Partie jouée à Meudon en juin 1998
Cette campagne est en cours de jeu à Meudon (Hauts de Seine). J'ai volontairement omis les noms des joueurs pour donner une tonalité plus " réelle " . Le gentil, c'est moi, Napoléon, les autres, c'est les méchants...
La Prusse et l'Espagne ne sont pas contrôlées indépendamment par de joueurs. Un système, redéfini tous les ans, permet, au prix de points de victoire, d'en prendre le contrôle avec les avantages (troupes, territoires) et les inconvénients (défaites) que cela implique.
Départ - 1805 - 1806 - 1807 - 1808 - 1809
Sigle
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Pays
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Mise de départ
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Objectif
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AH
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Autriche
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3
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330
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F
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France
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5
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400
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GB
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Grande-Bretagne
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200
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370
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P
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Prusse
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320
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SP
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Espagne
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325
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R
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Russie
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29
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335
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T
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Turquie
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1
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315
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Guerre entre la Grande Bretagne et la France. Ces deux pays ne peuvent faire la paix qu'au prix, pour l'un d'entre eux, de conditions très lourdes, comme la destruction de flottes et l'accès au territoire pour la Grande Bretagne ou l'abdication de Napoléon pour la France.

Contrôle politique par la France de la Prusse et de l'Espagne
Libération rapide des états allemands puis création par la France de la Confédération du Rhin
Conquête rapide par la Russie de la Scandinavie et du Danemark, qui déclenche la guerre entre la France et la Russie.
Conquête rapide de toute l'Italie par la France. La Turquie occupera un temps la Sicile, mais en sera chassé par Murat, jeune général très prometteur...
France, Prusse et Autriche s'insultent puis la Prusse paie des réparations à l'Autriche, celle-ci cédant, outre des réparations supérieures, le Tyrol, la Bavière et la Vénétie à la France et s'engageant à ne plus agresser cette dernière pendant 3 ans. Mais l'Autriche joue un double jeu : alliée de la France, elle n'hésitera pas à inviter sur son territoire les cosaques russes pour nuire au ravitaillement de son allié venu l'aider dans son combat contre les Turcs dans la guerre de Balkans
France et Autriche, alliées, attaquent les féodaux turcs avec de brillants succès. L'Empereur et Ney s'y distinguent, ce dernier y sera d'ailleurs blessé.
La Russie et la Grande Bretagne massent des troupes dans le but d'effectuer de multiples débarquements sur les côtes françaises.
Prise aux Espagnols du Portugal par les Anglais.
Tentative de débarquement turc en Sicile, refoulé sur les plages par Murat.
Autriche 6 %
France 5 %
Grande-Bretagne - 46 %
Russie 1 %
Turquie 7 %
Temps écoulé (en %) 9 %

La France contrôle toujours la Prusse et l'Espagne.
Paix entre la l'Autriche, la France et la Turquie.
La Grande Bretagne contrôle la Méditerrannée et l 'Atlantique.
La Russie ne contrôle que la Baltique, mais lorgne sur une expansion sur les îles britanniques.
La France organise la défense de ses côtes.
Napoléon avec les I et IV CA passe les Pyrénées pour aller libérer Lisbonne.
Wellington, tout frais entré en service, décide d'y débarquer les I, II, IC britanniques, ainsi que le I CA russe.
Ces troupes d'élite sont battues sur les plages de Lisbonne et capturées par l'Empereur qui les ramène triomphalement à Paris.
Ney reste pour achever l'organisation du Portugal et s'installe à Cadix en face du rocher des singes.
La Grande Bretagne ne possède plus d'armée, hormis 10.000 de garnison à Gibraltar et 4.000 à Londres. Seule sa flotte peut encore sauver la Couronne.
L'opération Lord Ovaire est annulée ou reportée sine die.
Mais la Russie n'a pas dit sont dernier mot. Associée à l'Autriche, alliée de la France, toutes deux attaquent la Prusse, neutre, aussi alliée de la France. Celle-ci, gênée par la présence de ses propres troupes, venues en amies aider à la défense contre les Turcs sur le territoire autrichien, ne peut répondre à l'appel de la Prusse agressée. Malgré cela, la présomption autrichienne et la vanité slave rencontrent une détermination prussienne étonnante. Les fantastiques armées russe et autrichienne ne parviennent pas à battre les corps prussiens. Koenigsberg, contre un ennemi 10 à 15 fois lus nombreux tient le choc. A Varsovie, les défenseurs meurent de faim, puis sont vengés par la colonne de secours française, commandée par Davout. Celui-ci fera, en reprenant la ville, 25.000 morts russes et suédois et capturera le général Kutusov. Après avoir soumis la Saxe, les Kaiserlicks sont battus à plate couture à Berlin par Blücher, lors d'un affrontement de la Garde Royale contre les 2 Corps de Grenadiers autrichiens.
Pendant ce temps la Turquie envahit peu à peu l'Egypte puis la Cyrénaïque. Elle est stoppée à Tripoli, Tunis et à Alger, dans des opérations de débarquement très mal préparées et coûteuses. La leçon de Sicile de 1805 n'a pas encore porté ses fruits. Des tractations secrètes et des trahisons de cabinet avec la Grande Bretagne et la Russie lui accordent la possession du Maroc et de la Tripolitaine. En revanche, l'Algérie et la Tunisie dont les dirigeants éclairés sont entourés de conseillers français, résistent.
Dans l'ombre, la Turquie attend de voir son encombrant voisin du nord empêtré dans les marais de Tannenberg pour intervenir à son heure...
Autriche 14 %
France 16 %
Grande-Bretagne - 38 %
Russie 9 %
Turquie 16 %
Temps écoulé (en %) 18 %
Aucune puissance ne tient ses objectifs pour l'instant. Avantage très léger à la Turquie (parce qu'elle est laissée tranquille) et la France (parce qu'elle n'est pas laissée tranquille).

L'agitation qui règne dans les milieux diplomatiques britanniques est intense. Les observateurs, plus ou moins bien informés se disputent pour savoir si la Grande Bretagne est à l'aube d'un grand retour ou d'une grave crise. Un homme sait, seul, et il se tait. Il est détaché auprès du Roi de Prusse par Napoléon. Il est l'homme de l'ombre qui a insufflé courage et détermination aux officiers et soldats prussiens pendant les trois mois passés et il sait que la Prusse va s'effondrer, qu'elle ne peut réellement s'en sortir même en battant ses ennemis au prix de toute son armée...
Il va décider Napoléon, pour le bien du peuple prussien et pour celui du monde libre qu'incarne l'Empereur, de laisser les intrigants britanniques le remplacer auprès du Roi de Prusse et se retire discrètement en attendant la suite :
Donc, la Grande Bretagne s'assure le contrôle politique de la Prusse.
Sur le terrain, les deux agresseurs, l'Autriche et la Russie considèrent ce changement de contrôle de manière différente. La Russie en profite pour exiger de la Prusse une paix conditionnelle, recevant Varsovie en gage. L'Autriche, son armée en bon état devant Berlin décide de pousser son avantage plus loin et agresse à nouveau la capitale prussienne : 30.000 prussiens et 20.000 autrichiens jonchent le champ de bataille, forçant enfin la Prusse a capituler et abandonner la province de Magdebourg. Le Français, venu combattre les Russes en Prusse, se retire par l'Autriche et entame des pourparlers avec le Tsar.
Tout ceci provoque une grave crise au sein même du Parlement britannique. Mécontents, les opposants à la politique d'ingérence dans les affaires prussiennes renversent le gouvernement, avec l'appui des lobbies luttant pour l'indépendance de Gibraltar et Malte. Résultat : le nouveau gouvernement laisse échapper à son contrôle ces deux joyaux de la présence britannique : le rocher de Gibraltar et l'île de Malte. Ney, attendant son heure à Cadix s'en empare immédiatement au nom de l'Empire français.
Décidément, en 3 mois à peine, la Prusse sous contrôle britannique, devient un chaos qui fait regretter aux habitants la présence des conseillers français, en 1805 et 1806, période de paix et de calme. Répondant à cet appel, la France lance son défi au gouvernement de Prusse, défi relevé, mais en vain : 32.000 morts et 9.000 prisonniers dont les généraux Brunswick, Hohenlohe et Blücher viennent forcer la reddition totale de la Prusse à la France. Pour éviter le retour des Anglais, il est décidé que la Prusse sera annexée à l'Empire Français.
A titre de diversion, les Suédois, encadrés d'officiers russes, dans la grande tradition viking, exécutent deux raids sur les côtes françaises : le premier à Bayonne, où la garnison tiendra jusqu'à la signature de la paix ; le second à Brest, ville au secours de laquelle Eugène et 28.000 hommes accourront pour y surprendre les 8.000 assiégeants.
La Russie voyant la Prusse assagie décide de faire la paix avec la France. Les conditions de celle-ci, légères, font restituer Varsovie et retourner le Danemark dans le giron français. Un mariage célébré en grande pompe entre la soeur de Mr F. Raynaud, Ministre des Cantons et le cousin du Tsarévitch Michel ouvrent une aire nouvelle de paix et de prospérité.
Parallèlement, 15.000 prisonniers russes, parmi eux le Général Kutusof, regagnent leurs foyers.
Cette paix n'est pas du goût de tous. La Turquie et l'Autriche s'inquiètent de la liberté nouvelle offerte aux armées du Tsar et certains mouvements à la frontière rendent les commandants de garnison nerveux.
De l'autre côté de l'Europe, la Turquie continue sa progression. Après avoir déclaré la guerre à la France, elle conquiert la Tunisie et l'Algérie. Un opportun débarquement du contingent badois permettra de reprendre un temps Tunis, mais ses 1.000 hommes, affamés, encerclés par 50.000 janissaires, se rendront après un siège très dur.
De plus, un corps syrien, stationné en Sardaigne a pris le contrôle d'Ajaccio ; il semble que la pacification du reste de l'île pose un problème...
Ney après s'être emparé de Gibraltar occupe le Maroc et en Egypte, un corps français débarque à la barbe des croisières anglaises sillonnant la Méditerranée. Il a emmené avec lui un bon nombre de savants et d'aérostiers qui entreprennent sous la direction de Vivant Denon un vaste travail de recherches historique et scientifique sur l'Egypte ancienne.
Sur le chemin, Corfou devient une conquête française.
L'Angleterre, devant la perte de Malte et de Gibraltar s'inquiète de devoir dépendre de la Turquie pour l'hébergement de sa flotte. Elle débarque donc à Majorque, île espagnole dans laquelle elle entreprend d'aménager des installations portuaires dignes de ce nom.
Répondant à l'appel de son allié français agressé par la Turquie, l'Autriche déclare à son tour la guerre à celle-ci mais sans grande conviction. Un contingent serbe poussera même jusqu'en Illyrie et où il sera capturé par un corps de la Confédération du Rhin lancé à sa poursuite à la demande du gouvernement autrichien. Cela coûtera tout de même quelques humiliations à l'Autriche sur ses places fortes de l'Est avant qu'une paix informelle ne soit signée.
Turquie 23 %
France 23 %
Autriche 20 %
Russie 16 %
Grande-Bretagne - 35 %
Temps écoulé (en %) 25 %
Aucune puissance ne tient ses objectifs pour l'instant. Toujours en tête : la Turquie suivie de près par la France. Nous sommes exactement au premier quart de la partie.

La Grande Bretagne n'est plus une île. Napoléon l'a prouvé en l'envahissant en plein hiver. Depuis l'automne, les Anglais avaient pris pied au Danemark dont ils occupaient la capitale Copenhague. Un siège s'en était suivi et le petit contingent anglais avait bien du mal à s'installer définitivement. Un combat naval renvoya le dernier navire danois survivant à l'abri du port de Stettin, la chute était proche.
Seulement, toute cette opération, nécessitant une présence active de la Home Fleet dans le Skagerrak a permis aux flottes française, hollandaise et portugaise de se lancer dans le Channel. 5 Corps d'armée, dont un Hollandais sont affectés à cette mission : 1 restera bloqué à Brest par l'arrivée inopportune de la flotte turque, 1 autre disparaîtra corps et âmes au large de Cardiff et les 3 autres débarqueront à Londres.
Le siège de Londres sera court.
Les Français devant Londres prennent rapidement des mesures pour s'assurer le contrôle de toute l'île. L'hiver est vif, le pays humide et les renforts auront du mal à se frayer un chemin au travers du Channel. Le corps hollandais est envoyé au nord pour occuper Newcastle, Hull et Edimbourg. Un corps français se charge de prendre Cardiff et assiège Plymouth avec succès.
Le 22 janvier, un groupe de voltigeurs français parvient de nuit à s'infiltrer au sein même de la Tour de Londres. Ils y trouvent les fameux corbeaux endormis et leur font avaler de petits bouts de pain imprégnés de Bordeaux. Ces pauvres animaux, peu habitués à pareil festin, tombent malades, ce qui, au matin alarme les Beefeaters, gardiens du lieu et chargés de leur protection. La malédiction s'abat alors sur Londres, comme l'annonçait la prophétie : la ville est prise dans la matinée même.
Le 2 février, le gouvernement britannique signe la paix qui mettra fin à la guerre entre la Grande Bretagne et la France. Ses termes assurent le retour de part et d'autres des prisonniers - entre temps, la garnison de Copenhague avait tenté une brillante sortie et capturé 14.000 soldats français et hanovriens. Les autres termes sont le démantèlement des Ière et IIème flottes britanniques, soit 60 navires, la cession à l'Empire français de l'Ecosse et du Pays de Galles et un accès total aux territoires de la Couronne.
Parallèlement, un traité d'accord commercial liant les deux nouveaux pays en paix assure la reprise du commerce interrompu par la guerre.
Devant ce résultat, la Turquie, assiégeant sans succès Oran, décide d'arrêter la guerre qu'elle avait déclarée à la France. En échange, elle consent à céder la Cyrénaïque, l'Algérie et la Palestine. De plus, les commissions de désarmement s'assurent de la destruction de toute la marine turque, soit 24 navires et la Turquie offre un accès total à tout son territoire aux armées impériales.
Le rapport de force sur mer tourne alors à l'avantage de l'Empire : 72 navires pour 40 britanniques.
A cette époque, un consultant renommé, M. Dogbert, publie un mémoire expliquant en termes très technocratiques la nécessité pour l'Europe de se " réorganiser sur des bases offrant un nouvel élan aux forces plurielles démocratiques, dans l'acceptation des divergences qui unissent et contrebalancent les efforts centrifuges à détente multiple ".
Cette approche fait forte impression dans les chancelleries : en effet, les ambassadeurs de Turquie, de Russie et de France se retrouvent à Vienne invités par M. Metternich et au cours d'un colloque bien arrosé, se convainquent que l'application de cette thèse ne peut se faire qu'au prix du partage de l'Autriche.
Aussitôt dit, aussitôt fait, l'engrenage se met en branle et le 25 avril 1808, la Turquie mobilise ses féodaux sur sa frontière occidentale, les Russes avaient, lors de manoeuvres communes avec l'Autriche, manigancé leur déploiement en Illyrie pour avoir le champ libre et la France se trouve entraînée dans ce partage.
Bien lui en prendra d'ailleurs : elle prend immédiatement l'initiative et Napoléon, avec le Ier CA et la Garde Impériale prennent Brünn depuis leur position en Silésie. A l'Ouest, Davout, pragmatique, recule légèrement son armée tout en s'assurant, en avant-postes, des villes de Linz et de Prague qu'il assiège. Son but est de diviser l'impressionnante armée autrichienne, massée devant Venise. Le piège fonctionne à merveille : l'Archiduc Charles sépare son armée en deux parties, l'une contre la Garde Impériale qui le repousse, l'autre sur le Vème CA, assiégeant Linz. Davout attend, tapis dans les forêts à l'ouest de Linz et dès l'approche des kaiserlicks fond sur eux et les met en déroute. Masséna de son côté débarque à Zara et s'en empare sans coup férir.
1er juin 1808 : Vienne comprend que les Français sont décidément invincibles et qu'il faut mieux traiter avec eux pour avoir les mains libres et se défendre face aux Russes et aux Turcs. De ce fait, la Bohème, la Moravie et l'Illyrie passent sous contrôle français qui obtient de plus l'accès total au territoire autrichien et des réparations de guerre légères.
Dans cette situation d'instabilité politique, la province de Magdebourg, à l'origine prussienne et annexée depuis peu par l 'Autriche, rejoint ses soeurs dans le giron impérial et le mois suivant, les troupes françaises sont acclamées à Dresde, capitale de la Saxe, nouvelle venue dans la Confédération du Rhin.
La guerre continuera donc à l'est, meurtrière, dans les défilés des Carpathes et le long du Danube. Elle se soldera, en septembre, par une capitulation sans condition de l'Autriche à ses vainqueurs, au terme de laquelle la Russie annexera la Galicie Occidentale et Orientale ainsi que la Hongrie, et sera remboursée d'une partie de ses frais au titre des réparations de guerre. La Turquie réclame pour elle un accès au territoire autrichien et assure par un mariage la garantie de la paix. L'Autriche signe le traité de Lemberg qui lui interdit de prendre les armes contre la Russie avant 3 ans.
Temps écoulé (en %) 34 % Retard/Avance par rapport aux objectifs
France 35 % Avance d'un mois
Turquie 33 % Retard d'un mois
Autriche 27 % Retard de 9 mois
Russie 24 % Retard de 18 mois
Grande-Bretagne - 28 % Retard de 6 ans et 10 mois
Seule la France tient ses objectifs et de plus, se trouve sur le terrain en position de l'emporter. La Turquie la talonne de près. L'Autriche est prête à disparaître, mais pas avant les 18 mois de paix garantis après sa reddition à ses voisins. La Russie, en très bon état et la Grande Bretagne qui soigne ses plaies ont du mal à revenir dans la course.

A la surprise générale, le 1er Octobre 1808, la Russie déclare la guerre à la Turquie et entame son invasion. Le guerre qui s'en suivra sera violente, mais assez peu coûteuse en hommes pour les armées du Tsar. Celles-ci descendent ainsi jusqu'aux portes de Constantinople, fortement défendue et derrière laquelle l'armée régulière turque s'est repliée.
Devant la montée de la violence à l'Est, Napoléon décide d'intervenir. Il masse ses troupes à Königsberg et menace la Russie : celle-ci cède immédiatement la Suède, la Hongrie et la Lithuanie, qui sera intégrée au Grand Duché de Varsovie en échange de la paix, lui laissant les mains libres dans les Balkans.
L'Empereur tourne alors son regard sur l'ennemie de toujours, la perfide Albion qui réarme à outrance depuis la leçon qu'il lui avait infligée l'année passée. Il fait passer en Ecosse sa Garde Impériale et le ICA… De même pour l'Autriche qui n'est plus défendue par aucun de ses voisins et réduite à la dimension d'une proie facile.
L'Europe sera définitivement française.

Temps écoulé (en %) 39 % Retard/Avance par rapport aux objectifs
France 41 % Avance de 3 mois
Turquie 38 % Retard d'un mois
Autriche 28 % Retard de 1 an et 2 mois
Russie 28 % Retard de 1 an et 2 mois
Grande-Bretagne - 24 % Retard de 6 ans et 11 mois

La partie est donc achevée. Elle aura couvert 4 ans ¼ et aura vu une montée continue de la puissance française. Seule la France est en avance sur ces objectifs même si la Turquie la talonne de près. En revanche, l'Angleterre et l'Autriche n'ont aucune chance de survivre à l'année 1810, ce qui laisserait la Russie et la Turquie seules contre une France équivalente au reste de l'Europe et sous un seul chef.
Voir l'état des troupes par pays.

Nous sommes intéressés par toute candidature, novice ou expérimentée pour rapidement en recommencer une nouvelle. Nous jouons le Samedi après-midi (ou plus tard si tout le monde le peut) à Meudon (Hautes de Seine).
Contacter Vincent François ou Didier Baltès pour tout renseignement.
Commentaires sur la partie EIA de Meudon 98
5 joueurs, représentant l'Autriche, la France, la Grande-Bretagne, la Russie et la Turquie. La Prusse et l'Espagne sont des puissances contrôlées au travers d'un système de contrôle politique particulier. La partie s'est jouée en 5 sessions de jeu au club de Jeu d'Histoire de Meudon, 27 rue Charles Desvergnes, 92190 MEUDON.
Mon objectif de départ était de conquérir les états neutres allemands et italiens puis de m'établir en position défensive ou de m'occuper de l'Angleterre. Pour ce faire, j'ai pu m'assurer de l'Espagne et de la Prusse comme boucliers et j'avais besoin d'une Autriche alliée ou neutralisée. Je l'ai neutralisée sans combat, sur le dos de la Prusse, mais n'ai jamais réussi à m'en faire une alliée. J'ai tenté une politique Sud (France, Autriche Turquie) contre Nord (Grande-Bretagne & Russie), en vain.
En fait, j'ai eu sur le dos une coalition de toute l'Europe, mais mon contrôle continu de la Prusse et de l'Espagne ainsi que l'absence de coordination de cette coalition m'ont permis d'y faire face très facilement et de battre séparément tous mes adversaires. Cette situation victorieuse me semble une bonne illustration de la phrase de Napoléon : " Je préfère être contre eux qu'avec ".
Le tournant de la partie a été l'abandon du contrôle de la Prusse, victorieuse mais affaiblie, à la Grande Bretagne et sa conquête totale par mes soins en 1807. De là, le jeu qui consistait en une " guerre en dentelles ", pleine de retenue militaire, a pris une option plus violente et mes campagnes n'ont plus visé à l'obtention de paix inconditionnelles juteuses, mais à la destruction totale de l'ennemi. La paix imposée à l'ennemi est passée à mes yeux du statut d'objectif alléchant à celui de frein à mon expansion…
Pour finir, je dirais que le jeu est remarquablement bien équilibré et passionnant, que les questions qu'on se pose semblent bien restituer l'ambiance de l'époque.
N.d.D... Quel jeu intéressant ! Le déséquilibre initial, qui voit la France contrôler la Prusse (inactive) et l'Espagne (active) est finalement imputable à moi même en tant que Russe (Pari initial en Points de Victoire (VP) trop important pour avoir la Russie, j'ai préféré économiser les 5 VP pour prendre le contrôle de la Prusse) ainsi qu'au joueur anglais qui n'a pas parié sur l'Espagne...Mea Culpa. Les conséquences sont rapides autant que désastreuses : privée du soutien de la Prusse, l'Autriche n'essaie même pas de résister à la France, est sortie de la guerre à l'ouest pour 36 mois, la France peut désormais frapper chaque ennemi à son tour, isolément, sans que les alliés potentiels de l'agressé ne puissent agir, étant sous la contrainte d'une paix formelle. Initialement, l'armée russe est forte d'environ 145.000h (dont une faiblesse en cavalerie qui ne dépasse pas 15.000chevaux...).
La stratégie initiale, en alliance avec l'Anglais, est la conquête de la Scandinavie, puis une guerre de raids sur les côtes françaises... Si la Suède, la Finlande et la Norvège tombent rapidement, le Tsar fait fusiller tous les officiers du génie russe qui ne réussissent pas à prendre la ville de Copenhague avant le 6ème mois de siège, en immobilisant 60.000h... Au sud, la confiance envers le Turc étant très limitée, 38.000 hommes sont en garnisons " préventives ". Compte tenu de quelques maigres garnisons ici ou la, cela ne laisse que 38.000 h pour intervenir auprès des autrichiens. Cette petite armée est initialement placée pour entrer en Prusse (à la demande de celle-ci) et doit se redéployer vers l'Autriche pour intervenir. Le cuisant échec de l'opération Lord Ovaire détruit quelques Russes (pas grave) et toute la capacité d'intervention extérieure anglaise (désastreux).
Le Triumvirat allié (en fait 2,5 alliés : 1 Russe, 1 Anglais, ½ Turc) et le membre associé autrichien se décident pour une guerre périphérique de réduction des alliés contrôlés par la France, qui perdrait les Points Politiques (PP) correspondants.
La cible : la Prusse, inactive, avec des renforts limités (50% des fonds et des manpowers sur la période d'inactivité), attaquée par l'est par une puissante armée russe (165.000 h) , par le sud par des Autrichiens aussi nombreux, et par le nord grâce au débarquement de forces Russo-suédoises...isolement de la Prusse et de la France par l'impossibilité pour celle-ci de soutenir les Prussiens face aux Autrichiens (2 facteurs de garnisons français oubliés sur le territoire autrichiens (rires sarcastiques)).
Le rire tourne rapidement à la grimace, les autrichiens sont battus par les seuls saxons ( ! ! ! ! ! ! !), et les Russes par les Prussiens. Le tsar fait fusiller les sous-officiers du génie russe, qui ne réussissent pas à faire une brèche dans les murs de Koenigsberg en 3 mois de siège. L'armée française, Garde en tête, traverse la Prusse et fond sur les troupes russo-suédoises sans faire de prisonniers... Seul le changement d'allégeance de la Prusse vers l'Angleterre au début de l'année, imposant le départ des Français de son territoire sauve l'armée russe. La paix conclue entre la Prusse et les Austro-Russes est en fait une énorme erreur dont l'habile Français profite immédiatement. L'attaque de la Prusse exsangue par la France est menée tambours battants. L'Angleterre, déjà très basse en PP, ne peut demander la paix pour la Prusse, car elle passerait en zone d'instabilité... La Prusse est intégralement envahie et annihilée. L'armée russe, affaiblie par les combats des 6 derniers mois, se retrouve seule face à l'Ogre, l'Angleterre passe en zone d'instabilité et perd Gibraltar et Malte. La France offre une paix à faible condition aux Russes, y récupère la flotte danoise et profite de la présence d'une partie des flottes anglaises en Méditerranée pour lancer ses corps au delà de la manche (4 flottes Françaises, 3 espagnoles, 1 portugaise, 1danoise, 1 hollandaise, 1 napolitaine contre 7 anglaises et 2 turques : au moins 2 corps débarquent...) Cette action consomme la fin des espoirs de la partie.
L'Autriche est attaquée par les 3 nations limitrophes, dans le souci de ne pas la laisser entièrement dans les mains de la France, à l'image de la Prusse...Toutes les autres actions périphériques capotent, à l'exemple du Danemark que les Anglais n'arrivent pas à conquérir avant leur reddition, ou de l'attaque toujours reportée de la Turquie sur la Sicile faiblement défendue. La Turquie fait la paix avec la France, accepte des troupes sur son sol en vue de la prochaine attaque sur la Russie. Le Casus Belli est flagrant et l'armée russe remet a sa place les vagues seljoukides lors de 2 grandes victoires russes en rase campagne, tandis que les hommes de troupe du génie reçoivent enfin la croix de saint George...
La France qui n'a plus rien à faire qu'a compter ses centaines de millier de soldats attaque la Russie qui lui cède quelques territoires contre 18 mois de tranquillité, puis prépare l'éradication successive de l'Angleterre, de la Turquie et de l' Autriche...
Etant certain de l'état d'esprit de nos alliés (sauf d'un) et de la grande soif de conquête de l'ogre, la Sublime porte décida très naturellement de se jeter corps et âme dans une guerre à outrance contre la France et son tyran.
Deux thèmes stratégiques etaient simultanément suivis :
- 1(prioritaire) : libérer les états d'Afrique du Nord du joug de despotes plus ou moins légitimes, en les ramenant dans le giron de l'alliance.
- 2: Gêner, autant que faire se peut, le grand méchant loup dans ses projets.
Si les conquêtes de l'Egypte et de la Cyrénaïque furent somme toute faciles, il n'en fut pas de même pour la Tripolitaine, la Tunisie et l'Algérie qui, sous l'aile protectrice de leur grand frère, repoussèrent les assauts libérateurs. La part active de l'Autriche, dans une affaire que nous qualifierons de " coup de poignard dans le dos ", facilita beaucoup une opération française sur le glacis de Constantinople. Cette campagne fut engagée sans retenue de notre part, sûrs de l'appui de nos alliés.
Malheureusement, si l'Angleterre, et même l'Autriche, surent par leurs actes nous aider, la Russie, hésitante, finit par ne rien faire du tout. La campagne se termina par un débarquement en Sicile, cette opération, appelée " doigt dans l'œil ", nous apprit définitivement qu'il vaut mieux être français, fort, riche, bien armé et peu nombreux, que turc, faible, pauvre, mal armé, très beaucoup et très c.. !
Malgré tout, l'ogre, qui avait oublié d'être bête, compris très vite que l'Autriche était un allié instable, et que les Balkans ou résidait le VRAI empire d'orient, serait un piège coûteux à terme. Il se retira donc, sous les quolibets turcs (c'est tout ce que nous avions à lui opposer), et nous accorda une paix informelle que nous avions la ferme intention de respecter.
Il put par la même, s'occuper d'autre chose (ou plutôt de quelqu'un d'autre). Hélas, l'ogre étant insatiable et ne voulant pas nous rétrocéder la Tunisie et l'Algérie, il nous obligea à lui refaire la guerre. Nous pensions bien cette fois, que la coalition tiendrait, que l'union ferait la force, et bien que méfiant, nous retournâmes a la boucherie.
Et là, il faut bien dire que nos alliés furent en dessous de tout. Apres une opération politique sur la Prusse plus que douteuse et une campagne militaire désastreuse, nous eûmes beaucoup de mal a nous maintenir en Méditerranée.
Notre campagne avançait tout de même :
- Libération de la Tunisie,
- Libération de l'Algérie,
- Libération de la Sardaigne,
- Prise de la Corse, (du moins, de son littoral).
- Perte malheureuse de l'Egypte, plus due à la négligence des croisières anglaises, qu'au génie du petit tondu.
Un grand coup de tonnerre résonna alors sur l'Europe. En effet, malgré le sacrifice de nos flottes (et par là même, de nos plans), le diable en personne mis le pied en Angleterre, et la fin de notre grand allié fut rapidement consommée. Ne disposant plus de soutien, nous n'avions plus qu'a demander la paix au tyran (sans être vaincu). Cette paix, infamante, nous priva de nos faibles flottes, ainsi que de morceaux d'Afrique si chèrement payés.
Comprenant que l'avenir de l'Autriche serait le même que celui de la Prusse, la Russie et notre bel empire décidèrent de prendre les devants. La campagne fut en demi teinte pour la Russie (rires à peine étouffés), mais fut pour nous une cascade de victoires, ce qui nous permis de jouer, enfin, dans la cours des grands. Qu'il est bon d'imposer une paix quand on passe son temps a la subir !
Enfin, seule la lâche, oui, la très lâche agression de la Russie, nous fit baisser un temps la tête. Quel bel ensemble que cette armée russe campant devant les remparts de Constantinople (mais n'y gagnant peau de balle) pendant que l'ogre lorgnait sur Moscou ? Mais etait-ce bien l'armée russe, ou l'ombre d'elle-même, portant encore les stigmates des séries de baffes ininterrompues subies quelque temps plus tôt ? Le Tsar me le confirma lui-même, mais laissons-lui la parole : " Je ne te dis pas que ce n'est pas injuste, je te dis que ça défoule ". Nous n'étions plus à ça près ! La campagne pris fin sur ce constat.
Notre sage politique de non-belligérance envers nos alliés ne fut pas payante, sauf envers l'Angleterre, qui jamais ne nous lâcha et que nous ne lâchâmes jamais. Malgré des voisins encombrants et peu enclin à voir autre chose dans une bataille que leurs pertes, nous gardons la tête haute et conservons le pays dans un état envié par bien d'autres. De ces quatre années de guerre, la Turquie ne sort ni diminuée ni grandie ; nous avons perdu la Palestine, mais pris la Tunisie, la Tripolitaine, la Sardaigne, ainsi que le littoral de la Corse. Nous finissons à 99% de nos objectifs temporaires.
Ce bilan me permet d'affirmer la chose suivante : Si la Turquie possède une relative mobilité ainsi qu'une grande facilité de gestion lui permettant une activité diplomatique accrue, la Sublime Porte n'a pas les moyens d'une politique agressive et sert de paillasson à peu près à quiconque lui déclare la guerre. Les seules actions possibles sur ses puissants adversaires, ne peuvent être pour eux qu'une gène, a moins d'être aidée (voir d'être elle-même considérée comme l'aide).
Un certain intérêt réside tout de même dans la diplomatie turque, (je ne sais pas pourquoi mais quand on est faible, on vous fait plus confiance). Il n'en est pas moins vrai que quand on a que des loukoums à jeter à la figure de ses adversaires, on fait moins peur.
Je souhaite bon courage au prochain joueur turc, qu'il soit sûr de toujours garder son sang froid, qu'il soit rusé et patient, qu'il ne montre jamais les dents et qu'il sache se taire quand il en voit. En d'autres termes, la diplomatie est sa seule arme. Il a toute ma sympathie, si, si, je suis sérieux, il en aura besoin.
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