Première Coalition (1792-1797)
2ème Partie : Rhin et Danube supérieur
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Cette région, si importante à toutes les époques de l’histoire de notre frontière, a joué un grand rôle dans les guerres de la Révolution. Les opérations, dont elle est le théâtre sous la Convention, ont pour objet la défense de nos provinces de Lorraine et d’Alsace, puis la conquête de la ligne du Rhin. Sous le Directoire, le Rhin est la base et le Danube l’objectif des armées en marche sur Vienne.
I. SOUS LA CONVENTION
Pendant que l’armée du Nord, sous Dumouriez, remportait les victoires de Valmy et de Jemappes, l’armée d’Alsace, d’abord inactive sous les ordres de Biron, est entraînée, par son brillant lieutenant Custine, dans une marche hardie sur le Rhin, moyen et le Main. Spire, Worms, Mayence, Francfort ouvrent leurs portes (octobre) ; Custine, inaugurant la guerre de propagande, que les Girondins avaient mise à l’ordre du jour, fait appel aux éléments révolutionnaires de Electorats, gagne les populations par sa modération et ses égards. La frontière naturelle est une première fois conquise ; et bientôt la Convention Meyançaise réclame l’annexion à la France (17 mars 1793).
Mais c’est là momentanément le terme de nos succès. La coalition renforcée jette sur le Rhin les armées austro-prussiennes de Wurmser et Brunswick. Custine, débordé, recule et laisse investir Mayence. La garnison française, abandonnée à elle-même, y résiste héroïquement sous les ordres de Kléber, Aubert-Dubayet, Meusnier, et des commissaires Rewbell et Merlin de Thioville. Elle capitule, à bout de ressources (23 juillet).
Brunswick alors se porte sur la Lorraine par le Palatinat, bat l’armée de la Moselle (Moreaux) à Pirmasens (septembre) et la rejette sur la Sarre supérieure ; Wurmser investit Landau, prend les lignes de Wissembourg et entame l’Alsace (octobre).
Heureusement, la jalousie de l’Autriche et la Prusse, la rivalité de Brunswick et de Wurmser ralentissent l’invasion.. La Convention leur oppose ses énergétiques représentants Saint-Just, Lebas, Baudot, et l’expérience de Pichegru, mis à la tête de l’armée d’Alsace, et l’ardeur de Hoche, commandant de l’armée de la Moselle, puis les deux armées. Hoche débute par un échec en voulant débusquer Brunswick de Kayserlautern (novembre). Alors, à travers les Vosges, il lie étroitement ses opérations à celles de Pichegru : de front et de flanc, Wurmser est assailli, repoussé à Reischloffen, culbuté au Geisberg, rejeté au delà des lignes de Wissembourg (décembre), au cri de : « Landau ou la mort ! » Le 28 décembre, Landau est débloqué.
A la fin de 1793, la vieille frontière nationale était délivrée ; en 1794, la frontière naturelle va être conquise, sans grandes batailles du reste, car les coups décisifs ont été portés en Belgique et dans la vallée de la Meuse. C’est, en effet, après la campagne « sans exemple » des Pays-Bas, puis la victoire d’Aldenhoyen, que l’armée de Sambre-et-Meuse, sous Jourdan, atteint le Rhin, occupe Cologne, Coblenz, où elle se réunit à l’armée de la Moselle, investit Mayence de concert avec l’armée d’Alsace, sous Micheaux, entre dans Mannheim et Spire, pendant que son arrière-garde, sous Kléber, bloque Maëstricht et maintient le contact avec Pichegru qui conquiert la Hollande. De Bâle à la mer, les troupes françaises se déploient sur la rive gauche du Rhin.
II. SOUS LE DIRECTOIRE
Les opérations sur le Rhin, ralenties pendant les négociations du traité de Bâle, recommencent à la fin de 1795, sur la rive droite du fleuve, contre Clerfayt et Wurmser. Mais pendant que Jourdan, parti de Düsseldorf, pousse devant lui Clerfayt, Pichegru, qui médite déjà sur sa défection, laisse les deux armées autrichiennes se joindre à Heidelberg, et bientôt chassé de Mannheim, se replie sur Wissembourg et signe un armistice (décembre). Le Directoire, qui ignore encore sa défection, se contente de le destituer.
Les débuts de cette année sont brillants, la fin désastreuse. Jourdan (armée de Sambre-et-Meuse) part de Düsseldorf ; vainqueur à Uckerath et Altenkirchen, il occupe les villes du Main, Francfort, Würzbourg, Bamberg, malgré Wartensleben, et pousse jusqu’à Amberg. Moreau (armée de Rhin et Moselle), par Kehl, Rastadt, Pforzheim, par la victoire de Néresheim sur la Tour, atteint le Danube (mai-août).
Mais les deux armées françaises étaient trop loin l’une de l’autre : c’était là la faute initiale du plan de Carnot. Leur adversaire, un grand capitaine autrichien, l’archiduc Charles, sut en profiter. Laissant devant Moreau un simple rideau de troupes, il porta toutes ses forces sur Jourdan qui, avec 30 000 hommes contre 66 000, fut chassé d’Amberg, écrasé à Würzbourg (septembre) et fit une retraite désastreuse sur la route qu’il avait victorieusement parcourue (mort de Marceau à Altenkirchen).
Moreau, trop lent à l’offensive, fit, en revanche, une retraite admirable pour éviter d’être pris à revers par l archiduc Charles. Pressé par la Tour, il s’arrêta pour le battre à Biberach (2 octobre), franchit les défilés du Val d’Enfer, et ramena toutes ses forces en Alsace par Brisach. Pendant l’hiver, Desaix défendit le fort de Kehl jusqu’à la dernière extrémité.
Au printemps, Hoche, investi du commandement en chef, s’ouvre de nouveau la route à travers la Hesse et la Franconie par les victoires de Neuwied, Uckerath, Altenkirchen (avril). Il atteignit le Main, et Desaix la secondait par une pointe sur la Forêt-Noire, lorsque les préliminaires de Léoben l’arrêtèrent. Le 19 septembre, il mourut à Wetzlar.
Les victoires de Bonaparte en Italie avaient réparé les revers et annulé les succès des armées d’Allemagne.
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