Valmy (20 septembre 1792)
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Le 20 septembre au matin, l’armée prussienne se mit en marche, par un brouillard intense, pour venir occuper les hauteurs de Gizaucourt et de la Lune ; elle se heurta aux avant-postes français qui se replièrent, et l’on commença de se canonner en tâtonnant dans la brume. Vers midi le brouillard se déchira un peu, et le jour, en s’élevant, découvrit l’une à l’autre les deux armées.
A ce moment, Brunswick, apercevant dans nos rangs un certain désordre causé par l’explosion de quelques caissons, forme trois colonnes d’attaque et les dirige sur Valmy, s’attendant à voir cette armée de tailleurs et de savetiers plier et se débander devant la fameuse infanterie du Grand Frédéric. Kellerman les laisse s’approcher ; au moment où elles vont gravir les pentes du coteau, il enflamme ses soldats par le cri de « Vive la Nation ! » répété par tous pendant quelques instants avec un enthousiasme indescriptible. Une canonnade furieuse s’engage. Déconcertés par cette fière attitude, les Prussiens hésitent, et Brunswick, jugeant l’opération manquée, fait rétrograder ses troupes sur leurs positions de la Lune.
La canonnade seule continua jusqu’au soir.
La bataille devait coûtait à peine 200 hommes aux Prussiens, 300 aux Français. Si l’on ne regarde qu’au sang versé, c’était une escarmouche, « la pétarade de Valmy » ; si l’on mesure les conséquences, c’était un des grands événements de l’histoire. Valmy fit passer toutes les forces morales du côté des Français. « Vous allez voir, dit le major de Massenbach, comme ces petits coqs vont se dresser sur leurs ergots... »
« De ce lieu et de ce jour, dira Goethe, date une nouvelle époque de l’histoire du monde. »
Les Prussiens restèrent pendant 10 jours en face de Dumouriez ; mais, campés dans la boue, manquant de vivres, atteints par une épidémie de dysenterie, ils se décidèrent le 1er octobre à battre en retraite : évacuant Verdun et Longwy, ils repassèrent la frontière, mollement poursuivis par Kellerman qui n’alla pas au delà de Metz.
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