Partie jouée à Meudon en Novembre 1998
" Villeneuve "
Encore une nouvelle partie sur Meudon.
N'étant que 5 joueurs, nous avons décidé de miser, à l'obtention des pays, sur des couples de pays : France +Espagne et Autriche + Prusse. Là encore, nous accueillerons de nouveaux joueurs pour occuper les places de roi espagnol ou prussien.
L'auteur de ces lignes est un autre proche du Tsar, alors à bon entendeur…
| Nation majeure |
Victoire |
Moyenne
par trimestre |
Handicap |
Joueur |
| Autriche |
330 |
7.5 |
-3 |
Eric Noé |
| France |
400 |
9.1 |
-30 |
Gaël Marchand |
| Grande Bretagne |
370 |
8.4 |
-8 |
Michel Boschetti |
| Prusse |
325 |
7.3 |
0 |
Eric Noé |
| Russie |
335 |
7.6 |
-18 |
Vincent François |
| Espagne |
320 |
7.4 |
0 |
Gaël Marchand |
| Turquie |
315 |
7.2 |
-3 |
Didier Baltès |

Il était une fois une Europe en paix, l'ordre et l'amour régnaient partout en maîtres, le progrès et la science apportaient chaque jour leur lot de contentement, chacun était chaque jour plus aimable et serviable et s'adonnait avec grâce à ses passe-temps favoris les plus appréciés. Bref, tout allait pour le mieux.
Mais, car comme chacun sait, ce genre de début ne sert qu'à souligner l'opposition de la suite, c'était donc sans compter le Balrog Maudit qui sommeillait au fin fond des gouffres des montagnes les plus sombres de cette Europe. Ce Balrog enfanta 7 monstres, à demi humains, juste assez pour passer inaperçus, pour tromper leurs voisins, leurs cousins, leurs frères… Ces 7 monstres naquirent dans les 7 pays majeurs de cette Europe bénie, et chacun dans leur pays, patiemment, accédèrent aux plus hautes instances du pouvoir. Ces 7 monstres à l'âme hideuse de politicien pourri, ces 7 froideurs incarnées brûlant de mépris et de haine commencèrent alors leur travail d'auto-extermination. Car il ne devait en rester qu'un, l'Unique.
Dans un premier temps, les deux plus importants d'entre eux se reconnurent très vite : l'Anglais et le Français. Sataniques parmi les sataniques, leur conflit, attisé par leurs 5 frères devait ouvrir un nouvel âge de Fer, de Feu, de Sang, de Mort et d'Insulte, de Haine et de Moquerie, d'Invective et de Crachat, voire de Quolibets…
Ainsi, le Russe, l'Autrichien et le Prussien jetèrent leur défi au terrible Français, alors que celui-ci entraînait l'Espagnol à l'assaut de l'Anglais
Ainsi, sous les ordres de l'amiral français Villeneuve, une formidable armada franco-espagnole pris la mer en direction de l'Angleterre, l'assaillant de toute part. Malheureusement pour celle-ci, Nelson, un peu souffrant, ne fut pas à la hauteur et par malchance échoua dans sa virevoltante ultime tentative de défense. Trop tard, la première vague d'assaut touchait terre en plusieurs endroits, Londres et Dublin étaient immédiatement assiégés. Il faut dire que, surpris par la brièveté de l'attaque, l'armée britannique préféra se replier sous les murs de Londres au lieu de défendre les plages de débarquement, laissant au Français et aux Espagnols le loisir de s'organiser et s'installer pour la conquête.
Le travail de Villeneuve était accompli : ouvrir la voie au transport de l'armée française aux portes de Londres. Le reste ne le concernait plus. Il pouvait goûter un repos bien mérité dans ses foyers.
"A l'est rien de nouveau", écrivaient en substance les observateurs français dépêchés pour observer les manœuvres austro-prussiennes. En effet, l'impréparation financière des Prussiens et la focalisation des Français sur l'opération de débarquement en Angleterre avaient conduit à une trêve tacite, laissant l'Autriche restaurer doucement sa suprématie dans le Saint Empire Romain Germanique et en Italie. De plus, les distances parcourues par l'armée russe pour secourir ses cousins contribuaient à ce retard dans l'ouverture des hostilités.
Février 1805, un assaut emporte les dernières résistances de Londres et toute l'armée britannique est dispersée. Le gouvernement, lui aussi éclaté entre Gibraltar et Londres, jette l'éponge le mois suivant et accepte l'ouverture de pourparlers aux conditions de la France. Malte était tombé, Gibraltar assiégé, Dublin occupé, il n'est de secours de nulle part. D'autant plus que la Russie vient de déclarer la guerre à l'Angleterre, espérant vainement accroître sa grandeur par sa participation au camp des vainqueurs.
La France obtient ainsi le libre accès aux îles britanniques, achève de détruire 14 navires de second ordre et bénéficie d'écrasantes réparations de guerre. L'Espagne gagne elle Gibraltar et l'Irlande, s'offre un mariage princier et 3 ans de paix forcée.
Napoléon, assuré de la Grande Bretagne, devenue entre ses mains son alliée docile et prévenante, peut se tourner sur ses voisins. Holenlohe, général prussien en face de lui, doit faire appel à des trésors d'imagination et d'audace pour tenter de combler le fossé qui sépare ses capacités de celle de l'Ogre corse. Entre temps, les fiers Prussiens voient accourir sur leurs arrières et leur flanc sud, les armées russes et autrichiennes, bien décidées à en finir avec la France arrogante.
La Suède et l'Egypte ont fait l'objet d'un échange, en mars 1805 entre la Sublime Porte et le Kremlin. Chacune des parties s'est dite contente de voir, par ses échanges fructueux, de solidifier l'amitié et la solidarité des peuples turc et russe.
A Naples, de violents affrontements ont vu s'opposer Janissaires turcs et Caçadores espagnols. Il est à craindre que cette situation de guerre ouverte entre ces deux puissances ne dégénère, embrasant la Méditerranée. Déjà, des détachements napolitains se sont assurés de l'île de Rhodes, à quelques encablures de l'Anatolie.
Les chiffres en début de partie n'ont jamais beaucoup d'intérêt, vu le poids relatif des mises de départ. En revanche, sur le terrain, l'Angleterre a perdu ses possessions et toute son armée, mais conserve intacte sa flotte et sa capacité financière. En Allemagne, les combats décideront rapidement de l'avenir de l'Europe continentale. En Méditerranée, la guerre ne fait que commencer…

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