Hohenlinden - 3 décembre 1800
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Les opérations, suspendues en Allemagne le 15 juillet par l’armistice Parsdorf, reprennent vers la fin de novembre. Moreau occupe le plateau boisé compris entre l’Isar et l’Inn. Il s’établit dans la clairière de Hohenlinden qui communique avec Mattenboet par un étroit défilé.
C’est là qu’il attendra l’attaque des Autrichiens. La gauche française, sous Grenier, Bastoul et Legrand, s’étend de Hohenlinden à Hartofen pour observer les défilés de l’Isen ; au centre, Ney et Grouchy, placés à l’est et au sud de Hohenlinden, doivent défendre la sortie du défilé. A droite, Richepanse, entre Ebersberg et Saint-Christophe, doit déboucher par un sentier sur Mattenooet et tomber sur les derrières de l’ennemi engagé dans la forêt.
L’archiduc Jean, fier d’avoir fait reculer nos troupes à Ampfing (1er décembre), se met à leur poursuite. Le 3, son armée s’avance à travers la forêt en quatre colonnes privées de toutes communications entre elles : à droite, Kienmayer marche sur Isen ; Baillet-Latour sur Burgrain ; au centre, Kolowrath, sur Hohenlinden par Mattenboet ; à gauche Riesch, sur Saint-Christophe. L’archiduc Jean dirige lui-même la colonne de Kolowrath, qui est la plus forte.
La bataille commence à 8 heures du matin. La colonne de Kolowrath, qui avait la meilleure route, débouche la première et attaque le front Ney et Grouchy qui résistent vigoureusement. Pendant ce temps, Richepanse, sans attendre Decaen plus en arrière, part vers Saint-Christophe, y rencontre l’aile gauche autrichienne sous Riesch ; sans se déconcerter, Richepanse laisse une simple brigade faire face à l’ennemi, comptant pour la soutenir sur le secours prochain de Decaen. Pour lui, comprenant l’importance de sa mission, il s’enfonce avec son autre brigade dans le bois.
Arrivé à Mattenboet, il y sabre un régiment de cuirassiers qu’il trouve pied à terre ; laisse un régiment pour faire face à l’arrière-garde autrichienne, et, à la tête de son dernier régiment, se rabat audacieusement, à la suite des Autrichiens, dans le défilé de Mattenboet. Il lutte contre les forces quadruples jusqu’à l’arrivée de sa deuxième brigade.
Moreau voyant paraître un flottement dans les lignes autrichiennes, dit à Ney, dont il a contenu jusque-là la bouillante ardeur : « C’est le moment de charger, Richepanse et Decaen sont sur les derrières des Autrichiens ». Ney prend avec joie l’offensive ; il aborde les Autrichiens de front, Grouchy les attaque de flanc ; pris ainsi entre deux feux, affolés par cette double attaque, les soldats de l’archiduc tourbillonnent et se dispersent à travers les bois. Mais le moment qui avait précédé l’exécution de cette manoeuvre avait plein de périls.
Les colonnes Kienmayer et Baillet-Latour, remontant l’Isen et débouchant à la fois en face de Hartofen et de Preisendorf, avaient repoussé les divisions Legrand, Bastoul et Grenier, qui un moment lâchent pied. Mais par un vigoureux retour offensif, elles reprennent le terrain perdu, et bientôt, soutenues par Ney qui a fini sa besogne dans la forêt, elles enlèvent les hauteurs. Les Autrichiens découragés s’enfuient en désordre vers l’Isen, ayant perdu 20 000 hommes et 87 canons.
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