Marengo
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Marengo (Italie du Nord)
Une victoire de Bonaparte qui avait commencé par une défaite.
Après le brillant combat de Montebello où Lannes ave 8 000 hommes avait culbuté l’avant-garde autrichienne - 20 000 hommes - commandée par Ott, Bonaparte franchit la Scrivia et vient offrir à Mélas la bataille décisive dans le champ clos de Marengo, à peu de distance d’Alexandrie.
Craignant que Mélas ne s’échappât, soit en passant le Pô supérieur pour forcer le Tessin, soit en essayant de ganer Gênes, il détacha Moncey pour garder la ligne du Tessin, et Desaix sur la route de Novi pour l’arrêter de ce côté. Il s’était ainsi affaibli, et n’allait plus avoir que 20 000 hommes à opposer aux 50 000 hommes de Mélas : cela faillit lui coûter cher.
Le 14 juin, au matin, la bataille s’engage. Bonaparte a placé Victor à Marengo, sur les bords du Fontanone, le faisant couvrir sur sa gauche par la cavalerie de Kellermann1 , et en avant par Gardanne qui occupe Pedrabona. Lannes, plus en arrière, près de Castel-Ceriolo, forme la droite de l’armée française, pendant que Desaix, à gauche, vers Rivalta, surveille la route de Novi.
Les Autrichiens, sur trois colonnes, franchissent la Bormida : à gauche, Ott marche sur Castel Célorio pour nous prendre à revers et s’ouvrir la route de Salé.
Au centre, Mélas attaque de front Marengo, pendant que sa droite cherche à nous tourner par Stortigliona et s’avancer sur la route de Tortone.
Gardanne, accablé par le nombre, est rejeté sur Marengo. Pendant 4 heures Victor résiste héroïquement à l’attaque de deux colonnes autrichiennes ; mais à la fin il ne peut les empêcher de traverser le Fontanone et de s’établir entre Marengo et la Barbotta. A notre droite, Lannes, débordé par Ott qui s’est emparé de Castel-Ceriolo, bat en retraite. La situation est des plus critiques - 3 heures.
Bonaparte, pour rétablir le contact, fait avancer sa garde consulaire qui, en se formant en carré2 , permet à nos troupes de battre en retraite en bon ordre vers San-Guilano. Mais elle dut reculer à son tour, et l’ennemi semblait être maître du terrain : déjà Mélas, rentré à Alexandrie, envoie des courriers dans toutes les directions pour annoncer sa victoire, et laisse à Zach, son chef d’Etat-major, le soin de poursuivre les vaincus sur la route de Tortone. Il est 4 heures : Desaix, réparant l’erreur de Bonaparte et marchant au canon, vient d’arriver de Rivalta : « La première bataille est perdue, s’écria t-il, mais nous avons le temps d’en gagner une seconde ».
En même temps, il établit sa division derrière un pli de terrain en avant de San-Guilano, son artillerie, commandée par Marmont, couvrant le front ; à gauche, Victor rallie les débris de son corps pendant qu’à droite Lannes occupe une ligne oblique de S. Guilano vers Castel-Ceriolo. Dès que les colonnes de Zach apparaissent, elles sont foudroyées par notre artillerie, chargées de front par Desaix, et prises de flanc par Lannes et la cavalerie de Kellermann. - Desaix est tué3 - Les Autrichiens, surpris par cette attaque inattendue, se débandent et reculent jusqu’à Marengo dont nos soldats s’emparent, pendant que Ott est obligé de nous abandonner Castel-Ceriolo.
La bataille, perdue à 3 heures, est définitivement gagné à 6.
Le lendemain, Mélas, ayant perdu tout espoir de rouvrir ses communications, conclut la convention d’Alexandrie qui nous rend toute l’Italie septentrionale jusqu’au Mincio.
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