Première Coalition (1792-1797)
1ère Partie : Entre Paris et le Rhin
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I. La première coalition.
Le 20 avril 1792, la France déclara la guerre au roi de Bohème et de Hongrie (Empereur François II). En réalité, pour diverses causes (princes possessionnés d’Alsace, Avignon, rassemblements d’émigrés sur la frontière), on se préparait à la lutte des deux côtés : la Prusse et l’Autriche se concertaient pour l’invasion (déclaration de Pilnitz, juillet 1791, traité de Berlin, février 1792).
La coalition, ébranlée par nos premières victoires, se reforma et s’élargit après la mort de Louis XVI. Avec l’Angleterre et la Russie, presque tous les Etats européens y entrèrent (sauf la Suisse, Venise, la Turquie, le Danemark et la Suède), février 1793.
II. La guerre
Deux armées envahissent la France : elles sont arrêtées par deux victoires, et nos troupes, dans leur élan, atteignent, à l’Est et au Nord, la frontière naturelle.
- A l’Est, 60.000 Prussiens, sous Brunswick, partis de Coblenz, pénètrent par le Luxembourg et la trouée des Ardennes, s’emparent de Longwy, de Verdun (2 septembre), tournent l’Argonne où s’est établi Dumouriez. Mais vaincus à Valmy (20 septembre, voir carte 2), ils battent en retraite. Custine, parti d’Alsace, occupe aussitôt Spire, Worms, Mayence et Francfort (octobre).
- Au Nord, 34.000 Autrichiens, sous le Duc de Saxe-Teschen, investissent Lille, qui résiste au bombardement (29 septembre - 6 octobre). Dumouriez les bat à Jemappes (6 novembre, voir carte 3) et s’empare de la plus grande partie des Pays-Bas autrichiens (Mons, Bruxelles, Namur, Anvers, novembre - décembre).
2. Campagne de 1793
Elle comprend deux parties. Pendant la première moitié de l’année, la coalition, reformée et embrassant presque toute l’Europe, envahit notre territoire sur tous les points, et forme, avec la guerre civile qui s’est déchaînée au Nord, à l’Ouest, au Midi, un immense cercle de fer dans lequel la Convention est enfermée.
Dans la seconde moitié, le cercle est brisé et le territoire français délivré, du moins au Nord et à l’Est.
- La France envahie.
Dumouriez est en marche sur la Hollande. Mais son lieutenant Miranda est vaincu à Aldenhoven (5 mars) par Cobourg et Clerfayt, lui-même à Nerwinden (18 mars). Il s’enfuit, après avoir essayé vainement de livrer son armée à l’ennemi (avril). Son successeur Dampierre est tué à Famars (mai). Les villes de Condé, sur l’Escaut, et de Mayence, sur le Rhin, succombent sans que Custine ait pu les délivrer (juillet).
La Frontière est de nouveau entamée au Nord et à l’Est. Les ennemis se partagent en quatre armées : York et Freytag (anglo-hollandais), marchent sur Dunkerque, Cobourg (Impériaux) sur la Sambre et l’Oise, Brunswick (Prussiens) sur la Lorraine, Wurmser (Autrichiens) sur l’Alsace. « La République n’est qu’une grande ville assiégée ; il faut que la France ne soit plus qu’un vaste camp. »
- La délivrance du territoire.
Elle commence par la victoire de Houchard sur les anglo-hollandais à Hondschoote (8 septembre, voir carte 4), victoire qui dégage Dunkerque. Puis c’est la victoire beaucoup plus importante de Jourdan et Carnot à Wattignies (16 octobre, voir carte 5) ; celle-ci dégage Maubeuge et la Sambre. Peu après, la frontière de l’Est était délivrée aussi, après une opération indécise de Hoche en Lorraine, par les manœuvres combinées de Hoche et Pichegru et la victoire de Wissembourg (voir carte 10).
3. Campagne de 1794.
Dans cette admirable campagne, la frontière du Rhin va être conquise toute entière.
- La jonction.
Après quelques tâtonnements et quelques échecs (perte de Landrecies), deux armées sont formées : celle du Nord, sous Pichegru (avec Souham et Moreau), forte de 70.000 hommes, opérant contre Clerfayt et York, entre la mer et l’Escaut, remporte les victoires de Menin, Mouscron, Tourcoing, Pont-à-Chin (mai). Celle de Sambre-et-Meuse, sous Jourdan, forte de 90.000 hommes, réussit, au prix de grandes difficultés, à forcer la Sambre et remporte la victoire de Fleurus (26 juin, voir carte 6) sur Cobourg. Jourdan et Pichegru font leur jonction à Bruxelles (10 juillet). Les places françaises encore occupées par les ennemis, Landrecies, Valenciennes, Condé, le Quesnoy, ne tardent pas à se rendre, ainsi que la plupart des places des Pays-Bas autrichiens.
- Le déploiement des armées républicaines.
Les deux armées se séparent alors. Pichegru se remet à la poursuite d’York, le chasse d’Anvers, de Boxtel, du fort Crève-cœur, de Bois-le-Duc, s’établit à Venloo et Nimègue (août - novembre). Jourdan s’attache à Cobourg et Clerfayt, les bat sur l’Ourth, sur la Roër, à Aldenhoven, les rejette au delà de Cologne, et, remontant le Rhin, rejoint l’armée du Rhin à Spire. Toutes les places du grand fleuve, de Bâle à Nimègue (sauf Mayence), sont à la France (septembre - novembre).
4. Campagne de 1795.
Par une courte campagne, presque sans combats, mais en plein hiver, Pichegru force le Wahal, le Lech et le vieux Rhin, entre dans Utrecht, dans Amsterdam (20 janvier), et fait capturer la flotte hollandaise par nos hussards dans les glaces de Zuyderzée. La Hollande est conquise ou plutôt délivrée.
III. Les traités de Bâle (1795)
La plupart des puissances étaient lasses de la lutte et effrayées de nos succès. Le grand-duc de Toscane reconnut le premier la République Française. Puis la Prusse fit défection à la coalition et, après elle, l’Espagne, le Portugal, la Hollande, plusieurs Etats allemands et italiens. Ce furent les traités de Bâle et de Paris (1795). Ils nous laissaient en possession de la rive gauche du Rhin.
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