Les Maréchaux d'Empire / The Marshals of Empire<
Grandes figures certes, nobles figures? on peut se montrer plus réservé à quelques exceptions près, chacun conservant sa liberté d'opinion sur les maréchaux qui lui semblent mériter un jugement favorable.
Cet article n'est d'ailleurs qu'une compilation d'éléments disparates recueillis au fil de lectures souvent lointaines; des erreurs imputables au rédacteur plus qu'à ses sources s'y sont certainement glissées. Les lecteurs sont donc priés de n'y voir que des éléments statistiques. pour une éventuelle réflexion personnelle, et tout additif ou rectifica-tif sera favorablement accueilli.
Il convient de rappeler, à titre liminaire, que le maréchalat ne corres-pond pas à un grade mais à une dignité; c'est également une distinc-tion dans l'armée, la seule avec celle de "soldat de lère classe".
Napoléon I a élevé à cette dignité vingt-six maréchaux, dont un polo-nais, Joseph, Prince PONIATOWSKI, et ceci en sept promotions.
Un premier tableau énumérera donc ces promotions, étant précisé que lors de la première, le 19 Mai 1804, quatre hommes furent distingués parce qu'ils avaient commandé en chef, KELLERMANN, LEFEBVRE, PERIGNON et SERURIER; peut-être peut-on dire qu'ils furent maré-chaux honoris causa. A titre corollaire, il a semblé intéressant d'indi-quer, après un classement par date de naissance, l'âge auquel les vingt-six maréchaux accédèrent au maréchalat, ainsi que leur longé-vité et leur destin.
Il a paru utile également, au regard d'une idée reçue, de définir dans une deuxième partie l'origine sociale des maréchaux, avec en complément leur provenance géographique, et d'ajouter quelques jugements de divers auteurs à leur propos.
Les titres nobiliaires que tous reçurent, sauf BRUNE et JOURDAN (et bien entendu le Prince Polonais PONIATOWSKI), ont été ensuite rappelés.
Une quatrième division devrait permettre aux figurinistes de raviver leurs souvenirs sur les uniformes spéciaux que portèrent certains maréchaux et il a été indiqué en appendice la plupart des décorations qui furent décernées à certains d'entre eux.
Là encore, il eut été impudent de prétendre apporter des éléments nouveaux à un collectionneur; en revanche, il a semblé constructif de tenter de déterminer la situation des futurs maréchaux au moment de la Révolution Française, ne serait ce, au-delà de toute considéra-tion intellectuelle, que pour ouvrir la voie à la réalisation de figurines originales et pour servir de conclusion à cet article avec un retour dans le passé d'hommes au destin hors du commun.
I - LES SEPT PROMOTIONS DE MARECHAUX.
Le plus jeune Maréchal a été DAVOUT à 34 ans.
Viennent ensuite LANNES, MARMONT, NEY et SOULT à 35 ans, MORTIER à 36 ans, MURAT et BESSIERES à 37 ans.
BERNADOTTE, BRUNE et SUCHET ont été Maréchaux à 41 ans, JOURDAN, OUDINOT et PERRIN à 42 ans, MAC-DONALD à 43 ans, AUGEREAU et MASSENA à 46 ans, GOUVION SAINT CYR et GROUCHY à 48 ans, LEFEBVRE à 49 ans.
A 50 ans ont été nommés BERTHIER, MONCEY, PERIGNON et PONIATOWSKI, SERURIER a été nommé à 61 ans et KELLERMANN à 69 ans.
Selon SIX, BERNADOTTE et GOUVION SAINT CYR moururent d'apo-plexie, AUGEREAU, DAVOUT et MASSENA de maladie pulmonaire.
Certains connurent une belle longévité : MONCEY mourut à 87 ans, KELLERMANN à 85, SOULT à 82 ans, BERNADOTTE à 81, GROUCHY et OUDINOT à 80. MARMONT fut le survivant des Maréchaux d'Empire, il mourut à 87 ans, quelques mois après que le Prince-Président fut devenu Napoléon III.
Huit eurent une fin tragique.
Trois moururent au combat, LANNES mortellement blessé par un boulet le 22 Mai 1809 à Essling, BESSIERES tué net, lui aussi par un boulet, le ler Mai 1813 à Rippach, et PONIATOWSKI, atteint de deux balles et noyé dans l'Elster le 19 Octobre 1813, trois jours après avoir reçu son bâton de Maréchal.
Deux furent fusillés, MURAT le 13 Octobre 1815 au Pirro, par ses anciens sujets Napolitains, NEY le 7 Décembre 1815 par un peloton d'exécution de soldats français.
BRUNE et MORTIER furent assassinés. Le premier, bourgeois devenu sans-culotte, périt à Avignon, lynché par la populace le 2 Août 1815 et son cadavre jeté au Rhône fut longuement criblé de balles. MOR-TIER fut tué par la machine infernale de FIESCHI le 28 Juillet 1835 lors de l'attentat contre Louis-Philippe.
La mort de BERTHIER, le ler Juin 1815, n'a jamais été pleinement élucidée; il tomba d'une fenêtre de son palais de BAMBERG, acci-dent ? suicide ? Certains pensent qu'il fut jeté dans le vide par une bande de mystérieux agresseurs.
On se souvient de LEFEBVRE disant de son fils "Coco" qui devait décéder comme Général des suites de blessures reçues à Vilna "J'ai peur qu'il ne meure pas bien". Ces Maréchaux d'Empire surent bien mourir.
II - ORIGINE SOCIALE ET GEOGRAPHIQUE DES MARECHAUX
a) Leurs origines sociales
Certaines ne sont pas nettement établies, mais l'on doit souligner que les Maréchaux du Premier Empire n'étaient pas uniquement des sabreurs de basse extraction comme on le croit trop souvent.
- NOBLESSE : 9- BERTHIER, DAVOUT, GROUCHY, MAC-DONALD, MARMONT, MONCEY, PERIGNON, SERURIER, PONIATOWSKI.
- MAGISTRATURE : 5- BERNADOTTE, BRUNE, KELLERMANN, SOULT, VICTOR.
- BOURGEOISIE : 7- BESSIERES, GOUVION (?), JOURDAN, MASSENA, MORTIER, OUDINOT, SUCHET
- PAYSANS ou ARTISANS : 4- LANNES, LEFEBVRE, MURAT, NEY
- OUVRIER ou DOMESTIQUE : 1- AUGEREAU
En schématisant on peut distinguer cinq zones, la Pologne de PONIATOWSKI mise à part.
- L'ILE DE FRANCE : 4- AUGEREAU, BERTHIER, GROUCHY, MARMONT
- LA GASCOGNE et LE SUD : 8- BERNADOTTE, BESSIERES, BRUNE, LANNES, MASSENA, MURAT, PERIGNON, SOULT
- LES ALSACIENS-LORRAINS et L'EST : 8- GOUVION, KELLER-MANN, LEFEBVRE, MONCEY, NEY, OUDINOT, SERURIER, VICTOR
- LE CENTRE (?) : 4- DAVOUT, JOURDAN, MAC-DONALD, SUCHET
- LE NORD : 1- MORTIER
On trouvera ci-après, pour les curieux, un tableau plus détaillé des origines sociales et géographiques, avec quelques imprécisions imputables à une documentation insuffisamment approfondie.
"Les déprédateurs intrépides"
C'est ainsi que Napoléon baptisa BRUNE mais le vocable convient parfaitement à bien d'autres. CHARDIGNY, dans son précieux "Maréchaux de Napoléon", évoque également ce maréchal: "Ses soldats, honnêtes le jour, volaient à la brune...".
Chacun connaît les fourgons d'AUGEREAU, mais le brigand savait se montrer grand seigneur avec ses camarades, tandis que MASSENA, tout aussi rapace fut d'une sordide avarice, "Voleur comme une pie, toujours de moitié avec les fournisseurs..." selon LUCAS-DUBRETON. "Il en avait tellement pris l'habitude qu'il ne pouvait s'empêcher de piller" (Napoléon).
MARMONT, BERNADOTTE n'eurent rien à leur envier, pas plus que LANNES ou SOULT "le plus pillard d'entre eux" selon Napoleon. Que dire de VICTOR... qui était déjà un nom d'emprunt, duc de Bellune donc naturellement surnommé Belle-Lune par ses troupiers, mais aussi Grippe-Soleil car rien de ce qui brillait n'échappait à son avidité.
Certains toutefois furent honnêtes, BESSIERES qui était une belle âme, JOURDAN, SUCHET, MAC DONALD, SERURIER.
Ayant évoqué les sobriquets de PERRIN, dit VICTOR, on peut citer ici quelques surnoms et d'autres jugements sur les Maréchaux.
- LANNES, "le Roland de l'armée",
- PONIATOWSKI, "le Bayard Polonais",
- NEY, "Le Rougeaud", "le brave des braves" (Napoléon précisait "le plus brave des hommes, là se bornent toutes ses facultés"),
- MASSENA, "l'enfant chéri de la victoire" (Napoléon ajoutait "un homme très supérieur, surtout au feu"),
- BERNADOTTE, "le Sergent belle-jambe",
- MARMONT, "Monsieur de cul fier",
- GOUVION SAINT-CYR, "le hibou",
- MORTIER, "1e soupeur", car, en 1815, il partageait ses diners entre Napoléon et Louis XVIII,
- OUDINOT, "le père des grenadiers",
- SERURIER, "la vierge d'Italie" (à cause de son désintéressement).
Napoléon, qui fut un homme de style, eut souvent des mots cruels envers eux. A tout seigneur, tout honneur, son major-général supporta plus que des algarades, n'eut été qu'en raison de ses liens avec la grosse Visconti. L'Empereur devait d'ailleurs dire de BERTHIER, ce petit bonhomme qui se rongeait les ongles "un oison dont j'ai fait une espèce d'aigle...".
On trouve dans le Mémorial quelques jugements lapidaires sur ses cou-sins, où il remet d'un mot à leur juste place deux des plus célèbres, MURAT et NEY, en écrivant "lis n'avaient pas de tête".
On note, en revanche, des appréciations élogieuses sous sa plume envers des méconnus de l'Histoire comme MAC DONALD "d'une grande loyau-té", MONCEY "honnête homme" ou SUCHET "Son caractère et son esprit s'étaient accrus à surprendre" (encore que ce dernier jugement ait un effet boomerang), SOULT, "Premier manœuvrier de l'Europe".
Rares furent ceux qui aimèrent vraiment l'empereur. Dès le 18 Bru-maire, BERNADOTTE, qui le jalousa toujours, AUGEREAU et JOUR-DAN, qui voyaient en lui un jeune loup, étaient prêts à l'arrêter si MURAT et LEFEBVRE, et Lucien dans un autre registre, n'étaient pas intervenus avec l'énergie que l'on sait au Conseil des Cinq Cents.
KELLERMANN, ex-mestre de camp de Colonel-Général, ne pouvait avoir grande considération pour le chat botté de Joséphine et des athées comme LANNES ou OUDINOT admirent mal son action dans le rétablis-sement du culte et le Concordat.
Pour le Général, baron Thiébault, le premier de tous les maréchaux était MASSENA, puis GOUVION SAINT-CYR comme tacticien. Il plaçait en troisième position KELLERMANN en raison de Valmy, puis JOURDAN vainqueur de Wattignies et Fleurus. LANNES, homme d'inspiration venait en cinquième rang, suivi de BERNADOTTE et SUCHET pour la capacité, NEY, la vigueur, MURAT, la vaillance étaient huitième et neuvième. Il eut volontiers ajouté VANDAMME comme dixième.
Il aurait accordé cette dignité à DUMOURIEZ, PICHEGRU et MOREAU s'ils étaient restés bons français, et la refusait (en oubliant MONCEY et PONIATOWSKI) aux autres maréchaux nommés par Napoléon.
Ceux qui en auraient été dignes selon divers avis autorisés
- HOCHE, s'il n'avait été tué en 1797.
- DESAIX, qui "possédait à un degré supérieur l'équilibre" qui pour Napo-léon fait le chef de guerre, s'il n'avait été tué en 1800.
- LASALLE, vil n'avait été tué en 1809, "tout Hussard qui n'est pas mort à trente ans est un jean-foutre".
- ESCORCHES DE SAINTE CROIX, tué en 1810 au Portugal.
- JOUBERT, tué à Novi le 15 Août 1799, "I1 eut pu arriver à une grande renommée" (Napoléon).
- MARCEAU
- CHAMPIONNET, mort à Antibes d'une épidémie le 9 Janvier 1800.
- DUGOMMIER
- KELLERMANN, le fils pour ses services à Marengo.
Ceux qui n'ont pas eu le temps de le devenir sous l'Empire
- CLAUZEL, né en 1772, Chevalier de Saint Louis le ler Juin 1814, Comte le 31 Décembre 1814, Grand Croix de la Légion d'Honneur le 14 Décembre 1815. Il sera maréchal le 30 Juillet 1831.
- MARCHAND, Comte, né en 1765, Chevalier de Saint Louis le ler Juin 1814, Ministre de la Guerre par intérim le 29 Juin 1815, Pair de France le 3 Octobre 1837.
- GERARD, Comte, né en 1773, Chevalier de Saint Louis le ter Juin 1814, Grand Croix de la Légion d'Honneur le 29 Juillet 1814. A la place de GROUCHY, il eut marché sur Waterloo, et la face du monde... Maréchal le 17 Août 1830.
- FOY, ne en 1775, baron puis comte de l'Empire, Chevalier de Saint Louis le 8 Mai 1814, Grand Officier de la Légion d'Honneur le 28 Juillet 1814, termine sa carrière militaire comme Inspecteur Général de l'infanterie.
- LAMARQUE, baron d'Empire, né en 1770, Chevalier de Saint Louis le 27 Juin 1814, commandant en chef de l'Armée de la Loire en Mai 1815, Grand Croix de la Légion d'Honneur le 23 Avril 1831.
Ceux qui auraient pu ne pas l'être
Tous furent de brillants capitaines, de remarquables généraux de brigade ou de division, rares furent ceux de taille à commander en chef un armée.
Ainsi, BERTHIER, Chef d'Etat-Major exemplaire, ne sut qu'être le plus fidèle exécutant des ordres du Maitre.
AUGEREAU "dut tout ce qui suivit à sa magnifique action de Casti-glione"; "SERURIER, homme probe ne fut jamais très inspiré".
Napoléon disait d'ailleurs qu'il est rare et difficile de réunir toutes les qualités nécessaires à un grand général, car chez lui, l'esprit et le talent doit être en équilibre avec le caractère ou le courage. C'est ce qu'il appelait être carré, autant de base que de hauteur. Si le courage, continuait-il, était de beaucoup supérieur, le général entreprenait vicieusement au-delà de ses conceptions (c'est MURAT et NEY) et au contraire, il n'osait pas les accomplir, si son caractère ou son courage demeurait au-dessous de son esprit (AUGEREAU ?).
Il citait alors le Vice-Roi (Eugène), "chez lequel cet équilibre était le seul mérite, et suffisait néanmoins à en faire un homme très distingué".
Ainsi Napoléon ne fut, sans doute, rétrospectivement pas taché que la mort de KLEBER (le même jour que DESAIX) lui ait évité de l'in-clure dans la première promotion de Maréchaux, car "doué du plus grand talent, il n'est que l'homme du moment".
En revanche, il devait écrire: "Chez LANNES, le courage l'emportait d'abord sur l'esprit, mais, chez lui, l'esprit montait chaque jour pour se mettre en équilibre". Il jugeait de même SUCHET et devait dire de MASSENA "il ne possédait, cet équilibre, qu'au milieu du feu,... c'était alors un homme très supérieur".
III - TITRES NOBILLIAIRES DES MARECHAUX
- AUGEREAU Pierre, Duc de Castiglione (titre de victoire), le 26 Avril 1808.
- BERNADOTTE Jean-Baptiste, Duc de Pontecorvo (dans les terres du Pape) le 5 Juin 1806, adopté par Charles XIII de Suède, Roi de Suède et de Norvège le 5 Février 1818 sous le nom de Charles XIV.
- BERTHIER Louis-Alexandre, Prince et Duc souverain de Neufchatel et Valengin le 30 Mars 1806, Prince de Wagram (victoire) le 31 Décembre 1809, Chatelain de Chambord le 15 Septembre 1809, pair de France sous la lère Restauration.
- BESSIERES Jean-Baptiste, Duc d'lstries (Italie) le 28 Mai 1809.
- BRUNE Guillaume, ne fut pas anobli. Etait simplement propriétaire du Château de Saint-Just près de Miry-sur-Seine, nommé pair de France pendant les Cent Jours.
- DAVOUT Louis-Nicolas, Duc d'Auerstadt (victoire) le 2 Juillet 1808, Prince d'Eckmulh (victoire) le 28 Novembre 1809. Chatelain de Bruhl en Prusse le 15 Septembre 1809 et Grand-Duc de Lowicz en Pologne.
- GOUVION Laurent, dit GOUVION SAINT CYR, Comte d'Empire en 1808, Marquis en 1817 sous la Restauration.
- GROUCHY Emmanuel. Après Wagram, Napoléon lui donna le titre de Baron, Comte d'Empire en 1809; son titre de Marquis n'était qu'un titre de courtoisie. Pair aux Cent jours, puis en 1832.
- JOURDAN Jean-Baptiste, ne fut jamais anobli par Napoléon et ne fut pas Duc de Fleurus comme certains le croient; Membre de la Chambre des Pairs le 4 Juin 1815, Louis XVIII le fera Comte en 1816 et pair de France le 6 Mars 1819.
- KELLERMANN François-Christophe, Duc de Walmy (titre de victoire, la seule sur le sol français), en Mai 1808. Chatelain de Johannesburg dans le Duché de Hesse-Nassau en Prusse. Pair de France en 1814 et aux Cent Jours. Confirmé Marquis de Valmy en 1817 par le Roi.
- LANNES Jean, Duc de Montobello (victoire) le 15 Juin 1808. Prince de Sievers en Pologne le 30 Juin 1807, il ne porta ce titre que dans l'administration de cette principauté.
- LEFEBVRE Jean-François, Duc de Dantzig (victoire) le 10 Septembre 1808. Pair de France en 1814, 1815 et 1819
- MAC-DONALD Jacques, Duc de Tarente (Royaume de Naples) le 9 Décembre 1808. Pair de France sous la 1ère Restauration.
- MARMONT Auguste VIESSE de ..., Duc de Raguse (victoire) le 28 Juin 1808. Pair de France en 1814.
- MASSENA André, Duc de Rivoli (victoire) le 24 Avril 1808, Prince d'Essling (victoire) le 31 Janvier 1810. Pair de France aux Cent Jours.
- MONCEY André, Jannot de ..., Duc de Conegliano (Royaume d'Italie) le 2 Juillet 1808. Pair de France en 1819.
- MORTIER Edouard, Duc de Trévise (Royaume d'Italie) le 2 Juillet 1808 Pair de la Restauration, des Cent Jours et de nouveau en 1819, comme LEFEBVRE.
- MURAT Joachim, Prince d'Empire en 1805, Grand-Duc de Berg et de Clève le 25 Mars 1806, Roi de Naples et des Deux-Siciles le 8 Juin 1808.
- NEY Michel, Duc d'Elchingen (victoire) en Mai 1808, Prince de la Moskowa (victoire) le 25 Mars 1813.
- OUDINOT Nicolas, Comte de l'Empire le 2 Juillet 1808, Duc de Reggio (Royaume de Naples) le 14 Avril 1810. Pair de France aux Cent Jours.
- PERIGNON Dominique, Catherine de ..., Comte d'Empire en 1808, pair de France sous la 1° Restauration, Marquis en 1817 sous la deuxième Restauration.
- SERURIER Philibert, Comte d'Empire en 1808, Pair de France à la première Restauration, membre de la Chambre des Pairs pendant les Cent jours.
- SOULT Jean-de-Dieu, Duc de Dalmatie (Royaume d'Italie) le 29 Juin 1808. Pair de France aux Cent Jours.
- SUCHET Louis, Gabriel, Comte de l'Empire le 24 Juin 1808, ~ Duc d'Albufera (victoire) le 11 Janvier 1813. Pair de France en 1819.
- VICTOR Claude-Victor PERRIN, dit ..., Duc de Bellune (Royaume d'Italie) le 10 Septembre 1808. Pair de France en 1815.
IV - QUELQUES RAPPELS D'UNIFORMOLOGIE
Pour ceux, qui très légitimement, hésiteraient à entreprendre le mara-thon que représente la peinture de 26 Maréchaux de la même époque et redouteraient une apparente uniformité il convient de préciser qu'il existe néanmoins une assez grande variété, née du tempérament individualiste de ces chefs de guerre et fidèlement transposée dans la bonne série éditée par Men At Arms.
Ce ne sont pas là figurines de concours, mais elles sont très honnêtes et permettent de reconstituer un groupe satisfaisant, d'autant que tout personnage de la série peut être remplacé au gré du peintre par un autre 54 mm. (sauf MORTIER, évidemment, qui mesurait près de 2 mètres, ce qui à l'échelle exige une figurine de presque 60 mm).
- MORTIER donc peut être représenté en grand uniforme de Colonel Général de l'artillerie et des marins de la Garde
- BERNADOTTE en uniforme de Général Suédois qu'il porta longtemps.
- BESSIERES, fidèle aux cheveux blancs poudrés si utiles contre les coups de sabre et abandonnés à regret par la cavalerie en 1807 sauf dans la Garde, dans sa tenue de Colonel Général Commandant la cavalerie de la Garde Impériale.
- DAVOUT, en Colonel Général des grenadiers de la Garde.
- GOUVION SAINT CYR, au choix dans une des deux tenus données par BUCQUOY, notamment celle de Colonel Général des cuirassiers à partir de 1804.
- GROUCHY, Colonel Général des chasseurs à cheval en 1809, succédant ainsi à MARMONT qui avait été élevé à cette dignité en 1805. (la sabretache de MARMONT est rouge, bordée de deux galons d'or, large à l'extérieur, étroit à l'intérieur, avec deux larges franges or. Au centre, étoile de la Légion d'Honneur argent, à centre or, d'où divergent des rayons d'or).
- LANNES, en Colonel Général des Suisses.
- MONCEY, en Inspecteur Général de la Gendarmerie.
- MURAT, alors là, dans n'importe quelle tenue, ce Frégoli a tout porté. On se souvient de l'apostrophe de l'empereur au matin' de Tilsit "Allez vous mettre en tenue de Général français, vous avez l'air de FRANCONI (écuyer de cirque de l'époque), anecdote citée par Pierre DURANT, de la "Dragonne". BUCQUOY lui consacre une série spéciale.
- NEY en redingote verdâtre ou ocre pâle de la campagne de Russie.
- PONIATOWSKI, dans son uniforme polonais.
- SOULT. en Colonel Général des chasseurs à pied.
Ainsi plus du tiers des Maréchaux peuvent être très personnalisés, la différentiation entre les autres étant très marquée dans la série de Men At Arms déjà citée, puisque SUCHET porte la cape, OUDINOT la redingote, d'autres sont en habit de Cour, ou au contraire en petite tenue.
La plupart des Colonels Généraux venant d'être cités, il convient pour être complet de nommer les Généraux qui portèrent ce titre Eugène de BEAUHARNAIS, aux chasseurs à cheval le ter Juillet 1804, JUNOT aux Hussards le 6 Juillet 1804, BARAGUEY D'HILLIERS le 6 Juin 1804 aux Dragons et NANSOUTY, son successeur le 14 Jan-vier 1813, BELLIARD aux Cuirassiers en 1812.
Les Colonels Généraux venaient au rang du protocole immédiatement après les Grands Dignitaires de l'Empire et sensiblement au même niveau que les Ministres; Grands Officiers de l'Empire, ils avaient le pas sur les Ducs (et sur les Grands Officiers de la Couronne, tel DUROC, Duc du Frioul, Grand Maréchal du Palais, ou CAULAINCOURT, Duc de Vicence, Grand Ecuyer).
A l'occasion de cette digression sur les titres, il convient de souligner que BRUNE et JOURDAN, seuls de tous les Maréchaux Français ne furent pas anoblis, le second qui eut le titre d'Inspecteur Général d'infanterie et de Cavalerie en 1800 fut toutefois nommé Comte, mais par Louis XVIII en 1816.
Parmi les titres spéciaux que portèrent certains, il faut citer celui de Grand Veneur de la Couronne que porta BERTHIER, (entre paren-thèses, le Major-Général fut un des mieux dotés et des plus décorés) et celui de Grand Amiral et de Prince de l'Empire accordé à MURAT le ler Février 1805 avant qu'il ne "passe Roi" selon l'expression des grognards.
Les figurinistes trouveront sans doute que ces quelques notes ne leur sont pas d'un grand secours, mais que dire de sensation-nel sur l'uniformologie des Maréchaux d'Empire... On a vu que BERTHIER était petit, KELLERMANN aussi qui se fardait et appliquait du rose sur ses joues; on connait les lorgnons de DAVOUT, sa calvitie (comme PERIGNON qui s'enorgueillissait d'une grande cicatrice sur son front dégarni) MASSENA était borgne depuis que l'empereur lui avait crevé un oeil à la chasse, mais en 54 mm. cette infirmité ne se traduit pas aisément... On sait que MORTIER était un géant, il faut ajouter qu'il était corpulent, moins que VICTOR toutefois, et que MURAT, BRUNE, AUGÉREAU et BESSIERES étaient également très grands.
Leurs décorations
- Légion d'honneur : Tous
- Ordre de la Couronne de Fer :
- BESSIERES et SERRURIER : grand cordon
- KELLERMAN, GROUCHY, LANNES, OUDINOT, MONCEY, BERTHIER, SUCHET, MURAT
- Ordre Impérial de la Réunion
- Ordre des 3 Toisons (pour mémoire, non portée)
- Ordre de Saint André de Russie
- Ordre de Saint Wladimir de Russie
- Virtuti Militari
- Ordre de Charles III d'Espagne
- Ordre de la Toison d'Or d'Espagne
- Ordre du Christ du Portugal
- MORTIER, NEY, VICTOR, LANNES
- Ordre des Deux Siciles
- Ordre de la Couronne de Saxe
- Ordre de St Henri de Saxe
- BERTHIER, OUDINOT, SUCHET
- Ordre de l'Aigle Noir de Prusse
- Ordre de l'Aigle Rouge de Prusse
- Ordre de la Couronne de Westphalie
- Ordre de St Joseph de Wurzbourg
- Ordre de Hesse
- Ordre de St Hubert de Bavière
- Mérite Militaire de Maximilien-Joseph de Bavière
- Aigle d'Or de Wurtemberg
- Ordre de la Fidélité de Bade
- Ordre de St Etienne de Hongrie
- Ordre des Séraphins de Suède
- Ordre de l'Epée de Suède
- Elephant du Danemark
- Soleil de Perse
V - CE QU'ILS ETAIENT LE 14 JUILLET 1789
La date, bien entendu, a été choisie arbitrairement; le fait historique est mineur, mais il est exemplaire d'une certaine mythologie de l'his-toire car l'impact de cette journée d'émeute qui passa inaperçue de Louis XVI est resté dans la mémoire collective des nations.
Ici encore, les éléments recueillis restent vagues et pourront éventuel-lement faire l'objet de recherches personnelles.
- AUGEREAU: Agé de 31 ans, engagé en 1774 dans Clarke-Cavalerie ex-soldat du Roi de Prusse, ex-sergent des carabiniers du Royaume de Naples. Il est maître d'armes à Naples en 1787 et peut être encore en 1789, à moins qu'il ne fut à Lisbonne.
- BERNADOTTE: Agé de 26 ans. En 1788, il était Sergent-Major de Royal-Marine, le 14 Juillet 1789 il était à Marseille (cf. P.81 de Funcken).
- BERTHIER: Agé de 35 ans. Colonel après les combats sur les bords de l'Ohio avec LAFAYETTE, Chevalier de St Louis, le 14 Juillet 1789 il était Major Général de la Garde Nationale de Versailles.
- BESSIERES: Agé de 20 ans. Etait Capitaine des Grenadiers de la Garde Nationale de Preissac.
- BRUNE: Agé de 26 ans, étudiant en droit, écrivaillon, devait être capitaine de la Garde Nationale de Paris en 1789.
- DAVOUT: ou d'AVOUT, âgé de 19 ans, était en 1789 Sous-lieutenant dans un régiment de cavalerie en garnison à Hesdin (Royal-Champagne ?)
- GOUVION SAINT CYR: Agé de 25 ans, devait être lieutenant de la Garde Nationale a Paris.
- GROUCHY: Agé de 22 ans, Sous-lieutenant de la Compagnie Ecos-saise des Gardes du Corps du Roi le 25 Décembre 1786, réformé en 1787, il ne devait pas être en service.
- JOURDAN: Agé de 27 ans. Avait fait la guerre d'Amérique avec Auxerrois-lnfanterie, mercier à Limoges en 1789, y était Capitaine de Chasseurs de la Garde Nationale à la fin du Mois de Juillet.
- KELLERMANN: Agé de 54 ans, était depuis le 15 Février 1785 Mestre de Camp en second de Colonel-Général Hussards dont le Oestre de Camp propriétaire était le Duc Louis-Philippe d'Orléans.
- LANNES: Agé de 20 ans, devait être apprenti-teinturier.
- LEFEBVRE: Agé de 33 ans, en Juillet 1789, après 16 ans de service, était premier sergent aux Grenadiers des Gardes Françaises.
- MAC-DONALD: Agé de 23 ans, était en 1789 Sous-lieutenant du Régiment d'infanterie Irlandaise de Dillon.
- MARMONT: Agé pratiquement de 15 ans, position ignorée, était Sous-lieutenant de Chartres-lnfanterie en 1790.
- MASSENA: Agé de 31 ans, le Sarde de naissance était Adjudant Sous-officier de Royal Italien en 1784 qu'il quitta en 1789, date précise ignorée pour épouser une fille de médecin.
- MONCEY: Agé de pratiquement 35 ans, était lieutenant au 5ème bataillon de Chasseurs le ler Juin 1788.
- MORTIER Agé de 21 ans, devait être capitaine de la Garde Nationale de Dunkerque.
- MURAT Agé de 22 ans, enrôlé en 1787 au 12ème Chasseurs à Cheval et Maréchal des Logis dans ce régiment en 1789. Fut cassé pour indiscipline et renvoyé de l'armée cette année là. Position ignorée le 14 Juillet.
- NEY: Agé de 20 ans, était Hussard en 1789 du Régiment Colonel-Géné-ral où KELLERMANN était Officier supérieur.
- OUDINOT: Agé de 22 ans, était à Bar-le-Duc, Capitaine d'une Compagnie de cavalerie soldée.
- PERIGNON: Agé de 35 ans, était en Juillet 1789 Lieutenant-Colonel de la Garde Nationale de Montech (Haute-Garonne).
- PERRIN: Agé de 24 ans, était sans doute toujours tambour du régiment d'Artillerie de Grenoble.
- PONIATOWSKI: Agé de 26 ans, ex-Colonel de Dragons de l'armée autrichienne, était Major-général de l'armée polonaise
- SERURIER : Agé de 46 ans, Chevalier de Saint-Louis et Maior de Medoc-Infanterie.
- SOULT: Agé de 20 ans, Caporal de Royal-lnfanterie en 1788.
- SUCHET: Agé de 19 ans, position ignorée, en 1791 sera Sous-lieute-nant de cavalerie dans la Garde Nationale de Lyon.
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