OPERATIONS EN SUISSE (1799)
Carte
Au commencement de septembre 1799, Masséna avait sous ses ordres environ 75 000 hommes, disposés en un vaste arc de cercle de Bâle au Saint-Gothard. Le gros de ses forces était sur la ligne de la Linth-Limmath, savoir : Masséna retranché sur la chaîne de l’Albis - rive gauche du lac de Zurich et de la Limmath - Soult sur la rive gauche de la Linth, Lecourbe sur la haute Rguss et au Saint-Gothard. En arrière, aux deux extrémités, Thureau gardait le Valais, Chabran couvrait Bâle.
Les Austro-Russes étaient en forces à peu près égales : l’archiduc Charles en face de Masséna, sur la rive droite de Limmath, Khorsakof sur celle du lac de Zurich, Hotze sur celle de la Linth.
Mais au milieu de septembre, le Conseil aulique qui, de Vienne, dirigeait souverainement les opérations, décida que l’archiduc Charles se porterait sur le Rhin et que Souvorof , arrivant d’Italie par le Saint-Gothard, le remplacerait.
Masséna choisit fort habilement le moment où, Charles étant parti, Souvorof encore en route, les forces ennemies ne s’élevaient qu’à 55 000 hommes. Le 25 septembre, il fit passer la Limmath à une partie de ses troupes à Closter-Fahr sous les ordres de Oudinot, et, le 26, une sanglante bataille livrée sur les deux rives du fleuve - Mortier sur la rive gauche - aux portes de Zurich et dans Zurich même, le rendit maître de la ville et d’une partie de l’armée de Khorsakof . En même temps, Soulth attaquait sur la Linth Hotze qui fut vaincu et tué.
« Souvorof, qui croyait déboucher en Suisse dans le flanc d’un ennemi attaqué de tous côtés, allait trouver au contraire tous ses lieutenant dispersés et s’engager au milieu d’une armée victorieuse de toutes parts ». (Thiers). Arrêté à Airolo, à Urseren, au Pont du Diable, par la résistance opiniâtre de Lecourbe, il arrive à Altorf épuisé, sans vivres, ayant perdu son artillerie, le 26 septembre, le jour même de la bataille de Zurich. Il poursuit néanmoins sa marche et se heurte dans la direction de Schwytz à Masséna ; il veut franchir le Mont Pragel mais Molitor lui ferme le défilé du Kloen-Thal. Il s’engage dans l’affreuse vallée d’Engi, et atteint enfin Coire, après quatre jours d’indicibles souffrances, ayant semé sur la route 11 000 hommes des 22 000 avec lesquels il avait pénétré en Suisse.
Les résultats de ces divers combats furent 30 000 ennemis tués ou prisonniers, l’indépendance de la Suisse affermie et la France délivrée d’une invasion imminente.
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