MONTENOTTE - MILLESIMO - DEGO - MONDOVI
(11 au 22 avril 1796)
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A son arrivée à Nice - 27 mars 1796 - Bonaparte trouve l’armée française dénuée de toutes ressources, ne comptant qu’environ 36 000 hommes et 30 canons atteelés ; mais le talent et la bravoure de lieutenants tels que Laharpe, Masséna, Augereau, Sérurier, compensent en partie cette infériorité numérique.
Laharpe est à l’est de Savone, Masséna à Savone, Augereau à Loano, Sérurier à Orméa.
L’armée ennemie, sous Beaulieu, forte de 70 000 hommes et de 200 canons, est échelonnée le long de l’Apennin, entre les sources de la Stura et de la Serivia, et répartie en deux corps principaux. Les Piémontais - 25 000 hommes - sous Colli, au camp de Céva, couvrent Turin ; les Autrichiens - 45 000 hommes - sous Beaulieu, de Dego à Gênes, couvrent Alexandrie.
Les deux corps principaux sont aux extrêmités d’une ligne étendue et coupée par des montagnes, tandis que le centre, formé des troupes de Provera à Millesimo, et d’Argenteau vers Dego, constitue un faible rideau. Bonaparte se propose de percer le centre ennemi et de battre séparément ses deux adversaires, Beaulieu et Colli. Il fait surveiller Colli par Sérurier qui d’Orméa s’avance sur Garessio, et garde sous la main Augereau et Masséna, en face du col de Cadibone. Pour décider Beaulieu à affaiblir son centre, il envoie la brigade Cervon, de la division Laharpe, faire une démonstration sur Gênes. Ce stratagème réussit et Beaulieu se porte sur Gênes et Voltri, afin d’attaquer l’armée française en tête, pendant que son lieutenant Argenteau, débouchant par Montenotte et Altare, la prendra de flanc.
Pour l’exécution de ce plan, Argenteau se porte en avant contre la redoute de Monte-Legino. Mais l’héroïque résistance du colonel Rampon avec la 32e demi-brigade repousse tous les efforts d’Argenteau - 11 avril - et donne à Bonaparte, qui est à Savone, le temps de concentrer ses forces et de frapper un coup décisif.
Le 12 au matin, Laharpe, rejoint par Cervoni qui a rétrogradé, aborde de front le centre autrichien, le contient pendant qu’Augereau et Masséna, le tournant par Cadibone et Montenotte, l’attaquent sur les flancs et les derrières. Argenteau se rejette alors sur Dego - 14 - et s’en emparent, pendant qu’Augereau, se rabattant à gauche sur Provera qui reliait l’armée piémontaise à l’armée autrichienne, le bat à Millesimo et le lendemain le fait prisonnier dans le château de Cossaria où il s’était réfugié avec 1 500 hommes. La séparation entre les Piémontais et les Autrichiens est complète. L’armée autrichienne se retire dans la direction d’Acqui après avoir vainement essayé de reprendre Dego - 15 avril.
Bonaparte, faisant surveiller cette direction par Laharpe, établit à San-Benedetto, se retourne contre Colli qui esst toujours à Céva. Menacé de front par Augereau, de flanc par Sérurier qui a descendu le Tanaro, et bientôt par des renforts qu’amène Masséna, Colli se décide à se retirer sur Mondovi. Sérurier l’atteint dans sa retraite sur Fossano - 22 avril. La route de Turin était ouverte, et le roi de Sardaigne signe - 28 avril - l’armistice de Cherasco qui plus tard - 23 mai - sera suivi d’un traité de paix entre le Piémont et la République.
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