Etats-Unis 1812
La Guerre de 1812
«La guerre de 1812» qui oppose les Etats-Unis et la Grande-Bretagne de juin 1812 à décembre 1814, commence mal pour les Américains mais se termine par un triomphe. Malgré le traité de paix officiel, elle se prolonge en fait jusqu’au printemps 1815. Le théâtre du conflit : la frontière canadienne, la baie de Chesapeake et la côte du Golfe du Mexique.
Après la Révolution américaine, concrétisée par l’indépendance des Etats-Unis (traité de Versailles, 1783), les Britanniques ne s’étaient pas retirés des territoires américains bordant les Grands Lacs. En outre, ils s’étaient montrés réticents à signer des accords commerciaux favorables aux Etats-Unis. Durant la décennie 1790, les politiques maritimes menées par la France et la Grande-Bretagne avaient provoqué plusieurs crises avec les Américains qui devinrent réellement sérieuses après 1803.
Le gouvernement américain estimait que ses droits sur les mers en tant que pays neutre étaient battus en brèche par les deux nations européennes. Les Américains employèrent d’abord des méthodes économiques afin d’infléchir les politiques des Européens. En 1807, l’arraisonnement de la frégate américaine «Chesapeake» par le vaisseau anglais «Leopard» incita le président Thomas Jefferson à demander au Congrès de voter un «Embargo Act» qui interdisait aux navires américains de participer au commerce extérieur. L’embargo échoua mais causa la ruine de la marine marchande.
Certains Américains commencèrent alors à soutenir l’idée d’une déclaration de guerre afin de restaurer l’honneur national. Au sein du Congrès élu en 1810 et réuni en novembre 1811, se trouvait le groupe des Faucons qui regroupaient des Républicains-démocrates (Calhoun, Clay, Grundy), tous favorables à la guerre. Le parti Fédéraliste, qui incluait les armateurs de Nouvelle-Angleterre, s’opposa, lui, à tout conflit. Mais le 18 juin 1812, sous la pression, le président James Madison signa une déclaration de guerre que le Congrès vota, malgré une forte opposition.
Les espoirs américains de s’emparer du Canada s’effondrèrent vite lors de campagnes de 1812 et 1813. Les attaques des Américains, trop désorganisées, échouèrent toutes. A l’Ouest, le général William Hull fut défait par les Anglais à Detroit en août 1812. Sur le front du Niagara, les Britanniques remportèrent la bataille de Queenston Heights en octobre. Dans le même temps, la Grande-Bretagne instaurait un blocus des côtes qui acheva de ruiner la marine américaine et menaça bientôt les finances du pays.
En 1813, les échecs américains se répétèrent, sauf à l’Ouest où les vaisseaux d’Oliver Hazard Perry, en détruisant la flotte britannique sur le Lac Erie le 10 septembre 1813, rendirent aux Américains le contrôle de la région de Detroit. A la suite de cette défaite, les Britanniques durent battre en retraite vers l’est et le 5 octobre 1813, ils étaient vaincus à nouveau par le général William Henry Harrison à Moraviantown. Lors de cette bataille, le grand chef shawnee Tecumseh, allié des Anglais, trouva la mort.
Avec l’arrivée de troupes fraîches et de nouveaux équipements, les Anglais semblaient, en 1814, proches de la victoire finale. Ils attaquèrent sur trois fronts : dans l’Etat de New York, à la Nouvelle-Orleans et dans la baie de Chesapeake pour faire diversion. Après leur victoire à Bladensburg (24 août 1814), ils firent route vers la ville de Washington dont ils détruisirent la plupart des édifices publics. Le président Madison dut se réfugier dans la campagne. Les Anglais, forts de leurs succès, se dirigèrent alors vers Baltimore mais ils se heurtèrent à une résistance inattendue au fort MacHenry. Un épisode qui inspira à Francis Scott Key les paroles du Star-Spangled Banner.
Au nord, environ 10.000 vétérans anglais avancèrent depuis Montrela vers la ville de New York. Ils furent arrêtés le 11 septembre 1814 par le capitaine Thomas Macdonough lors de la bataille navale du Lac Champlain. L’armée anglaise dut battre en retraite vers le Canada.
Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne signèrent alors le traité de Gand (Belgique) le 24 décembre 1814, ratifié par le Sénat américain à l’unanimité le 17 février 1815. Bien que la guerre ait officiellement pris fin, la nouvelle du traité atteignit trop tard les troupes du général Andrew Jackson qui, en janvier 1815, s’emparèrent de La Nouvelle-Orléans, donnant un air final de triomphe aux Etats-Unis.
|