VENDEE & BRETAGNE 1793-1795.
1. Le soulèvement.
Il est provoqué par la levée de 300.000 hommes ordonnée par la convention (26 février 1793). Il éclate à Saint-Florent, le 10 mars 1793. Sous la conduite du garde-chasse Stofflet, du voiturier Cathelineau, ils insurgés s’emparent de Chemillé, de Jallais, de Cholet, dans l’Anjou et le Haut-Poitou, à la lisière Est et Nord du Bocage. A l’Ouest du Bocage, dans le Marais, sous le perruquier Gaston, ils se rendent maîtres de Challans et de Machecoul. Au Sud, dans la Plaine, ils battent les troupes de la convention à Chantonnay (mars). L’insurrection se développe et s’organise pendant le mois d’avril. Un ancien officier de marine, Charrette, prend le commandement des forces du Marais et de la Plaine. Dans le Bocage enfin, des chefs nobles se joignent à Cathelineau et Stofflet : Bonchamp, d’Elbée, de Lescure, de la Rochejaquelain.
2. Les progrès des Vendéens.
Le 1er mai, ils s’emparent de Thouars ; le 25, ils sont vainqueurs à Fontenay. Maîtres alors de tout le pays entre Nantes et Niort, les Sables et Parthenay, ils veulent se saisir d’un passage sur la Loire et prennent Saumur (10 juin), malgré les efforts du brave Coustard. 80.000 hommes marchent sur Nantes, défendue par Canclaux, sous Charrette (rive gauche) et Cathelineau (rive droite). Celui-ci est tué, l’attaque échoue (28 juin). Mais le manque d’entente des chefs républicains, la stérile agitation des agents jacobins, Vincent, Momoro, Ronsin et l’irrésolution du général de leur choix, Rossignol, amènent de nouvelles défaites. Westermann avec la légion gremanique est battu à Chatillon, le conventionnel Bourbotte à Vihiers (juillet) ; Biron, qui essayait d’organiser l’armée républicaine à Niort, est appelé à la barre de la convention. Les chefs vendéens, il est vrai, ne s’entendent guère mieux. Charrette agit isolément dans le Marais ; la nomination de d’Elbée, comme généralissime, est mal accueillie ; le plan hardi de Bonchamp (marche sur la Bretagne) n’est pas agréé. Ces discordes expliquent l’unique succès remporté par les armées républicaines, pendant cette période, la victoire du général Tuncq, près de Luçon, avec 4.000 hommes sur 30.000 Vendéens, commandés par La Rechejaquelain.
3. La guerre au cœur de la Vendée.
Le 1er août, la convention ordonne une guerre d’extermination dans l’Ouest. Elle y envoie les Mayençais, 18.000 hommes d’élite, sous Aubert-Dubayet, Kléber, Haxo, Beaupuy, etc. Deux armées sont formées : celle de Brest (quartier général à Nantes) sous Canclaux, avec les Mayençais ; celle de La Rochelle (quartier général à Saumur) sous Rossignol, avec des troupes mal organisées et indisciplinées. On marchera par Nantes, Les Sables, Niort et Saumur, sur le Bocage. Ce plan échoue une première fois par suite des ordres contradictoires donnés de Saumur. A vingt-quatre heures de distance, l’armée de Saumur est mise en déroute à Coron (18 septembre), celle de Nantes à Torfou (19). La convention ordonne alors la formation d’une seule armée sous Léchelle, qui laisse malheureusement la direction et le danger de la lutte à Kléber. Sous la vigoureuse impulsion de celui-ci, la marche au cœur de la Vendée est reprise : elle doit être terminée, par ordre de la convention, le 20 octobre. Le 17, 29.000 républicains, partis de Nantes, Luçon, Bressuire, sous Kléber, Marceau, Chalbos et Westermann battent à cholet 40.000 Vendéens. Dans cette journée décisive, Bonchamp est blessé mortellement, d’Elbée et de Lescure grièvement. Les Vendéens passent la Loire en désordre à Saint-Florent (18 octobre).
4. Les Vendéens au delà de la Loire.
Dès lors, l’insurrection est en quelque sorte déracinée. 80.000 Vendéens, formant moins une armée qu’un peuple errant, hésitant entre la Bretagne et la Normandie, se jettent d’abord sur Laval. Une sotte manœuvre de Léchelle amène une défaite des républicains à Entrames (25 octobre). Les Vendéens reprennent leur course vers Granville, où ils espèrent avoir le concours d’une flotte anglaise. Déçus, ils se rabattent sur Dol. Les querelles des chefs de l’armée républicaine, la témérité de Westermann et la jalousie qu’inspirent aux autres troupes les Mayençais, causent encore les échecs de Dol et d’Antrain (20 novembre). Enfin, Marceau et Kléber prennent la direction des mouvements. On recommence la chasse à l’armée vendéenne, qui essaye vainement de surprendre Angers (3 décembre). Les vendéens sont sabrés au Mans (13 décembre), s’entassent à Savenay pour essayer de repasser la Loire, et y sont anéantis entre le fleuve, un bois et un marais (23 décembre).
5. Quiberon (juillet 1795).
Le 27 juin 1795, une flotte anglaise débarqua sur la presqu’île de Quiberon trois régiments d’émigrès sous la conduite de Puisaye. Quatre ou cinq mille Chouans vinrent aussitôt les rejoindre. La Bretagne allait prendre feu, la guerre de Vendée pouvait se rallumer. Hoche fait face au péril ; il chasse les royalistes d’Auray, leur enlève le poste de Sainte-Barbe, les bloque dans la presqu’île. Enfin par une nuit d’orage, le 20 juillet, l’adjudant-général Ménage, avec 300 hommes, tourne par une périllause marche, dans l’eau, sur les rochers, le fort Penthiève, et s’en empare. Hoche et Humbert se précipitent dans la presqu’île. Acculés aux rochers et à une mer furieuse qui empêche les chaloupes anglaises de les secourir, les royalistes mettent bas les armes. La convention ordonne que tous les émigrés soient passés par les armes.
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