SALO, LONATO, CASTIGLIONE (31 juillet - 3/5 août 1796)
L’Autriche, profitant de notre inaction sur le Rhin, tire 30 000 hommes de son armée d’Allemagne et les dirige sur le Tyrol pour les joindre aux débris de Beaulieu. Wurmser reçoit le commandement de cette nouvelle armée - 60 000 hommes - avec mission de débloquer Mantoue et de nous rejeter sur les Alpes.
Wurmser prend l’offensive, et de Trente descend en Italie en 3 colonnes. Celle de droite, sous Quasdanowitch, suivant la vallée de la Chiese, se porte par Salo sur Brescia, la ligne de retraite des Français vers Milan. Au centre, Wurmser, avec la colonne principale, descend sur Rivoli, entre l’Adige et le lac de Garde. Enfin, à gauche, une 3e colonne, sous Davidowitch, suit la rive gauche de l’Adige. Les « colonnes doivent faire leur jonction au du lac de Garde. Le 29 juillet, la division Masséna est rejetée de Rivoli sur Castel-Novo ; la division Sauret est repoussée de Salo sur Dezenzano, et les Autrichiens s’emparent de Brescia.
La situation est critique pour l’armée française qui comprend à peine 45 000 hommes. Bonaparte, résolu à empêcher la jonction de l’armée ennemie qui lui eût été fatale, prend une résolution hardie. Il ordonne à Sérurier d’enclouer ses canons, de lever le siège de Mantoue et de se porter au pont de Marcaria sur l’Oglio à Augereau de quitter Légnago et franchir le Mincio à Peschiera. Toutes les troupes françaises sont réunies sur la rive droite du Mincio ; elles ont évacué le quadrilatère et semblent renoncer à Mantoue. Mais Bonaparte va profiter de sa position centrale, pour opposer son armée à chacun des corps ennemis. Il se porte rapidement sur Quasdanowitch qui s’était avancé jusqu’à Lonato, le bat, le rejette sur Salo et Riva (31 juillet).
Il revient aussitôt faire face aux autres troupes autrichiennes qui, à leur tour, avaient franchi le Mincio. Pendant ce temps, Wurmser entre triomphalement à Mantoue (2 août), et envoie deux de ses divisions vers le nord dans le but de faire sa jonction avec Quasdanowitch : l’une, sous Bayalitch, par Lonato, l’autre, sous Liptaï, par Castiglione. Bonaparte se décide à les attaquer avant que Wurmser revienne de Mantoue. Le 3 août, Masséna se dirige sur Lonato où il culbute la division Bayalitch, pendant qu’Augereau se porte sur Castiglione, et, après un combat des plus opiniâtres, force Liptaï à se retirer.
Wurmser arrive à ce moment pour rallier ses deux divisions : il réunit 30 000 hommes qu’il établit dans la plaine située au sud des hauteurs de Castiglione et de Solférino, la droite occupant fortement ce dernier village, la gauche appuyée au Mont-Medolano. Bonaparte réunit toutes ses forces disponibles - 20 000 hommes - et ordonne à Sérurier de déboucher vers Cavriana, sur les derrières de Wurmser.
Le 5 août, la lutte définitive commence. Wurmser, dans l’intention de se rapprocher de Wuasdanowitch, dont il ignore la défaite, étend démesurément son aile droite, mouvement que favorise Masséna en se repliant. Bonaparte attend l’attaque de l’arrière garde de Wurmser par Sérurier : alors il lance ses grenadiers sur la redoute de Médolano, s’en empare pendant qu’Augereau et Masséna s’élancent avec impétiosité sur l’aile droite affaiblie des Autrichiens qui, menacés de front, de flanc et par derrière, battent en retraite au delà du Mincio, et de là dans le Tyrol. Cette campagne de quelques jours coût 40 000 hommes à l’Autriche et nous rend la ligne de l’Adige.
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