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deco Deuxième coalition (Europe centrale - 1799 - 1801)

carte Carte

deco I - PRELIMINAIRES

1. La coalition

La seconde coalition eut pour cause principale la politique envahissante et les empiétements du Directoire qui, en 1797 et 1798, annexait Montbéliard et Mulhouse, qui créait, à l’image de la République française, les Républiques Soeurs (Républiques batave, helvétique, romaine, parthénopéenne), qui, enfin au Congrès de Rastadt, bouleversait la vieille Allemagne. D’autre part, l’Angleterre, restée seule en armes contre nous, depuis Campo-Formio, s’effrayait des succès de Bonaparte en Orient et cherchait à réveiller les haines de l’Europe contre la Révolution. Elle fut l’organisatrice de la coalition. Elle y rallia sans peine la Turquie, à cause de l’expédition d’Egypte, et les Bourbons de Naples qui avaient été obligés de se réfugier en Sicile.

L’Autriche y adhéra dans l’espoir de réparer ses revers précédents. La Prusse resta neutre ; mais la Russie s’engageait et voulait, cette fois, jouer en Occident un rôle plus actif qu’en 1793. Paul 1er, plein de haine pour la Révolution, promettait 100.000 hommes et envoyait un général d’une saisissante originalité, Souvorof. La fureur de l’Europe monarchique contre la France était d’ailleurs plus grande qu’au temps de la Convention (assassinat des plénipotentiaires français à Rastadt, peu après le commencement de la guerre, avril 1799).

2. Les forces

Les ennemis lançaient sur la France 300.000 hommes. Le gros de leurs forces, c’étaient 70.000 Autrichiens sous l’archiduc Charles, sur le Rhin moyen, et 80.000 Austro-Russes (Khorsakof et Hotze) en Suisse ; les ailes de la coalition étaient formées par 40 000 Anglo-Russes (duc d’York) en Hollande, et 40.000 Autro-Italiens en Italie (Kray).

A ces forces, le Directoire ne put opposer que 170 000 hommes (loi de conscription, 1798) ; il commet la faute de les disséminer en cinq armées et d’étendre sa ligne de défense d’Amsterdam à Messine. Brune courvrira la Hollande ; Jourdan, le Rhin ; Masséna, la Suisse ; Schérer, le Nord de l’Italie ; Macdonald, Naples.

3. Division

La lutte durera deux ans. Les opérations de 1799 (sous le Directoire) sont mêlées de désastres (sur le Rhin, en Italie) et de succès éclatants (en Suisse, en Hollande). Celles de 1800 (sous le Consulat) comprennent les deux brillantes campagnes de Bonaparte en Italie et de Moreau en Bavière.

deco II - OPERATIONS DE 1799

1. Revers sur le Rhin

Jourdan est battu à Stokach (mars) et repasse le Rhin à Strasbourg. Heureusement, au lieu de le poursuivre, l’archiduc Charles se rabat sur la Suisse.

2. Revers en Italie

Là, les armées du Directoire perdent, par une série de défaites, toutes leurs lignes de défense, Schérer est battu par Kray sur l’Adige à Magnano (5 avril), Moreau à Cassano, sur l’Adda, par Souvorof (avril). Puis Souvorof arrête, dans une sanglante lutte de trois jours, sur la Trébie. Macdonald accouru de Naples (17-19 juin). Celui-ci peut cependant, par une marche pénible à travers l’Annenin, rejoindre l’armée du nord. Joubert, qui vient prendre le commandement de nos forces réunies, est vaincu et tué à Novi (15 août) par Souvorof. Au mois de novembre, Championnet, qui essaye de reformer avec ces débris une armée, est encore vaincu à Génola, par Mélas. A la fin de l’année, les Français sont rejeté sur le littoral ligurien, comme au début de la glorieuse campagne de 1796.

3. Succès en Suisse

L’admirable campagne de Masséna en Suisse forme comme une saillie vigoureuse entre nos revers dans les vallées du Rhin et du Pô.

4. Succès en Hollande

Brune, opposé avec 17 000 hommes à 40 000 Anglais et Russes, profite de leurs discordes et de leur dispersion, les bat à Bergen et à Castricum (septembre), les bloque sur une étroite chaussée et leur impose l’évacuation de la Hollande par la capitulation d’Alkmaar (18 octobre). Quand Bonaparte revint d’Egypte, le Directoire occupait encore ses positions avancées du Nord et du Centre ; mais il était menacé sur le Rhin et aux Alpes.

deco III - CAMPAGNE DE 1800

Au début de cette année, le terrain de la lutte se restreint. Paul 1er a rappelé ses troupes, accusant ses alliés de l’avoir trahi. L’Angleterre réserve tous ses efforts pour la guerre maritime. C’est sur l’Autriche que retombe tout le poids de la guerre continentale. Le Premier Consul, reprenant le plan classique de la marche sur Vienne par le Danube et par le Pô, confie à Moreau les opérations en Bavière et se réserve de reparaître sur le théâtre de ses premières victoires en Italie. La lutte comprend trois phases.

1. Sur le haut Danube

Moreau, opposé à Kray, conduit cette opération avec sa sûreté ordinaire, à la tête d’un état-major dévoué et d’une armée qui garde encore l’esprit de la Révolution. Par une marche oblique du Rhin supérieur au Danube supérieur, il fait tomber le camp retranché d’Ulm, puis signe l’armistice de parsdorf (avril-juin).

2. En Italie

Bonaparte entre alors en scène. Il joue toute la partie sur un coup de guerre et de hasard : prendre à revers les forces autrichiennes qui, sous Mélas, assiégeaient Masséna dans Gênes et, sous Ott, poursuivaient Suchet sur le haut Var. Il trompe l’opinion par une diversion apparente sur la Suisse (camp de réserve de Dijon) ; il masse ses troupes en arc de cercle autour des Alpes, qu’il passe lui même au Grand Saint-Bernard (20 mai), pendant que Thureau et Moncey les franchissent par le Mont-Cenis et le Saint-Gothard. (Episode du fort de Bard, combat d’avant-garde de Lannes à la Chiusella). Une marche convergente porte l’armée française à Milan, puis sur le Pô, entre Plaisance et la Stradella. Bientôt des Autrichiens qui viennent de se concentrer (11 juin). Les deux armées se rencontrent dans la plaine d’Alexandrie à Marengo (14 juin). Par cette seule journée hasardeuse et éclatante, l’Italie est reconquise jusqu’au Mincio (capitulation d’Alexandrie, 15 juin).

3. En Bavière

Les négociations avec l’Autriche n’ayant pas abouti, Moreau reprend la marche sur Vienne et remporte, sur l’archiduc Jean, la belle victoire de Hohenlinden (3 décembre), suivie de l’armistice de Steyer, puis de la paix de Lunéville (février 1801) qui renouvelle et étend les concessions de Campo-Formio. L’Angleterre seule reste en armes.

 

 

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