Friedland (14 juin 1807)
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Après le sanglant combat de Heilsberg, Benningsen, dans la nuit du 11 au 12 juin, ordonne la retraite sur Koenigsberg par la rive droite de l’Alle, et le 13 arrive à Friedland. Napoléon s’était dirigé sur Eylau ; mais averti que les Russes veulent passer sur la rive gauche de l’Alle, il ordonne à Lannes, qui formait sa droite, de s’opposer à tout prix au débouché de l’armée russe.
Le 14, à 1 heure du matin, ce dernier arrive à Posthenen et reconnaît que l’ennemi est déjà en force sur la rive gauche de l’Alle, qu’il avait passée sur des ponts jetés en arrière de Friedland.
Lannes avec ses 10 000 hommes, ne pouvant empêcher les Russes de déboucher sur la rive gauche, occupe solidement Posthenen, les bois de Sortlach et l’espace entre Posthenen et Heinrichsdorf, avisant l’Empereur du danger de sa situation.
Dès trois heures de matin Lannes eut à soutenir des combats partiels qui eurent l’heureux résultat de retarder les préparatifs des Russes et de permettre aux renforts de venir le rejoindre.
Vers dix heures, l’arrivée successive de plusieurs divisions lui permet de mettre en ligne 23 000 hommes ; quoique encore bien inférieur en nombres aux Russes, il n’hésite pas à étendre sa gauche, sous Mortier, sur les hauteurs et dans la plaine de Heinrichsdorf, à cheval sur la route de Koeunigsberg. Il établit son centre en avant de Posthenen, et appuie sa droite au bois de Sortlach.
Pour ne pas laisser deviner l’infériorité de ses troupes, il s’était déployé sur une seule ligne(1).
L’armée russe - 30 000 hommes - s’était établie, en avant de Friedland, la droite à l’Alle, la gauche au bois de Sortlach, le dos à la rivière.
Un long combat d’artillerie s’engage qui permet à Napoléon d’amener toute son armée sur le champ de bataille(2) . A quatre heures, l’Empereur commence l’attaque. Pendant que Mortier à gauche doit occuper Heinrichsdorf avec ordre de ne pas avancer et de se tenir sur la défensive, que Lannes doit se tenir au centre, l’Empereur porte son principal effort sur la gauche ennemie qui était séparée du reste de l’armée par le ravin du Mühlen-Fluss, et qui couvrait la ligne de retraite des Russes par les ponts de Friedland.
Ney, sur l’ordre de Napoléon, débouche des bois de Sortlach ; malgré une violente canonnade qui fait un moment hésiter ses troupes ; il se porte en avant avec 2 divisions précédées de la grande batterie de Sénarmmont - 36 pièces - culbute les Russes et s’empare des ponts. En vain la droite russe, qui s’était laisser entraîner vers Heinrichsdorf, par une retraite calculée de Mortier et de Lannes, revient en arrière et essaye de s’ouvrir un passage. Elle est repoussée et jetée dans la rivière. Les Russes s’enfuient dans le plus grand désordre et repassent le Niémen, ayant perdu 25 000 hommes et presque toute leur artillerie. Les Français ont 5 000 tués ou blessés. Les Prussiens évacuent Koenigsberg, nous livrant d’immenses approvisionnements.
1 - Luxembourg avait usé du même stratagème à la bataille de Fleuras. 1er juillet 1690.
2 - Napoléon, voyant les Russes acculés au fond de l’entonnoir forme par le village de Friedland et entouré par une boucle de l’Alle, s’écria : « Non, on ne surprend pas souvent l’ennemi dans une pareille faute ».
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