Règles de jeu - Points de règles
L'analyse de la règle d'Empire V
La règle Empire V, si elle est remarquable pour reconstituer des batailles importantes, n'est certainement pas un modèle du genre en matière de clarté et, bien souvent, la compréhension de points particuliers fait plus appel à l'interprétation ou l'intuition qu'à la simple lecture. Voire même dans certains cas (je pense entre autres au concept de "masse" dans une mêlée opposant l'infanterie à l'artillerie) la règle se contredit.
Ma volonté n'est pas, ici, d'apporter des modifications à la règle. Si celles-ci pourraient s'imaginer à l'intérieur d'un club, elles sont incompatibles avec le jeu inter-clubs. Je reste persuadé que si nous voulons pouvoir, d'un club à l'autre, continuer à jouer ensemble, il faut que nous jouions le même jeu. Il ne faut donc pas que, chacun dans notre coin, nous fassions évoluer la règle à notre sauce. Par contre, ce que je suggère dans cette tribune est simplement, sur un consensus des différents clubs jouant de la règle, d'apporter une réponse commune aux points douteux.
Je vous propose, vous qui jouez plus ou moins régulièrement à Empire V, par le biais du forum de faire remonter les questions que vous pouvez vous posez, au cours de vos parties. Une réponse commune leur sera ainsi apportée et son officialisation se fera via les lignes qui suivent.
Un rappel : Comme la plupart des joueurs d'Empire V jouent avec des figurines 1/300°, toutes les distances sont indiquées pour cette échelle de figurines. Ces distances (en cm) correspondent à celles indiquées dans la version américaine (en inches) pour les figurines 25 mm (autrement dit celles entre parenthèses).
Eric DEVIENNE
17 rue Lazare Carnot
92130 – Issy-les-Moulineaux
Animateur Empire V à la FFJH
Points de règles
Que devient l'artillerie d'un EM dont toutes les unités en formation ont dérouté ?
Si toutes les unités formées d'un EM ont dérouté, l'artillerie devra, à la première occasion, rejoindre sa zone de ralliement. Si besoin, elle devra, en phase tactique, tester sa relocalisation.
Un EM engagé peut-il, dans sa phase tactique, attaquer une unité d'un EM non-engagé ? Il est autorisé de charger un EM qui n'est pas engagé. Cela peut se produire, par exemple quand une unité de cavalerie (engagée à 15 cm avec un EM de cavalerie) décide de charger une unité d'infanterie (engagée seulement à 10 cm) qui se trouverait à sa distance de charge (moins de 25 ou 30 cm selon sa catégorie). De même, il est possible de tirer sur une unité non-engagée (tir d'artillerie par exemple), mais il est certainement plus judicieux de réserver ce tir aux Bombardements. Que se passe-t-il quand une unité doit reculer et qu'elle se heurte à des troupes alliées situées derrière elle ? Une unité qui recule en bon ordre (firefight ou mêlée) repousse les troupes amies qui sont derrière elle dans la mesure où celles-ci ont le mouvement suffisant. Par contre, une unité qui déroute désorganise les unités amies en ordre serré derrière s'il n'existe pas un espace de 2,5 cm minimum pour passer. Comment s'effectue la fonction de doublement ou de contraction de front de la cavalerie ? La cavalerie qui double ou contracte doit le faire à partir du milieu de son front. Autrement dit, le centre de l'unité doit rester le même avant et après le "doubling". Entre la table et le texte, la règle se contredit sur la prise en compte de la masse au cours d'une mêlée entre infanterie et artillerie. Qu'en est-il ? La masse ne compte pas sur une mêlée infanterie vs artillerie, conformément à la table et en contradiction avec le texte. Ce point a été validé auprès des auteurs de la règle. Une infanterie peut tenter un carré à deux moments ; durant sa phase, à son initiative et durant la phase de l'adversaire sur une réaction à une charge de cavalerie. Quelles sont les conséquences des tests de réussites dans chacun de ces cas ? Une unité d'infanterie qui a l'initiative et tente un carré, si elle déclenche une charge d'opportunité, est prise en désordre et dans son ancienne formation. Par contre, une unité d'infanterie qui n'a pas l'initiative et qui rate un carré sur une charge de cavalerie adverse est considérée être restée dans sa formation précédente et n'est pas en désordre. En gros, on considère, dans le premier cas que l'ordre est donné, mais que l'unité n'a pas eu le temps de le finir. Dans le second cas, compte-tenu du bruit et de la fumée, on considère que l'ordre n'a pas eu le temps de passer. Qu'appelle-t-on le flanc d'une unité et quand teste-t-on le moral ?
| Dans la règle, les unités ont deux flancs et les joueurs confondent souvent l'une et l'autre. Le premier, présenté à droite, ne concerne que les positions relatives lors des mouvements. Ce n'est pas celui-ci qui est pris en compte lors des combats.
Le flanc d'une unité pris en compte lors des combats est la zone comprise entre les lignes de front et de dos de l'unité, tel que présenté ci-dessous. |
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| Pour qu'une charge soit considérée de flanc, il faut que l'unité chargeant démarre sa charge à l'intérieur de la zone de flanc. De même, pour qu'un tir soit considéré de flanc, il faut que les troupes qui tirent soient dans cette zone, et que le tir de ces figurines soit efficace, autrement dit, qu'elles aient l'angle de tir voulu. Seules les figurines sur le flanc voient leur efficacité doublée.
Il n'y aura test de moral de l'unité tirée de flanc que si les unités sur son flanc ont l'angle de tir voulu et son à distance (5 cm pour l'infanterie ou la cavalerie en formation, 6 cm pour l'artillerie). |
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Comment s'effectuent les mouvements des différentes troupes qui arrivent à distance d'engagement ? Quand une unité d'un EM arrive, en mouvement stratégique, à distance d'engagement, elle doit s'arrêter. Par contre, les unités amies peuvent continuer leur mouvement tant qu'elles conservent leur position relative et qu'elles n'entrent pas, elles mêmes, dans la distance d'engagement. Comment déplace-t-on ses unités les unes par rapport aux autres, en mouvement stratégique, à partir du moment où elles s'engagent ? Tout d'abord un rappel : aucune troupe ayant bougé en mouvement stratégique ne peut se trouver à moins de la distance d'engagement (à l'exception des troupes hors formation, artillerie, tirailleurs) en fin de mouvement. Les mouvements des deux troupes ennemies se font au prorata pour trouver les lieux d'arrêt des deux protagonistes s'ils se déplacent tous les deux.
La règle dit "Une fois l'EM engagé, tout déplacement complémentaire l’un vers l’autre à l’intérieur de la distance d’engagement sera régi par les règles de combat tactique". Cela signifie qu'aucun déplacement plus proche de l'ennemi n'est possible. Cela ne signifie pas, par contre, qu'une fois que l'EM est engagé, on stoppe le mouvement de toutes les troupes le composant. N'oublions pas que les unités doivent respecter entre elles leurs positions relatives (si leur ordre l'impose) et que ces positions relatives autorisent un angle de 30° sur le flanc (voir questions précédentes).
En conclusion, à partir du moment où une unité s'engage, il est possible de bouger les autres unités de l'EM à condition de respecter les positions relatives initiales et de ne pas s'approcher en deça de la distance d'engagement.
Nota : Dans l'exemple ci-contre, si l'EM X avait un ordre d'Attaque vers le point A, et se retrouve engagé par l'EM Y ennemi, il pourra réorienter une partie de ses troupes pour faire face à l'ennemi, mais il conserve son ordre initial d'attaque et devra donc poursuivre son mouvement vers A sauf contrordre. L'ordre de Support/Interception de cavalerie que pourrait avoir l'EM Z dans l'exemple trouve ici sa pleine raison d'être.
Comment gêre-t-on l'interpénétration et quelles troupes sont-elles concernées ? Dès le chapitre 1, la règle décrit très précisément le principe de la Zone d'opérations. Dans ce chapitre, il est écrit très clairement : "Aucun déploiement volontaire ne doit être effectué qui engendrerait une interpénétration de zone d'opération d'EM ami ou de zone d'opération d'unités à l'intérieur d'un EM. Quand une telle interpénétration est causée par un mouvement involontaire, l'unité ou l'EM concerné est sujet à certaines pénalités…" tout en précisant que ceci ne concerne que les troupes en formation.
Rien ne précise du moment de la partie où ceci doit avoir lieu. Il est donc clair que cette règle s'applique en permanence que ce soit au cours de la phase tactique ou au cours des mouvements stratégiques, test de moral et autres.
Ainsi, pour faire simple, nous pouvons résumer la règle de la manière suivante : "Les troupes en formation ont interdiction d'interpénétrer la zone d'opération d'autres troupes en formation. Si, au cours d'un mouvement involontaire, une interpénétration a lieu, elle entraîne la mise en 'désordre' des troupes ayant provoquées l'interpénétration et de celles la subissant."
Il est bon de rappeler que l'interpénétration se joue à tous les niveaux (régiment, brigade, division, corps). Les troupes concernées par le 'désordre' sont donc à pénaliser au même niveau. Par exemple, si un bataillon interpénètre un régiment de la même brigade, seuls les régiments concernés sont en 'désordre'. Si le bataillon impliqué interpénètre la zone d'opération du régiment d'une autre division, les deux divisions sont en 'désordre'.
Une unité qui a l'initiative peut-elle contre charger ? Oui, sans problème. Seule l'opportunité est interdite à une unité qui a l'initiative. Ainsi, par exemple, une unité de cavalerie peut décider d'avancer vers l'ennemi. Ce faisant, elle déclenche une charge d'opportunité de son adversaire. Elle peut à cet instant décider de contre charger. Quel est l'organisation (attelée ou dételée) de l'artillerie à la fin du mouvement stratégique ? Selon l'ordre donné à l'EM, il y aura des différences :
Sous un ordre d'Attaque, de Défense ou de Support/Interception, l'artillerie doit bouger attelée, si elle l'est au départ et peut dételer à la fin du mouvement si elle n'est pas engagée. On peut donc en conclure qu'elle est dételée durant toute la phase tactique à laquelle elle ne participe pas et doit être traitée comme telle si elle se fait tirer dessus. Si l'EM est engagé, il faudra attendre que le camp ait l'initiative pour qu'elle puisse dételer, par contre, elle peut bombarder. On aura donc quelques cas ubuesques dans lesquels l'artillerie est attelée si on lui tire dessus, mais peut quand même bombarder si elle a trois rounds potentiels. N'oublions pas, toutefois, qu'une artillerie qui bouge de moins du mouvement à la bricole, reste dételée durant son mouvement. Avoir trois rounds de bombardement en ayant bougé de plus de 5 cm restera donc malgré tout marginal.
Sous un ordre de Manoeuvre ou Désengagement, l'artillerie reste attelée (sauf si elle était déjà dételée et bouge de moins du mouvement à la bricole pour Manoeuvre) et ne peut pas bombarder. Elle sera donc attelée si elle se fait tirer dessus durant la phase tactique. Si l'EM se retrouve engagé à la fin du mouvement stratégique, l'ordre est automatiquement converti en Défense. Il devra être traité comme tel.
Sous un ordre de Redéploiement, les unités sont déplacés à la volonté du joueur, du moment que le centre de la position de l'EM se retrouve à l'intérieur de l'ancienne position de l'EM. Les artilleries sont donc considérées dételées et peuvent bombarder sauf si l'EM se retrouve engagé. Dans ce cas, il prend un ordre de Défense automatique et doit être traité comme tel.
En cas de charge sur l'arrière d'une unité et de possibilité de tir de support défensif par une unité ne voyant pas le front de l'unité chargeant (voir schéma ci-contre), le tir est-il considéré en support défensif malgré tout ? Y-a-t-il test d'élan alors que le front ne peut pas être touché par le tir ? Si oui, la perte est-elle comptabilisée malgré tout sur le front dans le test d'élan ?
| La règle ne rentre pas dans cette précision. Nous resterons donc au même niveau de précision. C'est à dire que le tir est bien du support défensif, la perte est comptabilisée sur le front et elle comptera comme telle dans le test d'élan. |
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Comment détermine-t-on s'il y a enfilade et quelles unités intègre-t-on quand les unités chargées se trouvent sur un front continu ? Le concept de l'enfilade fait partie des points les moins clairs de la règle Empire V. En effet, il n'est pas évident de définir ce que représente exactement, dans la réalité des combats, la notion d'enfilade. Certaines règles privilégient la profondeur de l'attaque afin de simuler l'élan produit sur l'impact. Ceci peut se comprendre. Par contre, en quoi le fait d'avoir plus de front que l'adversaire est-il un avantage et de nombreux joueurs se demandent à quoi peuvent servir les troupes se trouvant sur les extrémités d'un camp ayant l'enfilade. Dans le cas d'une charge de cavalerie de 10 figurines contre 5, l'une des extrémités peut se retrouver à 5 cm de l'impact, soit 75 m réels. Comment, dans ces conditions, affecter le combat ?
Pour beaucoup, l'enfilade représente un avantage, parce qu'elle représente le fait que, lors de l'impact, les extrémités de la charge, prises par leur élan, se rabattent pour toucher les flancs de l'adversaire, et c'est ce choc sur le flanc qui est rendu par l'avantage de l'enfilade. Un élément de la règle vient corroborer cette thèse. Il n'y a pas d'enfilade en cas de charge sur un carré ou une colonne fermée (parce que le flanc n'existe pas ou n'est pas accessible).
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Par contre, même si cette explication parait des plus logique, et même si rien ne vient la contredire, rien dans la règle ne vient la confirmer et cette absence de confirmation, en elle-même, est une négation. Je vais prendre plusieurs exemples pour justifier mon propos. La règle donne un bonus en cas d'enfilade partielle, et un autre, meilleur, dans le cas d'enfilade totale sans aucune précision sur les positions des deux protagonistes. Que les deux adversaires se rencontrent selon le schéma 1 ou 2 ci-contre, le bonus est le même. Or, dans le premier cas, il y a possibilité de se rabattre des deux côtés, ce qui justifierait un bonus supérieur au premier cas qui serait plutôt à rapprocher d'une enfilade partielle. De plus, même une unité à l'arrêt peut avoir une enfilade, alors que, sans élan, elle ne peut pas être déportée par son élan sur les flancs de son assaillant !
Bref, en résumé, et comme rien n'apporte davantage de précision dans la règle, le principe est, s'il y a double du front (et non pas du nombre de figurines), il y a enfilade totale, s'il y a 50% de plus, il y a enfilade partielle, à partir du moment où elle est acceptée par la règle.
Revenons maintenant à la deuxième partie de la question (quelles unités intègre-t-on ?) pour laquelle il y a deux cas potentiels. Si vous avez l'initiative, vous pouvez selectionner pour une action commune de combat jusqu'à la brigade (armées napoléoniennes), 2 régiments (Prusse 1812-15) ou un régiment maximum (armées régimentaires). Evidemment, le front de l'attaque se compose du front total des unités selectionnées si elles sont côte à côte. |
Si vous n'avez pas l'initiative, seule l'unité chargée est à prendre en compte pour les calculs de l'enfilade. Si vous avez constitué des masses régimentaires (ou de brigade pour les armées napoléoniennes ou prussiennes 1812-15), l'unité chargée est composée de toutes les unités formant la masse. Par contre, toutes les unités voisines peuvent participer aux tirs de support défensif ou d'opportunité autorisés par les règles. Il y a une seule exception à ceci. Si vous décidez de contre-charger, toutes les unités qui peuvent être contactées par la charge adverse peuvent contre-charger (dans les limites liées au type d'armée) et l'ensemble est pris en compte pour l'enfilade. Si vous décidez de charger en opportunité, par contre, seule une unité (ou masse) peut être sélectionnée.
Quel est le statut des troupes à l'intérieur d'une zone construite ? Soit les troupes sont sous un ordre de Garnison et elles sont en statut moral normal, ne testeront pas leur moral au cours des phases de détermination. Par contre, si elles perdent en mêlée, elles déroutent obligatoirement. De plus, un ordre de Garnison ne peut pas être changé de toute la partie.
Si les troupes n'opèrent pas sous un ordre de Garnison, elles sont en Désordre dès qu'elles débutent une phase tactique à l'intérieur d'une zone construite. Autrement dit, si vous pénétrez dans une zone construite, vous n'êtes pas en Désordre. Si, au cours de la phase suivante (celle de votre adversaire), vous êtes attaquez, vous êtes en Désordre et le resterez jusqu'à ce que vous sortiez de la zone ou que, après un Redéploiement, vous passiez sous un ordre de Garnison. Ainsi, si vous expulsez, lors d'une charge, des troupes ennemies d'une zone construite, vous aurez le choix, si vous obtenez un Impétus, entre rester à l'intérieur, donc profiter de la couverture, mais être en Désordre au tour suivant et sortir immédiatement et donc, ne pas profiter de la couverture, mais être en statut normal au tour suivant. Nous proposons de considérer que la sortie du bâtiment couvre tout le potentiel de mouvement de l'Impétus. Il n'y a donc pas de possibilité de charges successives sur un même impulse dans des zones construites.
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