Fleurus - 26 juin 1794
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Les troupes qui opéraient sur la Sambre au mois de mai 1794 (sous Charbonnier et Desjardins) n’étaient qu’une section de l’armée du nord (Pichegru). A trois, elles avaient échoué dans leurs tentatives sur Charleroi, lorsque Carnot les mit sous les ordres de Jourdan (1) , appelé de la Moselle. Ainsi se trouva formée, de 90 000 hommes, l’armée célèbre de Sambre-et-Meuse (fin de mai). Le génie de Carnot avait deviné le terrain et créé l’instrument de la victoire.
Les représentants Saint-Just et Lebas, qui dirigeaient ces opérations avec plus d’énergie que de clairvoyance, jettent pour la quatrième fois les troupes sur la rive gauche de la Sambre. C’est encore un échec. Après une action indécise, le 16 juin, contre le prince d’Orange, Jourdan reprend ses positions sur la rive droite et pousse activement le siège de Charleroi. La reddition de cette ville, dont la capitulation reste secrète, a lieu le 25 juin au soir (2) , au moment même où Cobourg arrive enfin de Tournai pour essayer de forcer le blocus. L’armée française, rendue libre, passe sur la rive gauche de la Sambre et reprend les positions qu’elle avait quittées quelques jours auparavant. Kléber, à gauche, se tient entre la Sambre et Trazégnies ; Morlot, au centre, se tient en avant de Gosselies ; Championnet, Lefèvre et Marceau à droite, s’établissent vers Heppignies, Wagné, Campinaire et Lambusart.
L’armée française forme donc une demi-circonférence appuyée à ses deux extrémités sur la Sambre, et dont le centre est à Charleroi.
Cobourg (3) aborde la ligne française concentriquement sur tous les points à la fois pour nous acculer à la place de Charleroi dont il ignore la reddition : notre gauche recula d’abord à travers le bois de Monceau jusqu’à Marchiennes : mais là, les autrichiens, s’apercevant de al prise de Charleroi, hésitent. Kléber en profite pour les charger et les forcer à reculer.
Morlot, au centre, se replie sur Gosselies, tandis que Championnet doit abandonner Heppignies. Mais Jourdan amène des renforts et fait reprendre ce dernier village.
Pendant ce temps, à droite, vers Wagné et Lambusart, Beaulieu repousse Marceau : une panique se produit dans nos rangs. Mais, à la tête de quelques bataillons, Marceau se maintient dans Lambusart où Lefèvre, venu de Fleurus, vient le soutenir. Le village de Lambusart est devenu le point central et décisif de l’action.
Beaulieu, qui l’a compris, arrive avec une nouvelle colonne ; mais Jourdan fait donner les réserves, et les français, après les plus grands efforts, restent maîtres de Lambusart. Ainsi partout le combat s’est rétabli : la fin du jour approche. Beaulieu, apprenant, lui aussi, la prise de Charleroi, recule, et Cobourg se décide à ordonner une retraite générale sur Bruxelles.
On s’était battu toute la journée sous un soleil brûlant, et, par endroits, au milieu de véritables incendies, les moissons ayant pris feu.
L’armée française, à bout de forces et de munitions ne poursuit pas (4).
 1 : Jourdan arrive des environs de Luxembourg par Arlon Dinant et fait sa jonction avec Desjardins près de Marchiennes.
2 : La prise de Charleroi permet à Jourdan d’utiliser le corps de siège pour la bataille du 26.
3 : Les forces disponibles de Cobourg sont à peu près égales à celles de Jourdan - 80 000 combattants.
4 : En réalité la journée de Fleurus fut une série de combats singuliers entre colonnes françaises et autrichiennes, qui se livrèrent sur une vaste arène de dix lieues.
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