de toute province de Guipuscoa. Devenu général en chef, il franchit les montagnes et se porte jusqu’aux portes de Pampelune ; cependant, croyant sa position trop hasardée, il rentre dans le Guipuscoa.
3. En 1795 - Renforcé par des troupes venues de Vendée, Moncey occupe toutes les provinces |